Lecture / Ecriture
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Le sabot du diable de Kem Nunn

Kem Nunn
  Le sabot du diable

Kem Nunn est un auteur américain né en 1948. Il est passionné de surf.

Le sabot du diable - Kem Nunn

Mais pas les deux pieds dans le même sabot
Note :

   Je viens de faire connaissance avec cet auteur qui m'intriguait. Je dois dire que "Le sabot du diable" est un polar peu banal où l'intrigue criminelle est reléguée au second plan, tant l'auteur s'intéresse davantage à la nature de ce coin de Californie, les Hupas et les Yurocks se partageant cette terre désolée. A ce propos, j'espérais que ce polar se rapprocherait un peu de ceux de Tony Hillerman, et que j'en apprendrai un peu plus sur ces deux tribus californiennes. Hélas, les Indiens ici sont envisagés sous l'angle habituel : pauvreté, précarité, crimes, drogue...
   
   Le roman est peut-être, avant d'être un polar, un bel hommage à l'océan. En effet, l'un des principaux protagonistes, un photographe, Jack Fletcher est engagé pour immortaliser le dernier exploit d'une légende du surf, Drew Harmon. Il doit faire équipe avec deux autres hommes, dont un jeune loup avide de prouver ses talents, un personnage bien détestable. Le lecteur doit donc s'immerger lui aussi dans ce monde à part, celui des surfeurs qui ne rêvent que de l'exploit, la vague parfaite, le lieu idéal... des choses qui paraissent bien futiles mais que l'auteur sait rendre importantes à travers les yeux de ses personnages.
   
   Drew Harmon, une force de la nature et légende du surf, obsédé par le spot secret, Jack Fletcher et surtout travis McCade qui travaille pour le Indian Development Council et incarne l'autorité locale ont retenu mon attention. Tous des solitaires, traînant des failles et des zones d'ombre. Harmon est pourtant affublé d'une jeune femme bien mystérieuse, Kendra. Une figure féminine plutôt intéressante et inhabituelle (un bon point pour l'auteur!).Son histoire est en quelque sorte parallèle à celle du groupe d'hommes, je dirais même que le lien est ténu entre les deux. Prétexte pour l'auteur de nous dévoiler un aspect des vieilles légendes tribales. Par ailleurs, les seuls passages très violents et sordides se rattachent à Kendra.
   
   Le roman suit un rythme lent, il ne faut pas s'attendre à beaucoup d'action, mais l'atmosphère est particulière, pesante, angoissante, pleine de mystères que l'on n'a guère envie de découvrir.
   
   Pour moi qui lis peu de polars, j'ai trouvé celui-ci intéressant du fait de la priorité donnée aux personnages et à la nature, et surtout de la peinture, inhabituelle, de ce coin de Californie, assez éloigné des clichés.
   
   Une bonne surprise en tout cas.

critique par Folfaerie




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