Lecture / Ecriture
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Obsèques de Lars Saabye Christensen

Lars Saabye Christensen
  Le demi-frère
  Le modèle
  Beatles
  Obsèques

Lars Saabye Christensen est un écrivain norvégien né à Oslo en 1953.

Obsèques - Lars Saabye Christensen

Ob la di, ob la da, obsèques hi, obsèques ha!
Note :

    Je vais dévoiler la dernière partie de ce livre. Quelle mouche m'a donc piqué? Je n'ai jamais fait ça mais la lecture du roman "Obsèques" est une aventure qui a pris pas mal de temps de ma précieuse vie. Les lecteurs, rares, de Lars Saabye Christensen, enfin les éventuels lecteurs ont le droit de savoir. J'ai acheté ce livre parce que cet auteur norvégien m'a séduit avec Beatles et un peu moins avec Le modèle, Liverposlo , Tableaux d'une exposition . La couverture m'avait aussi bien plu, Magical mystery tour oblige et les chapitres nommés comme des chansons des Beatles. C'est sûr, j'allais me régaler. Mais voilà, les choses n'ont pas été aussi simples.
   
    Sur 412 pages, 280 environ m'ont considérablement fatigué. Kim est mort à 50 ans dans un hôtel du Nord norvégien, ce qui fait pas mal de nords et explique que j'ai perdu le mien un bon moment. Kim Karlsen est donc mort, mais il ne se souvient de rien. Non, suivez s'il vous plait. Il faut vous dire que la lecture de "Beatles", remontant à trois ans, j'avais oublié que Kim était l'un des quatre membres du groupe rock héros de ce génial roman. Déjà là, je vous aide un peu, bande de veinards. Les deux premiers tiers du livre, Christensen les a voulus ainsi, très oniriques, surréalistes, comme le furent les Beatles de I'm the walrus ou Strawberry fields forever. Alice et Lewis Carroll ne sont pas loin non plus. Plus ahurissant encore, Kim aurait volé un diplôme décerné au cinéma de cette ville du Nord très nordique, lequel diplôme récompensait la meilleure recette mondiale des entrées du film "La mélodie du bonheur". Attention, j'en vois qui ne vont pas finir cet article pourtant limpide.
   
    Le mode est farfelu, parfaitement hermétique par instants, mais peut-être ai-je dormi un peu. Mais sûrement vous avez mieux à faire, vous ennuierais-je? J'abrège. "Arrivé à la moitié du parcours le funambule s'aperçut que le fil n'allait pas plus loin". Cette citation superbe sera ce que j'ai essentiellement retenu des deux premiers tiers d'"Obsèques". Ne faites pas cette tête d'enterrement, j'ai bientôt terminé. Après ces heures de lectures, hachées menues à raison de trois pages ici, quatre pages là, on en vient aux funérailles, de belles funérailles sous la pluie avec très peu de gens, une ex-épouse, une fille que Kim avait un peu oubliée, un ancien copain gauchiste puis dealer, puis clochard. Et surtout Seb, Olaf et Gunnar les three restant de ces Fab Four norvégiens, héros du livre "Beatles", abondamment cité. Laborieusement retrouvés dans leurs activités de sexagénaires, bien loin de Sergeant Pepper's, bien las, l'un vaguement fonctionnaire archéologue, l'autre prof ayant depuis longtemps perdu ses cheveux, le troisième sourd, qui lutte contre l'obésité. Fringant, tout ça.
   
    130 pages très belles, de celles, rares, où j'ai l'impression de faire partie d'un bouquin, d'être partie prenante de ce cimetière sous la pluie, tant ces personnages paraissent vivants, tellement humains et pathétiques, auxquels je m'étais déjà pas mal identifié dans "Beatles". Il y a des livres dont le tiers valent mieux que cinq tomes entiers d'autres. "Obsèques" m'a bien sûr inspiré pour Riff ultime, dernière livraison de Des plumes, une histoire d'Olivia.
   
   Cessons de persifler, lire "Obsèques" si on n'a pas lu "Beatles", c'est un peu compliqué. Si on l'a lu c'est juste un peu plus simple, pas beaucoup. Mais avec un peu de fantaisie, celle de The fool on the hill, ça vaut le coup.

critique par Eeguab




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