Lecture / Ecriture
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La silencieuse de Ariane Schréder

Ariane Schréder
  La silencieuse

La silencieuse - Ariane Schréder

Doux et lumineux
Note :

   " La Silencieuse" est un très beau premier roman d'Ariane Schréder. Elle parle de Clara, une jeune femme de 32 ans, artiste-sculpteur d'objets en suspension, aériens, blancs, purs. Après avoir été abandonnée par son amoureux, elle fuit Paris et installe son atelier dans une maison en pleine campagne. Très isolée au départ, son refuge artistique sera pour elle un cheminement intérieur d'une intense richesse, allant à la recherche de ces mots si difficiles à apprivoiser et à dire.
   
   Elle y rencontrera des personnages attachants, Omar le jardinier arabe dont les silences incitent à la réflexion la plus profonde, Ameline jeune pharmacienne fraîchement divorcée et qui tente d'oublier le soir dans l'alcool et les fanfreluches qu'elle est bien seule, le vétérinaire si professionnel et si attentif et d'autres qui vont et viennent avec légèreté et un certain silence.
   
   Ariane Schréder dès les premières lignes nous ouvre les portes d'un monde de silence, de solitude et d'incompréhension mais aussi de douceur et d'harmonie, à travers une évocation de l'art et la sculpture très esthétique.
   
   Giocometti et Arp les deux artistes présents dans le livre, apportent un regard subtil sur la création artistique à travers les réflexions et interrogations de l'auteur.
   
   Un livre doux et lumineux, sans brutalité, avec un style fluide et serein, où les réflexions arrivent paisiblement et délivrent un message tendre d'espoir, comme une promesse à venir.
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critique par Marie de La page déchirée




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Loin du fracas du monde
Note :

   "J'aspirais sans doute à la disparition. Me fondre dans la campagne comme l'insecte vert sur la tige. M'engloutir dans le blanc et la poussière du plâtre, devenir translucide et aérienne comme mes sculptures patientes sur leurs poutres".
   

   Suite à une rupture amoureuse, Clara quitte Paris et se réfugie dans une maison à la campagne, au bord de la Loire, où elle pourra sculpter dans la solitude et le calme. Elle n'a pas de projet précis, elle se laisse plutôt porter par son intuition, elle sait seulement qu'elle a besoin de cet éloignement et qu'elle s'y sent bien. Comme elle le dit elle-même "Je n'ai jamais été très douée avec les mots".
   
   C'est un premier roman que je qualifierai de doux et feutré. Il ne se passe pas grand chose, Clara observe, se promène tous les jours le long du fleuve, y ramassant des pierres très anciennes. Elle regarde la nature, les oiseaux, rencontre l'Adorateur, un jeune marginal qui prend tous les jours une photo du paysage. Peu à peu, elle fait connaissance avec quelques villageois, Thierry l'artisan qui rend habitable sa maison, Ameline la pharmacienne qui, elle, donnerait cher pour quitter cette campagne qu'elle exècre, Omar, le précieux voisin et sa chienne, Belle.
   
   Elle sculpte le papier emplissant sa maison de ses œuvres légères et aériennes ; pour le moment, elle est incapable de passer à une matière plus lourde. Le texte est émaillé de citations de Giacometti et Arp sur la création, en touches délicates. L'arrivée d'un petit chaton, Plume, va rompre sa solitude et l'ouvrir à d'autres réflexions. Régulièrement, la douleur de la rupture revient la blesser, la faisant se replier encore un peu plus sur elle-même. Julie, la fille d'une amie vient quelquefois égayer sa maison.
   
   Au bout d'un an, elle ne sait toujours pas ce qu'elle veut faire, "je me sens plus évanescente que jamais" dit-elle. Le départ de quelques personnes de son entourage va la contraindre à se questionner sur sa solitude et son avenir, ses anciens amis la pressant de revenir à Paris. Je n'en dirai pas plus, sinon que j'ai aimé l'écriture, je me suis retrouvée dans certaines réactions de Clara et sans savoir exactement pourquoi, j'ai été charmée par cette parenthèse discrète, ce lent glissement des jours, loin du fracas du monde.

critique par Aifelle




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