Lecture / Ecriture
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Prison avec piscine de Luigi Carletti

Luigi Carletti
  Prison avec piscine

Luigi Carletti est un journaliste et écrivain italien né en 1960.

Prison avec piscine - Luigi Carletti

Rome n'est plus dans Rome
Note :

    Toujours très attiré par l'Italie je me suis régalé avec "Prison avec piscine", premier roman traduit en France de Luigi Carletti. J'ai titré "Rome n'est plus dans Rome" pour deux raisons. Un, pour frimer et faire croire que j'ai lu la pièce de théâtre de Gabriel Marcel intitulée ainsi. Deux, plus sérieusement, parce que ce roman se déroule en fait en vase clos, dans une luxueuse résidence bunkerisée où un petit monde de privilégiés vit à l'aise, et rythmé à la belle saison par la piscine, principale distraction, très sécurisée comme il se doit. Bien qu'il y ait dans ce roman un hommage manifeste à la comédie italienne de ce cher cinéma on ne verra pas du tout les Gente di Roma, pour citer le beau document d'Ettore Scola. Aucune trattoria, pas de scooter, ni de soutane, mais une délicieuse intrigue, vaguement policière qui redistribue les cartes classiques, mafia, intellos, services secrets, gens de maison. Tout cela version 2012, Internet et tutti quanti.
   
    Filippo, universitaire en fauteuil roulant, et son factotum Isidro, Péruvien stylé, voient arriver dans la Villa Magnolia, un nouveau résident, le dos couturé de trois cicatrices horribles. Qui est cet homme? Et comment en si peu de temps prend-il une telle importance dans le quotidien bien huilé des habitants? Ange exterminateur? Théorème pasolinien? Deus ex machina? Toujours est-il que l'avocat sicilien, le maître-nageur, les vieilles dames très dignes, chacun tombe sous le charme de l'Ingeniore. Enjôleur, son passé apparait vite trouble, trouble mais délicieusement dangereux pour pimenter l'existence morne et chlorée de cet espace aseptisé comme le bassin. Non, on ne trouvera pas de cadavre dans la piscine. Mais rassurez-vous, cadavres il y aura. Et plaisir aussi, de lire 250 pages très rapidement, entre la farce romaine et le dossier secret défense. Et puis côté cuisine, vous vous régalerez de brodetto de l'Adriatique car l'homme, s'il a ses mystères, est ouvertement cordon bleu. Buon appetito! E grazie per Il Viaggio!
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critique par Eeguab




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Huis clos savoureux
Note :

   Filippo habite la Villa Magnolia qui regroupe "une douzaine de petits immeubles à quatre étages, hérissés de terrasses, portant chacun un nom de fleur". C’est en quelque sorte un village, où se côtoient des personnes très aisées, qui aiment se retrouver autour de la piscine, à l’ombre du maitre nageur, qui s’occupe de tenir à jour le registre de présence. C’est l’endroit aussi de tous les ragots et commérages.
   
   De chez lui, Filippo a une vue plongeante sur la piscine et il travaille souvent au grand air sur la terrasse. Mais le jeudi il descend. Car c’est une journée particulière : celle du repos des employées, qui peuvent alors profiter de ce lieu où elles peuvent profiter du luxe du bassin. Filippo se plait à les observer du siège sur lequel il est immobilisé depuis qu’il est devenu paraplégique, suite à un accident de voiture. Toujours accompagné de son assistant péruvien, le dévoué Isidro. Car il est prisonnier de son fauteuil roulant mais aussi de ses fantasmes et de son passé.
   
   Mais un jour du mois d’août un nouveau résident sème le trouble dans la petite communauté : Rodolfo apparait dans l’un des logements et arbore de grosses cicatrices au dos. Il se prétend ingénieur… Mais les recherches faites sur lui ne donnent rien. Qui est ce mystérieux personnage qui, bizarrement, s’attire toutes les sympathies?
   
   Un huis clos inquiétant au centre d’une résidence romaine. J’ai découvert ce livre grâce à Lecture/écriture et la chronique de Eeghab. Même si j’ai été un peu déçue par la fin, j’ai beaucoup aimé ce texte superbement écrit, qui ménage le suspens et crée une atmosphère particulière. De soleil, de silences, de secrets… Un roman qui sort de l’ordinaire, d’à peine 250 pages qui se lit d’une traite et dans lequel on se plonge avec délice.

critique par Éléonore W.




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