Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Jours de juin de Julia Glass

Julia Glass
  Refaire le monde
  Louisa et Clem
  Les joies éphémères de Percy Darling
  Jours de juin
  La nuit des lucioles

Julia Glass est une romancière américaine née en 1956.

Jours de juin - Julia Glass

Chronique familiale
Note :

   "Il y a dix ans elle serait tombée amoureuse de ce garçon, et quoi que c'eût été une erreur grossière, dont elle serait sortie le cœur meurtri sinon brisé, ses raisons de l'aimer n'en auraient pas moins été justes. Comme elle, c'est un anxieux. Comme elle, il perçoit l'atmosphère qui l'entoure avec trop d'acuité : il est sensible aux plus imperceptibles changements dans la direction du vent, la teneur en ozone, la pression barométrique. Parfois c'est presque insupportable".
   
   Paul, Fenno, David, Dennis, Mal, Fern et les autres... toute une galerie de personnages dont je vais avoir du mal à me séparer après plus de six cents pages passées en leur compagnie.
   
   Ce roman choral se divise en trois parties distinctes, dont la plus importante est consacrée à Fenno, le fils aîné de la famille McLeod, installé à New-York, un océan n'étant pas de trop entre sa famille et lui.
   
   Dans la première partie, Paul, son père, veuf récent, participe à une croisière en Grèce. A travers lui, nous allons faire connaissance avec la famille, Maureen l'épouse disparue, les trois fils, la maison écossaise, l'élevage de collies. Comment vont-ils tous recomposer leurs relations sans elle?
   
   La narration n'est pas linéaire, à l'intérieur des trois parties, les flash-back sont fréquents, nous permettant d'approcher un peu plus à chaque fois l'intimité des uns et des autres. Hormis quelques longueurs par-ci, par là, j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre la chronique de la famille où l'on retrouve des secrets, des malentendus, des joies, des peines... Je me suis particulièrement attachée à Fenno, d'une sensibilité exacerbée, empêtré dans ses contradictions, son homosexualité et son côté britannique empesé. J'ai été un peu contrariée de ne pas le retrouver omniprésent dans la dernière partie. Pourtant au départ, je le trouvais vaguement antipathique, mais j'ai aimé son évolution.
   
   En résumé, un bon moment de lecture, qui va me faire revenir très vite vers l'auteur.
   ↓

critique par Aifelle




* * *



Trois étés
Note :

   Fenno a quitté l'Ecosse pour New York, où il tient une librairie. Il est un des trois fils de Paul, dont la femme Maureen est morte d'un cancer du poumon en l'espace de cinq mois. Elle avait une grande passion : l'élevage de chiens. Elle est morte chez elle, en présence de ses fils adultes. Après sa mort, Paul décide de voyager "pour échapper à tous ces gens qui s'attristent sur mon sort du matin au soir depuis six mois"
   
   Fenno a deux frères jumeaux avec qui il entretient des liens particuliers "Il me paraît un brin irritant, dérangeant que ma belle-sœur préférée soit mariée à mon frère le moins aimé. J'ai toujours souhaité en secret qu'ils permutent". Un des deux couples n'arrive pas à avoir d'enfant, et le vit comme un drame. Fenno, homosexuel, nous une amitié avec Mal, son voisin atteint du sida. La maladie et la mort de ce dernier vont profondément l'atteindre.
   
   J'ai adoré cette chronique familiale. Pleine de sensibilité, elle se présente sous la forme d'un tryptique où se succèdent trois étés. La construction de ce roman m'a beaucoup plu, il n'est pas linéaire et nous dévoile au fil de la lecture bien des aspects qui nous permettent de comprendre la vie de cette famille et fait la part belle aux souvenirs d'enfance. Fenno tient une place de choix, sans doute parce que l'auteur lui donne la parole, en en faisant un des personnages les plus attachants du récit.
   
   C'est un roman intimiste comme je les aime, qui fait la part belle aux sentiments humains dans toute leur plénitude. Ce fut donc un vrai coup de cœur pour moi, 600 pages de pur régal, à tel point que je viens de m'offrir un autre livre de cette auteure. J'ai adoré naviguer dans ces relations familiales qui mettent en avant la fratrie mais aussi les "pièces rapportées", à savoir les belles sœurs ou amis, mais qui s'attache aussi à décrire les relations parents-enfants, la douleur du deuil et le temps qui passe, ce qu'il reste des souvenirs du passé.
   
   Ce livre se savoure à travers trois points de vue et trois différentes parties, la première consacrée à Paul et son voyage en Grèce, pendant lequel il rencontre une artiste peintre beaucoup plus jeune que lui, qui sera la pièce centrale de la troisième partie du roman, la seconde étant consacrée à Fenno et son retour aux sources pour l'enterrement de son père avec de fréquents allers retours entre passé et présent, New York et l'Ecosse.
   
   Bref, c'est un roman que je vous recommande chaudement, d'autant qu'il est très bien écrit.

critique par Éléonore W.




* * *