Lecture / Ecriture
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Femmes d'Alger dans leur appartement de Assia Djebar

Assia Djebar
  La femme sans sépulture
  Les enfants du nouveau monde
  Les alouettes naïves
  Femmes d'Alger dans leur appartement
  L'Amour, la fantasia
  Ombre sultane
  Loin de Médine
  Oran, langue morte
  La disparition de la langue française
  Nulle part dans la maison de mon père

AUTEUR DES MOIS D'AVRIL & MAI 2013

Assia Djebar (arabe : آسيا جبار) est le nom de plume de Fatima-Zohra Imalayène, née le 30 juin 1936 à Cherchell (Algérie). Elle est une écrivaine algérienne d'expression française, auteur de romans, nouvelles, poésies et essais. Elle a écrit également pour le théâtre, et a réalisé plusieurs films.

Elle put mener des études d'Histoire et de Lettres, à Alger puis l’École normale supérieure de Sèvres et devint elle-même enseignante à la faculté des lettres de Rabat, puis à Alger, mais publia parallèlement ses premiers romans.

Elle tourne également pour la télévision algérienne des documentaires témoignages sur les vies de femmes algériennes et sur la guerre, qui sont remarqués et primés.

Elle s'installe à Paris en 1980 et poursuit son œuvre de romancière. En 1995, elle s'installe aux Etats-Unis où elle mène une carrière universitaire.

Elle a également écrit 2 drames musicaux.

Elle a publié quinze romans traitant de l’histoire algérienne, de la situation des femmes et des conflits autour des langues en Algérie et a été raduite en vingt-quatre langues.

Elle a été élue à l’Académie Française en juin 2005.

Elle est décédée en 2015.

Femmes d'Alger dans leur appartement - Assia Djebar

Paroles de femmes musulmanes
Note :

   Ce recueil de nouvelles a une approche essentiellement généalogique. D’un texte à l’autre des femmes prennent la parole pour nous raconter l’histoire de leurs familles. Le contexte actuel et bien sur comment le passé a forgé le présent. Le titre fait référence à une toile de Delacroix et l’écriture se veut colorée pour cette raison. Elle est selon moi trop fringante ce qui donne une impression de superficialité.
   "Courir, je cours la nuit. Noir. Longer la route, se dépêcher, plus vite, encore plus vite, plus vite que l’antilope de mon désert perdu!"
   
   Écrites dans les années 70, ces nouvelles sont une incursion dans la culture musulmane. Au menu ; polygamie, dominance de l’homme, mariage forcé de jeunes filles, ramadan etc. Depuis cette époque, de nombreux bouquins ont abordé le sujet et l’Occident est plus informé des coutumes de l’Orient.
   
   L’œuvre de Djebar est féministe. Pourtant, je n’ai pas ressenti de charge percutante à cet effet. J’anticipais de lire des récits portant sur le poids de l’oppression, les inégalités et la rage née de l’impuissance. Ce n’est pas le cas. Il s’agit plutôt d’un kaléidoscope de contrastes entre le moderne et la tradition. Des chroniques qui trop souvent se contentent de parler de vécu au lieu de revendications.
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critique par Benjamin Aaro




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8 nouvelles
Note :

   "Femmes d’Alger dans leur appartement" est le titre d’une œuvre d’Eugène Delacroix, réalisée vers 1841 – 1842 après que Delacroix ait eu l’autorisation de pénétrer dans une demeure algérienne. Assia Djebar traite de ce cas précis dans la dernière nouvelle "Regard interdit, son coupé" :
   "Le 25 Juin 1832, Delacroix débarque à Alger pour une courte escale. Il vient de séjourner durant un mois au Maroc, immergé dans un univers d’une extrême richesse visuelle...
   …/…
   A Alger, Delacroix ne séjournera que trois jours. Ce bref passage dans une capitale récemment conquise l’oriente, grâce à un heureux concours de circonstances, vers un monde auquel il était demeuré étranger lors de son périple marocain. Pour la première fois, il pénètre dans un univers réservé : celui des femmes algériennes.
   …/…
   L’aventure est connue : l’ingénieur en chef du port d’Alger M. Poirel, amateur de peinture, a dans ses services un chaouch, ancien patron de barque de course – un raïs d’avant 1830 – qui consent, après de longues discussions, à laisser Delacroix pénétrer dans sa propre maison."
   

   C’est donc la fugace vision de ce harem, de cet ensemble de femmes et d’enfants regroupés "au milieu d’un amas de soie et d’or", qui impressionnera Delacroix suffisamment pour lui permettre de réaliser de mémoire et d’après quelques croquis son œuvre, une première fois, puis quinze ans après une seconde version avec un nouvel effet de cadrage. Excellente analyse picturale d’Assia Djebar.
   
   Mais l’essentiel des nouvelles est plus "politique", sociétal. C’est bien entendu la condition des femmes algériennes. Des vies pour la plupart tragiques, volées, voilées (ce qui est presque synonyme). Des vies qu’on n’envie pas.
   
   Assia Djebar a le mérite de nous mettre en face d’une réalité qu’on pressent, qu’on devine mais dont on n’a pas d’échos vu l’enfermement dans lequel se trouvent ces femmes pour l’essentiel. Peu s’en sortent, ou parviennent à émerger du triste sort auquel on veut les réduire.
   
   Des nouvelles modernes, écrites d’une plume facile, pour une triste réalité...

critique par Tistou




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