Lecture / Ecriture
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Les affligés de Chris Womersley

Chris Womersley
  Les affligés

Chris Womersley est un journaliste et écrivain australien de romans policiers et poésies, né en 1968.

Les affligés - Chris Womersley

Retour aux antipodes
Note :

   Présentation de l'éditeur :
   
   "1919. La Grande Guerre terminée, la grippe espagnole fait des ravages à travers l'Australie. Dans une atmosphère de fin du monde, des hommes en armes parcourent les campagnes pour imposer la quarantaine et les déplacements sont strictement interdits. Quinn Walker, un soldat démobilisé, retrouve la petite ville de Flint, en Nouvelle-Galles du Sud, qu'il a fuie dix ans plus tôt quand on l'a faussement accusé d'un crime effroyable. Persuadé que son père et son oncle le pendront s'ils le trouvent, Quinn rend clandestinement visite à sa mère mourante et se cache dans les collines avoisinantes. Il y rencontre Sadie Fox, une mystérieuse jeune fille, qui l'encourage à demander justice et semble en savoir plus qu'elle ne le devrait sur son supposé crime."

   
   
    Voilà un bon livre, classique au possible, presque trop, d'où je retiens essentiellement les retours sur le passé et la guerre en France, qui me semblent plus forts que l'improbable rencontre entre Quinn, accusé à tort de l'assassinat de sa jeune sœur et Sadie, gamine délurée en l'Australie qui compte ses morts loin, très loin, là-bas en Picardie (je connais bien et les croix australiennes y sont si bien entretenues). L'enthousiasme m'est mesuré quant aux Affligés de Chris Womersley. Revenir sur la douleur des Australiens en ce conflit pourtant encore relativement européen était par contre une bonne idée. Les dégâts collatéraux de ce drame se sont bien moqué des frontières et des océans. Puissions-nous ne pas l'oublier.
   
    Quinn veut obtenir justice, bien que porté disparu sur le front, à son retour en Nouvelles-Galles du Sud. Il retrouve sa mère très malade qu'il persuade de son innocence. Lui reste à châtier le vrai coupable. Là un petit peu plus de suspense n'aurait pas nui. Je n'ai pas été convaincu par ces épisodes et j'ai trouvé que l'histoire tournait court à la fin, comme si Chris Womersley ne savait pas quoi faire de son idée de justice. Il m'arrive alors d'être pris d'un certain mutisme...
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critique par Eeguab




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Australie 1919
Note :

   Australie 1919, à Flint, dans un petit village mis en quarantaine comme le reste du pays, la grippe espagnole fait des ravages. La Grande Guerre est terminée et Quinn est de retour chez lui. Dans le nord de la France, il a participé à des combats d'horreur qui l'ont meurtri psychiquement et physiquement. Défiguré, pratiquement sourd, il a eu les poumons détruits par le gaz moutarde.
   10 ans plus tôt, il a fui son village et sa famille à la suite du drame qui a bouleversé sa vie à jamais : le viol et le meurtre de sa petite sœur, Sarah. Il connaît le coupable et pourtant il a fui la peur au ventre dans un vide absolu.
   
   Il revient non pas pour se venger mais pour accomplir son deuil et échapper au poids de la culpabilité de n'avoir pas pu protéger sa sœur.
   
   Sur le chemin, il rencontre une drôle de gamine, qui croit à la magie et surtout à son innocence. Une certaine complicité naîtra entre eux lui permettant ainsi d'aller au bout de sa quête de vérité.
   
   L'auteur nous emmène sur les pas d'un homme qui ne croit plus dans l'humanité. Il a fait la guerre et a subi l'injustice. Le titre "Les affligés" est très évocateur. Les personnages sont marqués par la fatalité et le malheur. Les lieux sont hantés par des souvenirs douloureux et la rédemption semble impossible. Une impression de fin de monde.
   
   Si l'écriture est âpre elle sait être évocatrice et l'auteur installe un vrai suspense entre imaginaire, fantastique et policier. Histoire universelle de vie, de mort, d'amour filial, de guerre, de vengeance et d'expiation.
   
   Le rythme haletant nous tient jusqu'au bout dans une intrigue où secret et manipulation entraînent les personnages dans des tourments infinis.
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critique par Marie de La page déchirée




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Retour de guerre
Note :

   "La tombe de Sarah se trouvait sous un eucalyptus imposant. Une mouche volait autour du visage de Quinn. Il marqua une pause, hors d'haleine dans cet après-midi soporifique, contempla la stèle et se sentit très loin de tout, comme si le reste du monde, ou lui-même, avait dérivé. Il attrapa une branche comme il l'aurait fait du bastingage d'un navire qui tangue, le temps que la sensation se dissipe. Il chassa cette satanée mouche, mais elle fut remplacée par une autre. Son immense chagrin était justement la raison pour laquelle il n'était pas revenu jusqu'à présent. Il avait prévu que ce serait ainsi. Sa soeur. Sa pauvre soeur assassinée. Si seulement ils avaient pu échanger leur place".
   "

   
   10 ans plus tôt, Quinn Walker a fui son village de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, accusé à tort du meurtre et du viol de sa sœur Sarah, tendrement aimée. Il a fini par s'engager pour la Grande Guerre en Europe, et revient meurtri, brisé, en partie défiguré, les poumons ravagés par le gaz moutarde, partiellement sourd. Le pays qu'il retrouve est ravagé par la grippe espagnole, les maisons touchées par l'épidémie sont nombreuses.
   
   
   Quinn est obligé de se cacher dans les collines environnantes, persuadé que si son père et son oncle le voient, ils le pendront sans autre forme de procès. Ne l'ont-ils pas surpris auprès du corps de sa soeur, un couteau plein de sang à la main?
   
   
   L'intérêt de ce roman est double. Il y a le mystère autour du meurtre de Sarah, encore que nous sachions assez rapidement qui l'a commis, mais pas comment Quinn va pouvoir se sortir d'une situation très piégante. Et il y a l'évocation du temps des tranchées, en France, à travers les flashs qui surgissent dans les rêves de Quinn et les lourdes séquelles physiques qui ne le laissent pas en repos.
   
   Dans les collines de son enfance, il se terre et surveille sa maison, comprenant assez vite que sa mère est atteinte de la grippe et mourante. Il ne sait pas exactement ce qu'il veut, mais il réussi à entrer en contact avec elle en l'absence de son père, contact à la fois précieux et douloureux.
   
   Il n'est pas seul dans les collines, une mystérieuse petite fille s'y cache également, Sadie, qui semble savoir beaucoup de choses sur lui. Orpheline, elle attend le retour de son frère de la guerre et a de bonnes raisons de se cacher et d'aider Quinn.
   
   C'est un roman qui m'a saisie dès le début et ne m'a plus lâchée, la culpabilité, les horreurs de la guerre, la vengeance, une touche de fantastique, mais surtout une histoire forte et bien menée, avec des personnages marquants. A découvrir.
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critique par Aifelle




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Alice au pays des kangourous
Note :

   Alice, c’est Sadie Fox, c’est Sarah. Le pays des kangourous, qui sautent partout, c’est bien sûr l’Australie. "Les affligés" se déroule à Flint, trou perdu australien, en 1919 au détour de la fin de la "Grande Guerre" quand les soldats démobilisés, les éclopés, les mutilés, les rescapés rentrent chez eux. Quinn Walker est de ceux-là. Quinn Walker est un éclopé. Pas vraiment du fait de la guerre (enfin si, il a été gazé), surtout du fait que dix ans auparavant, il avait alors 16 ans, il a dû fuir la maison, la ville, la région, convaincu qu’il était du meurtre de sa petite sœur chérie (Sarah) par son oncle qui l’a découvert un couteau ensanglanté à la main auprès du corps encore chaud de Sarah.
   
   Il a erré, subsisté comme il a pu. Il est marqué indélébilement. La guerre par-dessus, gazé. Et retour au pays donc, l’Australie, qui en 1919 est ravagée par une épidémie de grippe espagnole.
   
   C’est dans ce contexte mortifère qu’il arrive, en se dissimulant de tous, aux alentours de Flint. Il veut revoir sa mère. Lui expliquer que ce n’est pas lui. Ce n’est pas lui qui a tué Sarah. Et voilà qu’il tombe sur Sadie. Ou plutôt c’est Sadie Fox qui lui tombe dessus. Elle a beau n’avoir que douze ans, l’âge de Sarah à sa mort, Sadie Fox est un peu sorcière, un peu fée.
   
   Une drôle de relation va s’établir entre ces deux éclopés de la vie, aux franges d’un village où la mort règne ; la maladie et Robert, l’oncle de Quinn devenu le policier local et qui proclame qu’il pendra Quinn s’il met la main dessus. Robert qui veut aussi mettre la main sur Sadie, mais pour d’autres raisons. Conjonction d’intérêt pour nos deux éclopés, l’union fait la force, genre union de la carpe et du lapin mais une carpe et un lapin qui auraient l’envie de s’unir...
   
   Ca semble quand même bien rude l’Australie, tout au moins dès qu’on s’éloigne de Sidney ou Melbourne ! Il ne s’agit d’une "petite" histoire. Mais bien d’une dissertation sur la vengeance, la mort, l’amour, les saloperies humaines...
   
   "Les affligés" m’a fait penser à "Wisconsin" de Mary Relindes Ellis, et ce n’est pas un mince compliment !
   ↓

critique par Tistou




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Les dépossédés
Note :

   Titre original : Bereft, 2010 (Australie)
   
   Flint, petit village dans le bush, assez loin de Sydney.
   
   Accusé d’avoir violé et assassiné sa sœur Sarah, dix ans auparavant, Quinn s’était enfui pour échapper à la vindicte populaire, puis engagé sur le front de Turquie, pour survivre ou mourir…
   
   Revenu gazé à moitié, et plus ou moins sourd, affecté d’une vilaine cicatrice à la mâchoire, décidé à venger sa sœur, (il sait qui est le coupable) se pensant peu reconnaissable mais néanmoins il se cache et il est armé. Il a vingt six ans, ce n’est plus un gamin…
   
   Il rencontre Sadie Fox ; une fillette du village, elle aussi traverse une très mauvaise passe.
   
   Son père s’est enfui, sa mère est décédée de la grippe espagnole (on appelle cette maladie épidémique "la peste") et son frère n’est pas revenu de la guerre. L’assassin de Sarah, devenu policier en chef du village, traque cette orpheline, bonne aubaine pour lui, au prétexte de la placer en orphelinat…
   
   Quinn et Sadie, bon gré mal gré, s’associent pour leurs survies respectives.
   
   Quinn réussit à aller voir sa mère, atteinte de la grippe espagnole, alitée, et à communiquer avec elle. Elle ne l’a jamais vraiment cru coupable…
   
   Souvenirs de guerre comme le roman précédent, soldats engagés, revenus blessés physiquement, et traumatisés. Quinn délire souvent, et il finit par confondre Sadie avec Sarah, bien qu’il sache que ce n’est pas elle. Personnalité plus ou moins dissociée, il est tantôt réaliste et lucide, tantôt délirant, encore plongé en pleine guerre ou revivant son enfance. Sadie douze ans, veut vivre, sait se battre, a aussi édifié pour sa stabilité psychique, une série de rituels tenant d’un occultisme personnel et de ce qu’elle sait du christianisme. Ce personnage est très attachant et bien composé. Quinn me plaît aussi. L’ensemble est satisfaisant, quoique je déplore une tendance à la sentimentalité…

critique par Jehanne




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