Lecture / Ecriture
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D comme: Lulu femme nue – Second livre de Etienne Davodeau

Etienne Davodeau
  D comme: Le Constat
  D comme: La Gloire d'Albert
  D comme: Un homme est mort
  D comme: Les ignorants
  D comme: Lulu femme nue – Premier livre
  D comme: Lulu femme nue – Second livre
  D comme: Les mauvaises gens
  D comme: Le chien qui louche

Etienne Davodeau est un dessinateur et scénariste français de bandes dessinées, né en 1965.

D comme: Lulu femme nue – Second livre - Etienne Davodeau

Le ver est toujours dans le fruit
Note :

   D'abord, un coup de chapeau au dessin, toujours excellent, aquarelles en ocre et bleu, traits de plume fins et précis.
   
   Ce sont les amis et la fille de Lulu qui, depuis le début, racontent son histoire et c'est par leur yeux et leurs témoignages que nous la découvrons. Ils nous l'ont racontée. Ce second livre (à ne pas lire si vous ne connaissez pas encore le premier) suit Lulu qui, ne s'étant pas encore sentie capable de rentrer, a décidé de prolonger un peu son escapade. Car c'est bien d'une escapade qu'il s'agit. Elle sait -et dit- depuis le début, qu'elle va revenir, mais elle a besoin de souffler avant. Mourant de faim, Lulu fait le pire choix possible et attaque une vieille dame à un guichet de banque automatique! Bien sûr, elle ne peut mener à terme cet acte insensé mais elle entame ainsi la deuxième escale de son périple.
   
   Lulu va faire de nouvelles rencontres (un peu moins convaincante que les premières) et, bien consciente du fait qu'elle ne peut laisser indéfiniment ses enfants à eux mêmes, tente de se préparer au retour. Son mari qui ne dessoûle pas a néanmoins trouvé sa trace dans son escale du premier livre mais n’en a guère tiré de bénéfice. Il n'envisage pas une minute de se débrouiller (même temporairement) sans elle, non parce qu'il l'aime, mais parce qu'il en est matériellement incapable.
   
   Je n'ai pas aimé la fin qu'Etienne Davodeau donne à cette histoire et j'en ai été déçue. Je vais m'en expliquer dans les lignes suivantes, mais comme il me faut pour cela dévoiler la chute, je prie ceux qui ne veulent pas la connaître avant de la lire eux-mêmes, de ne pas me lire plus avant.
   
   Après cette seconde étape, Lulu rentre chez elle et retrouve son épave égocentrique et alcoolisée de mari et, aidée de ses amis, parvient à se convaincre que maintenant, elle peut reprendre cette vie avec lui et qu'il fera (peut-être) un effort tandis qu'elle (soulagée par cette évasion) pourra s'en accommoder. C'est comme si après avoir tout bien nettoyé autour de la tumeur mais sans l'enlever, elle, votre chirurgien vous racontait que maintenant vous allez très bien pouvoir vivre avec. Le lecteur -la lectrice en tout cas- n'y croit pas une minute et se demande bien ce qu'on est en train de lui annoncer-là! Il est clair au contraire qu'un des deux devait être sacrifié et ce sera Lulu. Comme d'hab.
   
   
   PS : On a tiré un film de cette BD... Je n'ai encore jamais vu de film réussi tiré d'une BD mais cela n’empêche pas d'espérer, n'est-ce pas?
    ↓

critique par Sibylline




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Lulu, le retour
Note :

   Ça y est : j'ai réussi à lire ce second tome!!!
   
   Après avoir abandonné Tanguy (son mari) avant Charles (son amant), Lulu continue son errance au gré des rencontres. Suite à une tentative avortée de délit, Lulu aborde Marthe, une vieille dame solitaire qui possède un fieffé caractère. Marthe, consciente de la fragile situation de l'héroïne, lui propose le deal suivant : l'hébergement en échange du récit de ses déambulations. Affaire Amitié conclue pour le meilleur et pour le pire! (à vous de choisir)
   
   "Lulu Femme Nue" (second livre) propose une héroïne affranchie en quête de transmission : elle va assez vite déchanter car la liberté physique ne s'offre que si le mental suit. La rupture entre les deux tomes me semble idéalement placée et permet une interrogation judicieuse sur la veillée plutôt gaie, qui m'avait interloquée en fin du premier livre. Il est bon de reconnaître qu'Étienne Davodeau joue avec les nerfs de son lecteur et use intelligemment d'effets de surprise.
   
   On retiendra ici l'ouverture d'une belle amitié, sincère entre deux femmes (l'une pétillante en fin de vie et l'autre plus jeune et plus sereine aussi). Sous couvert de happy end, ce dernier opus équilibre les temps joyeux, insouciants et pleins d'espoir avec les moments de doute, d'une conjugalité qui reste douloureuse et brutale ou de harcèlement au travail. Parce que rien ne semble être réglé, parce qu'il est parfois sain et salvateur de partir et de ne pas revenir.
   
   Une BD lue en une heure (engloutie serait l'adjectif plus approprié!)

critique par Philisine Cave




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