Lecture / Ecriture
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La clairvoyance du père Brown de Gilbert-Keith Chesterton

Gilbert-Keith Chesterton
  Le nommé Jeudi
  La clairvoyance du père Brown
  La Sagesse du Père Brown

G. K. Chesterton est un écrivain anglais né en 1874 et décédé en 1936. Journaliste, poète, biographe, apologiste du christianisme, il est surtout connu aujourd'hui pour ses romans policiers mettant en scène le Père Brown, curé sagace.

La clairvoyance du père Brown - Gilbert-Keith Chesterton

Recueillons-nous
Note :

   Recueil de 12 nouvelles policières d'une vingtaine de pages, illustrant la sagacité du prêtre de peu d'allure dont Chesterton a fait son héros.
   L'intérêt de ce recueil est que c'est le premier de la série, celui qui nous présente la mise en route et en place de cette longue suite. Les aventures du Père Brown ont été rédigées par Chesterton de 1911 à 1927 et ont correspondu à la conversion progressive de l'auteur au catholicisme. Bien que le lien soit évident, ce n'est pas ici que vous verrez traiter de questions religieuses, sauf si l'on considère que cette façon de faire du prêtre un héros et d'admirer ses convictions sur la vie, sont une façon de les traiter.
   Pour en revenir à notre série, en dehors du Père Brown lui-même, nous faisons ici connaissance du Commissaire Valentin, chef de la police parisienne et «l'une des têtes les plus intelligentes de l'Europe» et de Flambeau, «grand criminel» ou «géant du crime». Car certes, ce ne sont pas quelques légers excès dans les qualificatifs qui feront hésiter Chesterton.
   Pour ma part, je trouve que, si la série, ou du moins une partie est à lire pour son intérêt historique et le rôle de précurseur qu'elle joua dans les romans à énigme, on ne peut pas nier qu'elle a pris un sérieux coup de vieux et qu'il est difficile de se passionner vraiment pour ces énigmes vieillottes, ces personnages caricaturaux et ce style? excessif.
   Chesterton aime l'outrance dans les déclarations et les descriptions. Il manie sans retenue la grandiloquence et, si à la première nouvelle, on croit avoir affaire à une forme d'humour, on en vient à en douter dans la seconde et les suivantes. Ajoutez à cela un usage forcené du passé simple et du subjonctif, eh bien, vous obtenez des textes extrêmement datés. On n'y peut rien.
   Auteur très prolifique d'une ?uvre variée, Chesterton a connu le succès de son vivant, et je le comprends. Je comprends également qu'on le lise encore avec intérêt, amusement voire plaisir, mais il me semble évident aussi que ces aventures du Père Brown vieillissent mal et qu'elles valent surtout aujourd'hui pour le regard qu'elles nous permettent de porter sur cette époque là.
   Toujours est-il que, pour ceux que cela intéresse, voici le relevé que j'ai pu faire de la publication des aventures du petit prêtre «sans allure» :
   1911 : «The innocence of Father Brown » (traduit en français par « La clairvoyance...» ne me demandez pas pourquoi)
   1914 : "The wisdom of Father Brown"
   1926: "The incredulity of Father Brown"
   1927: "The secret of Father Brown"
   1935: "The scandal of Father Brown"
   Peut-être pas la peine d'acheter l'anthologie avec la totalité des nouvelles...
    ↓

critique par Sibylline




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Un détective en odeur de sainteté
Note :

                                 Il y a une légère contradiction dans la présentation que fait le Dictionnaire des littératures policières de Claude Mesplède dans son article sur le Père Brown: "Chesterton, en se convertissant au catholicisme, rencontre le Père O'Connor dont la connaissance de la personnalité humaine l'impressionne au point de lui inspirer le personnage d'un prêtre détective". Impossible puisque la conversion de Chesterton date de 1922 et que les premières histoires du Père Brown ont paru en 1911: on peut donc supposer qu'il connaissait O'Connor bien avant son virage théologique. Peu importe, l'essentiel est que les cinquante et quelques histoires du prêtre détective sont désormais rassemblées en un seul volume et permettent de le découvrir ou de le retrouver.
   
   La qualité proprement policière des douze nouvelles ici présentées n'est pas exceptionnelle. Si l'on compare, comme on l'a souvent fait, le Père Brown à Sherlock Homes, force est de constater que ce dernier s'attaquait à des mystères bien plus passionnants que son collègue ensoutané. De plus, les deux détectives ne procèdent pas de la même manière: en lieu et place de la déduction, le Père Brown utilise l'intuition, qui lui vient d'une étonnante capacité à se mettre à la place et dans la tête d'un assassin ou d'une victime. Ce qui est plus intéressant, c'est la position qu'il occupe dans le récit: il apparaît tout d'abord comme une silhouette, un personnage négligeable et négligé par les protagonistes et s'excuse presque d'intervenir pour remettre les choses à l'endroit et confondre un coupable qui finit par confesser, plutôt qu'avouer, son crime. Car chaque histoire ou presque a une implication théologique et les motivations des criminels viennent souvent d'un passé ou d'un environnement religieux, ce qui fait de Chesterton et du Père Brown un couple vraiment unique dans le domaine du roman policier.

critique par P.Didion




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