Lecture / Ecriture
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L'humour juif de Joseph Klatzmann

Joseph Klatzmann
  L'humour juif

Joseph Klatzmann, né le 27 janvier 1921 à Paris XIVe, mort le 16 juin 2008 à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, est un résistant, ingénieur agronome, professeur de statistique français. Il a consacré sa carrière à l'économie rurale, notamment celle du jeune État d'Israël, et à la vulgarisation de la statistique et de la démographie.
(Wikipédia)

L'humour juif - Joseph Klatzmann

Anthologique
Note :

   L'histoire drôle, le bon mot — le "Witz" — c'est souvent une histoire juive venue du monde achkénaze qui parlait yiddish. L'auteur, qui a été un spécialiste de l'agriculture autant que d'Israël, invite à savourer de nombreuses histoires juives, après les avoir rangées par catégories.
   
   Les histoires venues de l'Empire russe (Pologne, Galicie...) sont largement fondées sur le thème de la misère : il fallait "rire pour ne pas pleurer…". L'humour juif affectionne les "histoires qui mettent en scène deux personnages typiques de l'Europe orientale du XIXe siècle : le chadkhen et le chnorrer" c'est-à-dire le marieur et le solliciteur. Celles qui passent pour venir d'Allemagne font largement référence à l'intégration (changement de patronyme, conversion...). Déjà avant 1933, les vagues migratoires vers l'Ouest de l'Europe et vers l'Amérique montrent une communauté susceptible de prendre l'ascenseur social. Aussi les docteurs étaient-ils déjà fréquents dans les histoires achkénazes, préludant aux psychanalystes américains d'aujourd'hui chez Woody Allen.
   Les histoires supposées se passer en Israël insistaient plutôt sur l'austérité des débuts de la société israélienne. Exemple :
   "Un touriste américain s'apprête à repartir pour les Etats-Unis après avoir rendu visite à son neveu israélien. Celui-ci lui demande ses impressions sur son petit pays.
   — J'ai été très content, dit l'Américain. Mais une chose m'a choqué. ici on parle tout le temps de travail, de nourriture, de logement. Chez nous, en Amérique, on parle d'art, de littérature, de musique.
   Que veux-tu?, lui répond l'Israélien, chacun parle de ce qu'il n'a pas."

   
   Bien sûr il y a aussi dans ce "Que sais-je?" des histoires de rabbins et de mères juives. Une particularité de l'humour juif est probablement la faculté de transformer en histoires juives des blagues possiblement antisémites en pratiquant la surenchère jusqu'à l'absurde. L'autodérision en effet va de soi dans cette culture juive, comme la passion pour l'art de raisonner, l'allusion et le double sens... L'illustration de couverture est extraite d'une affiche de 1935 pour le film des Marx Brothers "Une nuit à l'opéra". Marx... Voilà bien un nom à double sens, non?

critique par Mapero




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