Lecture / Ecriture
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Arcadia de Lauren Groff

Lauren Groff
  Les monstres de Templeton
  Fugues
  Arcadia

Lauren Groff est une écrivaine américaine née en 1978.

Arcadia - Lauren Groff

Flower Power
Note :

   "Ce n'est pas rien, les souvenirs."
   
   Arcadia, symbole d'un âge d'or pastoral, est ici le nom d'une communauté hippie de la fin des années 60. Ridley, surnommé Pouce en raison de sa petite taille, y a vu le jour, y a grandi, enregistrant au fil du temps les métamorphoses des gens et la disparition de cette utopie. La drogue, l'ambition personnelle, les tensions, l'arrivée d'une population trop nombreuse et peu sensible au principe de réalité, viennent en effet corrompre les idéaux. Pouce, qui n'a jamais connu que cette vie, quittera Arcadia, mais y reviendra, accomplissant un trajet circulaire, celui de la vie où les enfants et les parents échangent leurs rôles.
   
   Roman d'initiation donc, mais porté par une personnalité exceptionnellement lucide et bienveillante, se préoccupant plus des autres que de lui même,observant aussi bien la nature que les êtres humains, sans jamais les juger.
   
   Un roman au charme certain, qu'il faut prendre le temps de savourer, un roman qui porte une attention aiguë aux sensations, aux sentiments, qui fait vivre ses personnages et l'on se prend à rêver de rencontrer un tel homme...
   
   Le talent de Lauren Groff prend ici toute son ampleur, on sent qu'elle a pris son temps, qu'elle a mûri, a gagné en sérénité et c'est tant mieux!
   
   313 pages apaisantes.
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critique par Cathulu




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Hippie hip hourra !
Note :

   De Lauren Groff, j’ai beaucoup aimé «Les Monstres de Templeton». J’ai bien aimé également ce second roman moins quelques pages finales un peu superflues.
   
   Arcadia, dans les années soixante-dix, est le lieu du bonheur pour Pouce, le héros, petit par la taille mais au cœur aussi grand que le rêve d’Abe et d’Hannah, ses jeunes parents de la génération hippie, intégrés au sein d’une communauté qu’ils voulaient généreuse, respectueuse de la nature, adepte de l’amour libre et de l’éducation sans contraintes.
   
    Pouce y est heureux bien que la vie y soit souvent rude mais il se sent bien au cœur d’une grande famille très élargie, avec des enfants de son âge qui resteront ses amis même lointains, toute sa vie.
   
   Les titres des quatre parties du roman sont éloquents: Cité du soleil, Heliopolis, Île des bienheureux, Jardin des plaisirs terrestres, chacun évoquant un moment de bonheur dans le parcours difficile de Pouce pour conserver les valeurs de sa jeunesse durant les étapes parfois difficiles et compliquées de sa vie.
   
   L’utopie était belle au début et ses parents rayonnaient d’amour et de foi en l’avenir. Puis le succès d’Arcadia ayant attiré tous les paumés de la région, les parasites sont arrivés en masse, profitant du travail des pionniers, sans autre motivation que leur plaisir immédiat. C’est ainsi que l’atmosphère s’est dégradée avec l’arrivée des drogues et des excès de toutes natures.
   
   Hannah, la mère, sombra dans la dépression, Abe, le père devint paraplégique et tous s'éloignèrent peu à peu. Le grand rêve ainsi évanoui dans une réalité douloureuse, Pouce devint responsable de sa fille abandonnée par Helle, l’évaporée, l’infidèle et responsable de ses parents fragilisés par une vie qu'ils n'avaient pas prévue.
   
   Ils retourneront finalement à Arcadia où l’auteur tient à les suivre jusqu’au bout, là où enfin tous retrouvent le bonheur simple et lumineux de l’Arcadia des premiers temps.
   
   «La douceur de la terre monte vers lui. Dans cet instant qui éclot puis s’efface, il se suffit à lui-même et tout va pour le mieux dans le monde.»

   
   Décidément, j’aime cette romancière.

critique par Mango




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