Lecture / Ecriture
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121 Curriculum vitae pour un tombeau de Pierre Lamalattie

Pierre Lamalattie
  121 Curriculum vitae pour un tombeau

Pierre Lamalattie est un peintre (et maintenant écrivain), né à Paris en 1956.

121 Curriculum vitae pour un tombeau - Pierre Lamalattie

Pourquoi 121 ?
Note :

    Le titre ne me disait rien et je n’avais jamais entendu parler de Pierre Lamalattie dont c’est le premier roman mais j’ai fait confiance aux articles qui en disaient du bien et je ne le regrette pas.
   L’auteur est un peintre dont les "Portraits" viennent de sortir chez le même éditeur. Pour rassurer sa mère, il a été tout d’abord ingénieur agronome après des études à l’Agro et à Plaisir-Grignon entre autres où son meilleur ami était Michel Houellebecq qui, dit-on, l’aurait pris comme modèle de Jed Martin, son peintre de "La Carte et le territoire", prix Goncourt de l’an dernier.
   
   Ce roman qui semble autobiographique m’a beaucoup surprise. Il se démarque des autres par son flegme, sa sincérité, son style lapidaire et son ton faussement détaché. C’est du moins ainsi que je l’ai ressenti.
   
   Le récit lui-même tient en peu de choses
   
   Pierre, le héros narrateur, travaille au Ministère de l’Agriculture où il s’occupe des relations humaines, d’où sa manie des CV dont il est devenu le spécialiste. Il améliore ceux des autres et en présentent ici 121, ceux des gens rencontrés pendant son voyage en voiture avec sa vieille mère qui, atteinte d’un cancer en phase terminale, a décidé de quitter son appartement parisien pour terminer sa vie dans une maison de retraite de son village natal en Corrèze, son médecin ne lui donnant plus que six mois à vivre.
   
   Souvenirs et préoccupations immédiates se succèdent dans son long voyage avec pour moments phares les CV des personnes rencontrées, sous la forme la plus resserrée possible. Le dernier est le sien, une fois sa mère enterrée:
   121 – Pierre
    Il lui reste ce plaisir
   De rouler sur l’autoroute
   Avec la musique d’Alfred Schnittke.

   
   ou encore:
   95 - Henry
   D'entrée de jeu, il a souligné
   que l'essence de la féminité,
   c'est le fait d'avoir un dedans.
   
   29 - Brigitte
   Sa psy la pousse à devenir elle-même,
   mais ça ne l'intéresse pas.

   
   Ce roman parle de tout, de "l'humaine condition", bien sûr, mais de l'amitié et de l'amour aussi, de l'art surtout et de la difficulté de vivre ainsi que du plaisir et des petits riens sans importance comme son exposition en préparation qui sera intitulée comme par hasard: "121 curriculum vitae pour un tombeau"
   
   «Dans la musique occidentale, un "tombeau" est un genre musical, surtout en usage dans la période baroque mais aussi au XXe siècle. Le tombeau était composé, précise à juste titre Wikipédia, "en hommage à un musicien, maître ou ami, aussi bien de son vivant qu’après sa mort, contrairement à ce que le nom de ce genre musical pourrait laisser penser. Il s’agit généralement d’une pièce monumentale, de rythme lent et de caractère méditatif non dénué parfois de fantaisie et d’audace harmonique ou rythmique". Voilà exactement ce que je voulais faire en peinture: un tombeau des hommes et des femmes de notre temps.»

   
   Un roman que je suis contente d'avoir lu avec en permanence la sensation de lire quelque chose de différent de mes lectures habituelles.

critique par Mango




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