Lecture / Ecriture
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L'équation africaine de Yasmina Khadra

Yasmina Khadra
  Morituri
  Les agneaux du seigneur
  Cousine K
  Les hirondelles de Kaboul
  Double blanc
  L'imposture des mots
  L'attentat
  L'écrivain
  Les sirènes de Bagdad
  A quoi rêvent les loups
  Ce que le jour doit à la nuit
  La part du mort
  L’automne des chimères
  L'équation africaine
  Les anges meurent de nos blessures
  La dernière nuit du Raïs
  Dieu n'habite pas la Havane
  L'outrage fait à Sarah Ikker

Yasmina Khadra est le nom de plume (formé des deux prénoms de son épouse) de l'écrivain algérien Mohammed Moulessehoul. Il est né en 1955 dans le Sahara algérien. Militaire jusqu'en 2000, ce n'est qu'en 2001, après sa démission de l'armée et à la sortie de son 14ème roman, qu'il se démasque comme étant un homme. C'est que ce 14ème roman, "L'écrivain", était d'inspiration autobiographique.

L'équation africaine - Yasmina Khadra

Pirates de la Corne de l’Afrique
Note :

   On connait la pertinence de Yasmina Khadra, ex-commissaire de police algérien, sur de nombreux thèmes tournant autour de la problématique des pays arabes ou musulmans : l’Algérie bien sûr, l’Irak, l’Afghanistan, … Il élargit sa zone géographique de compétence avec cette "équation africaine". il l’élargit à la Corne de l’Afrique : Somalie, Soudan …
   C’est en effet le problème du piratage maritime, principalement somalien, qui est le sujet de ce roman.
   
   Kurt est un médecin généraliste allemand bien installé dans la ville de Frankfurt. Son amour, son épouse adorée, suite à une désillusion professionnelle se suicide. Kurt est complètement déstabilisé, au point que son ami Hans, homme d’affaire riche et impliqué dans des actions humanitaires, lui propose de l’accompagner dans son périple en voilier de Chypre vers l’Afrique de l’Est. Et le pire arrive, le voilier est accosté par des pirates, le cuisinier philippin exécuté et Hans et Kurt emmenés sur la côte comme monnaie d’échange.
   
   "Quatre hommes armés tiennent en joue Hans et Tao dans la cabine de pilotage en gueulant tous à la fois ; un cinquième barre l’escalier qui mène sur le pont. Ce dernier passe et repasse la lame d’un sabre sur la paume de sa main, aussi sinistre qu’un bourreau s’apprêtant à décapiter sa victime. Ses yeux brillent d’un éclat malsain, et son rictus figé me glace le sang. Malingre, le visage osseux et les bras démesurément longs, il donne l’impression de ne pas avoir toute sa tête avec les grotesques lunettes sans verre qu’il porte avec désinvolture."
   

   La suite du roman est le périple, principalement de Kurt, et bizarrement au Soudan alors que clairement, ces actes là sont Somaliens (?)
   
   Il y a de très belles pages sur ce qu’est le désert dans ces zones inhumaines, et sur ce que sont ces individus poussés à bout qui ont basculé dans le piratage (lire Nuruddin Farah, "Exils" par exemple pour avoir une petite idée de la pétaudière que représente la Somalie!). De très belles pages donc. Et en même temps des passages moyens au niveau psychologique et surtout au niveau des dialogues. De la naïveté, des passages faibles dont je n’avais pas souvenir dans ses autres romans.
   
   N’empêche, les termes de l’équation sont clairement posés. Problème : c’est une équation avec trop d’inconnues. Beaucoup trop. Et elle n’est pas près d’être résolue cette équation!

critique par Tistou




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