Lecture / Ecriture
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Printemps barbare de Héctor Tobar

Héctor Tobar
  Printemps barbare

Héctor Tobar est un journaliste et écrivain spécialisé dans les relations entre Amérique Latine et Amérique du Nord. Il est né en 1963.

Printemps barbare - Héctor Tobar

Un régal !
Note :

   Araceli est la dernière employée chez le couple Torres-Thompson et ses trois enfants. Elle se désole qu’ils n’aient pas pu garder les deux autres et surtout Pete, qu’elle aimait voir travailler dans le jardin.
   Ce jardin va être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. En effet, quand la senora Maureen décide de le remplacer par un "jardin du désert" qui ne demande pas d’entretien, le couple n’y survit pas… Car la facture est salée et ils n’ont plus vraiment les moyens d’un tel investissement. Alors, quand son mari découvre le montant des travaux, c’est le drame, la dispute de trop et les deux conjoints quittent le domicile conjugal, sans se douter que l’autre a fait de même, et laissant ainsi sans le savoir leurs deux ainés à la charge de la bonne…
   Araceli se retrouve en effet avec les deux plus grands Brandon et Keenan, âgés de 11 et 8 ans, sans bien savoir quoi en faire… Voulant toutefois leur épargner un placement familial, elle décide de partir à la recherche de leur grand père, dont elle a retrouvé l’adresse, avec l’idée de lui confier les deux bambins… Mais l’affaire tourne court, car après quatre jours d’absence, les parents rentrent au bercail et s’inquiètent de ne pas trouver leur progéniture. La presse s’en mêle d’autant que les parents hurlent au kidnapping…
   
   Quelle agréable surprise que ce roman corrosif, très réussi, de bout en bout, et qui fait le portrait au vitriol d’une société où deux mondes se côtoient sans vraiment se connaitre, dans l’indifférence la plus totale. Que savent en effet ces employeurs d’Araceli, qui vit pourtant chez eux quasi 24 heures sur 24, et s’occupe non seulement de leurs enfants mais de toute la maisonnée, en se chargeant du ménage et de la cuisine.
   
   D’une grande puissance romanesque, servi par une intrigue habilement menée, ce livre pousse à s’interroger sur les conditions de vie des immigrés clandestins aux Etats Unis, mais aussi sur l’insensibilité des nantis face à ceux qu’ils exploitent en toute bonne conscience. Il montre enfin l’emballement médiatique de la presse qui s’empare de la moindre affaire "banale" pour en faire la Une en boucle, en mettant de l’huile sur le feu.
   
   Un roman encensé par la critique américaine, et par moi!

critique par Éléonore W.




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