Lecture / Ecriture
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Le diable dans la ville blanche de Erik Larson

Erik Larson
  Dans le jardin de la bête
  Le diable dans la ville blanche
  Lusitania 1915 La dernière traversée

Erik Larson est un auteur américain de romans historiques et de romans policiers, souvent best-seller, né en 1954 .

Le diable dans la ville blanche - Erik Larson

Fictio-réalité ou réal-fiction?
Note :

    Présentation de l'éditeur
   
   "Un homme construit le paradis sur Terre, l'autre y fait régner l'enfer.
   1893: l'Exposition universelle de Chicago est l'occasion pour les Etats-Unis de montrer leur puissance au reste du monde. Au cœur de cet événement sans précédent, le célèbre architecte Daniel H Burnham, créateur du premier gratte-ciel, à qui revient la tâche de créer une cité de rêve, la Ville blanche. On attend près de 30 millions de visiteurs, de nombreuses personnalités, parmi lesquelles Houdini, Frank Lloyd Wright ou Thomas Edison.
   Mais, dans l'ombre de l'Exposition, une autre figure accomplit de bien plus noirs desseins : H H Holmes, un jeune médecin apparemment bien sous tous rapports, en réalité l'un des tueurs en série les plus terrifiants de l'histoire du crime, sur la piste duquel se pressent un inspecteur d'une incroyable ténacité et une étrange association, le Whitechapel Club."

   
   
   Commentaire

   
   J'ai ce livre depuis plusieurs mois et, pour une raison bizarre, à chaque fois que je le prenais, je lisais le début, je me souvenais que c'était un document, et je me disais que bon, non, en fait, ce n'était pas le bon moment. Pas assez de temps, de concentration... bref, je le reposais toujours sur mon étagère. Mais voilà, ce sont les vacances, je lis un peu plus et j'avais le goût de varier les styles. Une copine venait de m'en parler et je me suis dit que voilà, c'était un signe.
   
   Et ça devait en être un parce que j'ai vraiment beaucoup aimé! Et croyez-moi je n'ai pas trouvé ça lourd du tout.
   
   "Le diable dans la ville blanche", c'est d'abord et avant tout l'histoire vraie d'une grande aventure aussi éphémère que magnifique pour ce qu'elle a représenté à l'époque: l'exposition universelle de Chicago de 1893. Pour ma part, j'avais vu quelques photos de "The white city" sans trop savoir ce que c'était. Sans surtout m'imaginer que c'était temporaire comme installation. On a la culture qu'on peut hein!
   
   Ce document est rédigé comme un roman. Un roman où deux personnages qui marquèrent la ville de Chicago de façon - très - différente œuvrent à leur manière sans jamais se rencontrer. D'un côté, Daniel Burnham, architecte, qui rêvera et construira la ville blanche et de l'autre H. H. Holmes, arnaqueur et tueur en série qui sera responsable de la disparition de plusieurs personnes pendant la période de l'exposition. Quand je dis que c'est écrit "comme un roman", c'est que nous croyons vraiment avoir affaire à de la fiction, de par l'écriture qui relate des événements tels qu'ils auraient pu avoir eu lieu s'il y avait eu des témoins. Il y a certes de l'extrapolation faite à partir des documents réels et de l'étude des personnalités mais la base, ce qui s'est passé, ce n'est pas de la fiction. Et quand on lit cette histoire de meurtrier en série, c'est ma foi incroyable que ça ait pu se passer comme ça. Du coup, nous nous trouvons plongés dans une époque différente, dans une mentalité différente et les chapitres sur Holmes sont écrits de façon sobre mais percutante qui fait que le personnage, aussi psychopathe et dégoûtant soit-il, réussit à fasciner (je sais, mon mot est mal choisi) par sa folie et son "diabolisme". Je lisais et je n'en croyais pas mes yeux. Mais comment a-t-il pu s'en tirer si longtemps de cette manière!
   
   J'ai tout de même préféré la partie sur l'exposition universelle, allant même jusqu'à ressentir la fièvre des bâtisseurs, qui ont fait sortir de terre une splendeur dans un temps record, alors que tout autour, la Chicago noire et pauvre menaçait. Nous sommes sur un fond de débâcle économique, les chômeurs abondent, les syndicats sont plus présents et ce contraste entre le désir fou d'une exposition universelle et les conditions de vie alentours est frappante. Bien entendu, c'est plein de détails, plein de précisions un peu techniques, mais j'ai pour ma part dévoré. J'ai battu des mains quand j'ai lu le nom du constructeur de ce qui devait "rivaliser" avec la tour Eiffel de l'expo de 1889 et quand j'ai réalisé ce que c'était. Et j'ai vraiment été triste à la fin de l'expo quand toutes ces beautés ont été laissées là, pour être détruites. Parce que c'est fou, quand même, toutes les ressources, tout ce qui est entrepris pour une exposition universelle, alors que tous savaient très bien que ce n'était que pour quelques mois.
   
   Bien entendu, on pourra se questionner sur l'association entre Holmes et l'exposition mais bizarrement, même si le lien n'est que très ténu, La juxtaposition des deux événements nous offre un panorama élargi et nous permet de dresser un meilleur portrait de l'époque, qui n'était pas que grands événements et soupers de luxe. Chicago, avec sa croissance folle, son armée d'ouvriers et de jeunes femmes seules qui arrivaient pour travailler, devient vivante, en dedans et en dehors de l'enceinte de la ville blanche.
   
   Bref, une lecture qui m'a beaucoup intéressée, qui m'a appris beaucoup de choses et qui, en plus, m'a fait passer un très bon moment de lecture. On peut trouver quelques photos sur le net (je ne sais malheureusement plus où) pour avoir une idée de l'ampleur de la chose.

critique par Karine




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