Lecture / Ecriture
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Othello de William Shakespeare

William Shakespeare
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  Beaucoup de bruit pour rien
  Cymbeline
  Le songe d'une nuit d'été
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  Jules César
  Hamlet
  Antoine et Cléopâtre
  Le roi Lear
  Macbeth
  Othello
  Coriolan
  Tout est bien qui finit bien

William Shakespeare est né à Stratford upon Avon, probablement en 1564.

Il écrivit trente-sept œuvres dramatiques entre les années 1580 et 1613. Son oeuvre est constituée de pièces, romances et poèmes.

William Shakespeare est mort à Stratford upon Avon en 1616.



* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Othello - William Shakespeare

Iago, un metteur en scène machiavélique
Note :

    Iago, enseigne, du général Maure Othello, dépité de n’avoir pas été choisi comme officier, fomente sa vengeance contre Michael Cassio, meilleur ami d’Othello, qui lui ravit ce poste. De plus, Iago convoite aussi la belle Desdemona femme du Maure tant haï.
   
   La fascination de cette pièce provient de la façon dont Iago met en place son stratagème, recrée en quelque sorte une intrigue dans l’intrigue. Il provoque d’abord la disgrâce de Cassio en le faisant boire lors de son tour de garde jusqu’à ce qu'il se retrouve impliqué dans une rixe, sème des doutes dans l’esprit d’Othello sur la relation de Cassio avec Desdemona auprès de laquelle celui-ci essaie de plaider sa cause, puis appuie ses preuves avec un indice : un mouchoir brodé de Desdemona que son mari lui a offert et qu’on retrouve chez Cassio par l’entremise de la propre femme de Iago, Emilia, personnage tout aussi profond que les autres – force de Shakespeare – et prouve même être un révélateur. Iago agit toute en finesse, s’attirant les bonnes grâces des uns et des autres, jouant l’innocent, semant petit à petit un mal qui doit assouvir sa vengeance. Il se sert de l’absence momentanée d’Othello et de la fortune d’un autre amoureux transi de Desdemona, Roderigo.
   
   D’autre part, on s’étonne qu’Othello soit plus enclin à croire Iago plutôt que sa femme qu’il voue de suite aux gémonies. Mais Shakespeare aussi sème ses graines au long de la pièce puisque d’emblée, Othello est soupçonné par Brabantio, père de la belle, de l’avoir envoûtée ; ce qui est à demi vrai puisque Othello, racontant ses hauts faits militaires a provoqué la fascination de la belle :
   OTHELLO :Elle m’aima pour les dangers que j’avais traversés,
   Et je l’aimai d’en avoir pris pitié. (I ; iii ; 154-155)*

   
   Un peu comme le roi Lear, Othello se laisse bercer par les flatteries. C’est un valeureux guerrier, un soldat fidèle et dévoué à son camp mais contrairement à Iago il manque de jugement sur les autres.
   IAGO : le Maure est une nature ouverte et franche,
    Qui croit les hommes honnêtes pour peu qu’ils le paraissent,
    Et il se laissera docilement conduire par le nez … (I ; iii ; 378-380)*

   
    Iago analyse chaque personnage et voit comment il peut l’exploiter. C’est un politicien rongé d’ambition- et là il rejoint Macbeth – sauf que Iago fait tirer les ficelles par d’autres ou s’arrange pour être pris pour le contraire de ce qu’il a fait ; ainsi s’il commet un meurtre, il apparaît pour celui qui porte secours et non pour l’auteur du crime.
   
   Donc, semant ses graines de jalousie, soupçon après soupçon, il porte toute la tragédie à son apogée de folie meurtrière. Seul, le spectateur sait qu’il est le mal absolu puisque seule la haine le gouverne. Cette montée en puissance toute en nuance des doutes et fausses certitudes d’Othello subjugue autant qu’elle montre l’illusion d’un spectateur de théâtre emporté par les mots d’un auteur – ici Iago en intermédiaire machiavélique – et qui accepte pour un instant la "réalité" qui l’arrange ou qui le possède. En fait d’envoûtement, c’est bien Othello qui se retrouve piégé et non son épouse.
   
   Une pièce hautement passionnante à tous les égards.
   
   * Traduction de Jean-Michel Déprats, Bibliothèque de la Pléiade 2002.

critique par Mouton Noir




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