Lecture / Ecriture
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Le vol du faucon de Daphné du Maurier

Daphné du Maurier
  Le Monde infernal de Branwel Brontë
  Le Général du Roi
  L'Auberge de la Jamaïque
  Rebecca
  L'Amour dans l'âme
  Le bouc émissaire
  La maison sur le rivage
  La chaîne d'amour
  Le vol du faucon
  Ma cousine Rachel

Ecrivain britannique, née en 1907 et décédée en 1989.

Tatiana de Rosnay lui a consacré un livre : Manderley for ever.

Le vol du faucon - Daphné du Maurier

Meneur de foules
Note :

   Avec ce roman, Daphne du Maurier étudie la manipulation de foules en même temps qu'elle nous captive par un suspens assez fort. Au début, je pensais sans arrêt au film "La vague" (mais pas aussi contemporain) car on voit comment un homme a su prendre l’ascendant sur toute une ville au point de manipuler absolument tout le monde et mener chacun exactement là où il le veut. Mais Daphne du Maurier développe la chose d'une toute autre façon. Et d'ailleurs, si c'est cette face du livre qui a le plus retenu mon attention, ce ne sera pas forcément le cas pour tous les lecteurs car c'est plutôt une intrigue policière, historique et familiale qui est annoncée/proposée au lecteur.
   
   Armino Fabbio le narrateur, est un guide touristique satisfait de son emploi qui consiste à mener au mieux ses cohortes de touristes d'horizons divers à travers la belle Italie. Un jour, au cours d'une de ces excursions, il croit reconnaître dans une vieille mendiante une femme dont il a été très proche dans son enfance (on ne sait pas tout de suite à quel titre, je ne le révèle donc pas). Mais il n'est pas vraiment sûr que ce soit elle et s'en détourne, emporté par sa propre vie. Il apprend le lendemain qu'elle a été assassinée dans la nuit. Du coup, l'idée l'obsède et peu après, n'y tenant plus, il quitte son emploi pour retourner dans la ville de son enfance, Ruffano, qu'il n'a plus revue depuis ses 12 ans. C'est là que son père et son frère ainé sont morts et plus personne ne peut reconnaître en lui l'enfant (pourtant très en vue) qu'il a été. Cette ville est fortement marquée par la domination qu'elle connut au Moyen-Age des Ducs de Malebranche et particulièrement des deux frères dont l'ainé Claudio, surnommé le Faucon, connut le sort d'Icare après avoir terriblement tyrannisé les habitants. Ici, cette histoire hante toujours les esprits.
   
   Nous suivons Armino à travers ce récit qui nous montrera fort bien les différents aspects et microcosmes de cette Ruffano et nous fera entrer dans la psychologie de nombreux personnages très différents et très bien rendus – c'est tout l'art de Du Maurier. Le tout est soutenu par l'intrigue policière (qui a tué la mendiante et pourquoi?) qui tient jusqu'aux toutes dernières pages.
   
   Cela aurait peut-être cependant pu être un peu plus court à mon goût, mais notre appréciation de speedés du 21ème siècle n'est pas celle des lecteurs de cette auteure de best-sellers de la mi-20ème.
    ↓

critique par Sibylline




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Merci Tatiana!
Note :

   "Cela faisait plus de 20 ans que je ne l’avais revue, mais c’était bien Martha"
   
   Armino est guide touristique à Rome, un travail qu’il aime beaucoup. Un jour, il est intrigué par une femme qui fait l’aumône. En effet, il pense la connaître d’autant plus que quand il lui donne un billet, elle murmure "Beo, Beo"le surnom qu’il avait enfant. Mais elle est retrouvée assassinée peu après. Pris de panique car ayant peur d’être accusé, il trouve un remplaçant et quitte son job pour retourner dans sa ville natale Ruffano. A sa grande surprise, il y retrouve son frère, qu’il pensait mort. Ce dernier semble obnubilé par un tyran qui régnait sur la ville au Moyen-âge, un dénommé Claudio, surnommé le Faucon, mort "précipité de la plus haute tour de son palais alors qu’il essayait de s’envoler". Armino est traumatisé par cette histoire, d’autant que son frère aîné l’obligeait, lorsqu’ils étaient petits, à monter tout en haut de la tour. C’est au cœur de cette ville natale et en retournant sur les traces de son passé, qu’il va trouver les réponses à ses questions, et découvrir les raisons du mystère de la mort de Martha.
   
   La biographie de Tatiana de Rosnay sur Daphné du Maurier "Manderley for ever" m’a donné envie de redécouvrir l’œuvre de cette romancière dont je n’avais lu que "Rebecca". C’est donc par "Le vol du faucon" que j’ai commencé et je dois dire que je n’ai pas été déçue! Ce roman peu connu m’a en effet transportée et dès les premières pages j’ai été envoûtée et séduite par l’atmosphère qui y règne, proche de celle qu’on peut trouver dans le roman culte de la romancière : poids du passé sur le présent, personnages troubles et à double facette dont on ne sait que penser et à qui il arrive des choses difficilement explicables, atmosphère oppressante et événements inquiétants. Daphné du Maurier sait formidablement faire monter la tension, en laissant planer jusqu’à la fin le suspens.

critique par Éléonore W.




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