Lecture / Ecriture
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Libération de Sándor Márai

Sándor Márai
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  L'héritage d'Esther
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  Les confessions d'un bourgeois
  Mémoires de Hongrie
  Divorce à Buda
  Le miracle de San Gennaro
  La conversation de Bolzano
  Un chien de caractère
  Les étrangers
  La nuit du bûcher

Sándor Márai est un écrivain et journaliste hongrois né en 1900 à Kassa alors partie de l'Empire austro-hongrois (aujourd'hui Košice, en Slovaquie) et mort (suicide) en 1989 à San Diego aux États-Unis.
(Source Wikipedia)


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Libération - Sándor Márai

Marai, chef-d’œuvre, quasi pléonasme
Note :

   C'est peu de dire que Sandor Marai est un grand écrivain européen. On ne le découvre que depuis quelques années. Son suicide en Amérique en 1989, à l'âge de 89 ans, était celui d'un homme toujours en rupture, antifasciste dans sa Hongrie alliée au Reich, puis mis au ban par le gouvernement communiste de Budapest. Sandor Marai, exilé aux Etats-Unis depuis 1952, n'aura pas connu la fin du Rideau de Fer. "Libération", écrit en 1945, ne sera publié qu'en 2000 comme c'était la volonté de Marai.
   
    Roman, récit, réciflexion dirais-je osant le barbarisme, "Libération" c'est 220 pages tendues et brûlantes sur le siège de Budapest et l'instant pathétique et lourd de désespoir, ce moment où la tragédie succède à la tragédie, où Elisabeth, dans la cave où se terrent encore une centaine de réfugiés, va commencer à comprendre... Comprendre mais ignorer encore ce qu'il faut redouter le plus, les derniers sévices des nazis et de leurs séides, ou les "libérateurs" russes. Dans le microcosme reconstitué sous cet immeuble solidarité et courtoisie cèdent vite la place à la méfiance, universelle araignée, puis à la trahison.
   
   Traité un peu comme un reportage ce vécu n'en finit pas de nous poursuivre et confirme ce que je pense de toute guerre, il faut les finir, mais ça fait très mal de les finir. Je considère "Libération" comme de la très grande littérature, de celles qui vous transportent, hors de toute pacotille, vers les sommets relativement fréquents dans cette Mitteleuropa dont j'ai déjà tant parlé où l'on a déjà croisé Schnitzler, Roth, Perutz, Zweig et consorts.
   
    "Il y a un instant, la guerre vivait encore dans l'âme d'Elisabeth, pas seulement sur les champs de bataille, dans les airs ou sous les mers. La guerre était aussi une sensation, une sorte de pensée fantomatique qui envahissait son corps et son âme, à l'état de veille ou de sommeil."
   

   
   Présentation de l'éditeur :
   
   "En avril 1945, Budapest est libérée par l’armée russe au terme d’un siège implacable. Cet épisode historique, que Sándor Márai évoquera vingt-cinq ans plus tard dans ses Mémoires de Hongrie, lui inspire, à chaud, ce roman qu’il achève en quelques mois. Pendant les dernières semaines du siège, une centaine de réfugiés se terrent dans les caves d’un immeuble, attendant l’issue d’un combat incertain. Autour de la jeune Élisabeth, fille d’un savant renommé, résistant au nazisme, se rassemblent toutes sortes de gens. Au fil des jours, dans l’atmosphère oppressante de ce huis clos, les caractères se révèlent, les masques tombent."

critique par Eeguab




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