Lecture / Ecriture
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Le dîner de Herman Koch

Herman Koch
  Le dîner
  Villa avec piscine
  Cher Monsieur M

Herman Koch est un écrivain hollandais né en 1953, également chroniqueur, acteur, scénariste et réalisateur de télévision.
Il a également publié sous le pseudonyme de Menno Voorhof.

Le dîner - Herman Koch

Renversant !
Note :

   4ème de couverture:
   
   "Le Dîner dresse le portrait de notre société en pleine crise morale.
   Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d'Amsterdam.
   Hors-d'oeuvre : le maître d'hôtel s'affaire.
   Plat principal : on parle de tout, des films à l'affiche, des vacances en Dordogne.
   Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants.
   Car leurs fils respectifs ont commis un acte d'une violence inouïe.
   Un café, un digestif, l'addition.
   Reste la question : jusqu’où irions-nous pour préserver nos enfants?

   
   
   Pas étonnant que ce livre ait eu un énorme succès dès sa sortie. Il est tout simplement renversant! A prendre au pied de la lettre.
   
   A la réflexion, il ferait une excellente pièce de théâtre, une comédie de mœurs, très sarcastique avec montée de la tension dramatique tout du long jusqu’à l’explosion finale.
   Un seul lieu : un restaurant chic d’Amsterdam.
   Un temps bien resserré : celui du repas avec ses six moments forts de l’apéritif courtois au moment débridé de l’addition.
   Quatre personnages principaux: les quatre parents et un objet essentiel : le portable qui les relie à l’extérieur et à Michel, l’un des enfants.
   
   Jusqu’à mi-parcours, quand arrive le plat principal, j’ai cru tout comprendre, je devinais presque la fin. Je faisais front avec Paul, le narrateur, le père de Michel. J’étais inquiète pour lui et le plaignais de la terrible décision qu’il allait devoir prendre au sujet de son fils unique.
   
   Je partais à fond dans une direction, celle du cas de conscience d’un père et c’est dans une autre que l’auteur m’a conduite, à l’opposé, juste à l’opposé. Je suis tombée de Charybde en Scylla, du meurtre gratuit au mal absolu. Avoir été manipulée à ce point-là, je ne m’y attendais pas. J’ai été choquée, inquiétée, totalement bluffée.
   
   Ce livre devrait être bientôt adapté au théâtre en Hollande, en Allemagne et en Espagne. Un film est également envisagé.
    ↓

critique par Mango




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Les blousons dorés et leurs pères
Note :

   Paul Lohman narrateur de ce récit, et son épouse, sont invités par le frère aîné Serge, dans un restaurant chic d’Amsterdam, genre le Fouquet’s. Serge fait de la politique, et espère devenir le prochain premier ministre. Mais ce soir, il a réuni tout le monde pour parler des enfants. Michel, le fils de Paul, et ses cousins se sont rendu coupables d’un acte que la justice réprouve.
   
   Paul déteste son frère, il doit le jalouser depuis longtemps. Il est le cadet (il s’appelle Paul ce qui veut dire : petit). "Petit" est un mot qu’il va répéter souvent au début du texte. Il est le petit frère, il est toujours passé en second, ce qu’il fait a toujours été jugé "petit". Tout ce que fait Serge il le méprise, et le hait.
   
   Voilà qui peut entraîner le lecteur sur une fausse piste. Paul décrit ce restaurant, où l’on fait tant de manières, où tout est si cher, où l’on sert des parts minuscules sous prétexte de gastronomie, où le serveur passe une demi-heure à expliquer comment le plat a été cuisiné et d’où viennent les ingrédients. On peut avoir l’impression que Paul est plus simple et plus honnête que son politicien de frère, tant il met d’application à ridiculiser et dénoncer les travers de cette société prétentieuse.
   
   Et le temps passe sans qu’on parle des enfants. Peu avant de partir au restaurant, Paul a pourtant regardé des vidéos sur le portable de son fils adolescent et en a paru contrarié. On a l’impression qu’il espère que sa femme ne sait rien. Le lecteur sent que nul ne veut aborder le sujet qui fâche.
   
   Petit à petit, on découvre que si Paul est contrarié, ce n’est pas parce que son fils et son neveu se sont rendus coupable d’actes répréhensibles. Bien au contraire! Lui-même a des pulsions de violence qu’il maîtrise plus ou moins lorsqu’il pense que ça l’arrange ; un psychiatre lui a dit que c’était dans les gènes, et Paul qui n’a aucune morale s’en est trouvé satisfait.
   
   Le récit se déroule pendant le dîner, on alterne les pensées et constatations de Paul, ses flashbacks sur son propre passé, des communications téléphoniques avec son fils. Chaque chapitre comprend une étape du dîner, mais ce qui est servi au lecteur est de plus en plus… moche, et à la fin il aura peut-être envie de vomir.
   
   En effet, le lecteur est de plus en plus horrifié par les propos de Paul, et les actes de certains des protagonistes, la délinquance en haut lieu, et son impunité... mais à une époque où les agissements de certains mouvements d'extrême droite en Europe inquiètent, ce livre est important. Il va plus loin qu'une simple comédie sociale.
    ↓

critique par Jehanne




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Ça devient indigeste !
Note :

   "Cela laisserait certes une cicatrice quelque part, mais une cicatrice n'empêche pas le bonheur."
   
   Ce livre aurait peut être pu s'intituler "Il faut qu'on parle de nos fils". C'est en effet parce que leurs enfants ont commis un acte ignoble que deux frères -l'aîné un politicien à quelques semaines de devenir premier ministre, le cadet dont la situation sociale nous sera révélée un peu plus tard-, et leurs épouses respectives se sont donné rendez-vous dans un restaurant pour happy few.
   
   Au rythme des plats composant le repas, c'est toute une société du paraître qui est cruellement disséquée.
   
   La violence, contenue ou pas, les idées nauséabondes, les mensonges vont crescendo et l'on se demande comment l'auteur va les tirer d'affaires ces hommes et ces femmes qu'ils nous livrent ainsi en pâture.
   
   Perso ,l'explication médicale m'a laissée dubitative car trop vague (pas de maladie clairement nommée), mais j'ai été fascinée par la manière dont les parents arrivent à présenter les faits d'une manière qui les arrange.
   
   Pas de politiquement correct ici et le lecteur doit accepter de se laisser rudoyer et de sortir sonné d'un tel livre!
    ↓

critique par Cathulu




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Table d'hôte
Note :

    La table a souvent servi de décor, de (s)cène en littérature et au théâtre. Le souper, Le dîner de cons, Le festin de Babette, etc. L'auteur néerlandais Herman Koch nous la sert style film danois Festen. Deux frères dînent avec leurs épouses respectives dans un grand restaurant d'Amsterdam. L'un des deux est le possible futur premier ministre. Mais un cadavre va s'inviter à leur table, leurs enfants, un fils chacun, ont commis ensemble un acte ignoble et la rencontre a été initiée pour éventuellement faire front commun. Mais pas tout de suite, dînons d'abord dans cet établissement prestigieux où les deux couples, bien sous tous rapports, s'installent avec ce qu'il faut d'ostentation. Apéritif et mondanités, universellement connus à tous les étages de la planète, enfin sauf chez ceux qui se demandent ni ce ni quand ils vont manger, mais seulement s'ils vont manger.
   
    Les fleurets sont d'abord mouchetés selon l'expression consacrée. On se gausse du maître d'hôtel, un soupçon de mépris peut-être. Ces gens là ne nous emballent pas, dirait-on. Et puis sonnent les portables de ces gens très occupés, de bonne compagnie. L'un des deux couples a même adopté un jeune Africain, Faso. Serge et Babette et Paul et Claire devisent cinéma, Woody Allen se prête particulièrement bien à ce type de papotage bobo, bonne conscience du cinéphile depuis quatre décennies, à peu près sûr que la moindre sous-préfecture européenne propose le film. Je suis personnellement très proche du cinéma de Woody Allen, j'aurais fort bien pu dîner avec eux.
   
    Puis les questions se précisent et c'est à petites doses que le lecteur apprend l'innommable, à savoir l'horreur commise par les cousins, et le plus qu’innommable que j'appellerai l'ignominommable, à savoir que tout le monde est plus ou moins au courant et que ça n'a pas déclenché chez les parents autre chose que quelques soucis domestiques somme toute casables dans un petit coin de mémoire, tout petit le coin. Prise de conscience tardive? Pas sûr. Herman Koch s'abstient de tout parti pris dans ce dilemme, comme tout cela est froid. Glaçant. Au long des chapitres, Apéritifs, Entrée, Le plat, etc. on peut trouver à ce Dîner intéressant des vertus émétisantes.
    ↓

critique par Eeguab




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Un livre dont on se souvient !
Note :

   Premier roman d'Herman Koch, écrivain néerlandais, à être traduit en français et dans de nombreuses langues, il a été vendu à plus d'un million d'exemplaires.
   
   L'auteur sur un ton espiègle nous invite dans un restaurant très chic et très branché d'Amsterdam pour un dîner. De l'apéritif au dessert en passant par le pourboire, les héros de ce roman social et familial vont se déchirer dans un cynisme absolu.
   
   Les frères Lhoman, Serge et Paul que tout oppose et leurs épouses respectives, Babette et Claire.
   Une soirée en famille où il sera question de l'éducation de leurs enfants et de leur façon d'occuper leurs loisirs.
   
   Serge est un politicien très en vue et très certainement le prochain premier ministre. Sa femme Babette joue le jeu, malgré les incartades de son époux, et tient son rôle de femme de futur premier ministre.
   
   Paul, professeur d'histoire en disponibilité, narrateur et voix de l'histoire est accompagné de Claire, femme et mère protectrice pour qui tout doit rester dans la normalité et fera tout pour en préserver l'apparence.
   
   Leurs fils, Michel celui de Paul et Rick celui de Serge et Beau fils adoptif de Serge ont commis un crime et des actes de violence gratuite qu'ils ont eu l'audace et l'indécence de filmer. Le tout s'est retrouvé sur le net et fait la une de tous les journaux télévisés du pays, bien que les auteurs n'aient pas été reconnus sur les vidéos. Comment vont réagir les parents, qui eux savent et ont reconnu leurs enfants?
   
   Très vite, le ton badin s'imprègne de cynisme et d'ambiguïtés où les questions posées trouvent difficilement de réponses appropriées.
   Par de nombreux retours en arrière, les personnalités sont mises à jour et détaillées :
   Souvenirs de vacances dans le sud de la France dans la propriété de Serge, difficultés professionnelles de Paul où l'envie d'enseigner n'est plus vraiment la même, la fascination de Serge pour le pouvoir et la reconnaissance sociale, Claire et ses zones d'ombre, Babette femme meurtrie et ambitieuse, les enfants faussement sages et la famille trompeuse, très trompeuse...
   
   L'enjeu est important et les thèmes abordés dérangent vraiment, la société est passée au crible et les questions de famille, inné et acquis, du bonheur à tout prix mettent le lecteur mal à l'aise.
   
   La force de ce roman est que l'auteur nous manipule et on ne peut lâcher cette histoire très violente.
   
   A travers la voix du narrateur, Paul, nous nous faisons une opinion des autres. Mais cette opinion est faussée en raison de la personnalité pychiatriquement compliquée de Paul.
   
   Même si l'écriture n'est pas toujours à la hauteur, il reste un récit captivant, une histoire très forte où le lecteur, malgré lui, se sent concerné par les évènements.

critique par Marie de La page déchirée




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