Lecture / Ecriture
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Le bouc émissaire de Daphné du Maurier

Daphné du Maurier
  Le Monde infernal de Branwel Brontë
  Le Général du Roi
  L'Auberge de la Jamaïque
  Rebecca
  L'Amour dans l'âme
  Le bouc émissaire
  La maison sur le rivage
  La chaîne d'amour
  Le vol du faucon
  Ma cousine Rachel

Ecrivain britannique, née en 1907 et décédée en 1989.

Tatiana de Rosnay lui a consacré un livre : Manderley for ever.

Le bouc émissaire - Daphné du Maurier

Un bon moment de détente
Note :

   C'est Gore Vidal qui m'a amenée à lire Daphne du Maurier.
   Je vois parmi vous que ceux qui connaissent un peu ces deux-là ont violemment sursauté, car ils savent qu'ils se haïssaient, et pourtant, rien n'est plus vrai que ma première phrase. Je n'avais absolument jamais jusqu'alors éprouvé le besoin de plonger mon grand nez dans un des romans de la dame, malgré le bien que j'avais pu entendre de "Rebecca" ou de "l'auberge de la Jamaïque", mais quand j'ai lu tout le mal que Vidal en disait!... j'en ai conclu qu'il fallait absolument que j'aille voir cela de plus près:
   "Elle avait également une confiance en elle à toute épreuve, propre à l'auteur de best-sellers qui ne soupçonne même pas l'existence d'un monstre aux terribles griffes acérées et à l'estomac prêt à tout engloutir, un monstre qui s'appelle la littérature."

   
   Comme quoi, une mauvaise, et mieux encore très mauvaise, critique peut faire plus qu'une bonne pour la promotion d'un livre. Et pour ne pas laisser à Vidal l'exclusivité du rôle du méchant, précisons que de son côté, Daphné, fort prisée à Hollywood, allait partout en disant qu'il avait complètement massacré son roman "Le bouc émissaire" sur le scénario duquel il avait été script doctor.
    "J'étais, disait-elle aux autres, 'le petit pisse-copie de Hollywood', ce qui n'était pas complètement faux."
   Mais pas complètement vrai non plus, comme elle aurait dû le comprendre. C'est à cette occasion d'ailleurs qu'ils avaient pu mesurer à quel point ils étaient incompatibles. N'ayant pas vu le film, je ne donnerai aucun avis à ce sujet, mais le roman lui, est très loin d'être aussi mauvais que Vidal le disait. L'irritation l'aveuglait. Peut-être pas sur la valeur littéraire du livre qui est, il est vrai très raisonnable, mais en tout cas sur l’intérêt de l'intrigue romanesque et l'habileté à garder le lecteur captif. La psychologie des personnages aussi est bonne et j'ai bien aimé la fin un peu inattendue et si pragmatique...
    Bien sûr, on est loin des imaginations flamboyantes de son rival. Ce n'est pas du tout le même registre. Mais le lecteur n'a pas à choisir, il peut faire son miel de tout ce qui lui plait.
   
   L'histoire? Eh bien pour faire court : Un universitaire anglais si francophile et pétri d’histoire de France que tout le monde le prend pour un Français, visite la Mayenne, de vieilles archives en vieilles archives, en vrai rat de bibliothèque qu'il est. De village pluvieux en auberge triste, il rumine sur son existence si solitaire et se demande de plus en plus s'il n'a pas raté sa vie en la consacrant entièrement à ses recherches historiques.
   Un soir il a la stupéfaction (partagée) de rencontrer dans un bar son sosie absolu qui lui, est un aristocrate déchu et ruiné qui ne parvient plus à faire illusion et a fui famille et château où la situation est devenue intenable. Fêtant cette prodigieuse rencontre et buvant beaucoup, ils imaginent qu'ils échangent leurs existences, chacun trouvant celle de l'autre bien plus intéressante que la sienne. Au réveil, l’universitaire constate que le Comte a disparu, ayant fait l'échange de toutes leurs affaires.
   ...
   
   
   Titre original : The scapegoat

critique par Sibylline




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