Lecture / Ecriture
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La vie à deux de Dorothy Parker

Dorothy Parker
  La vie à deux
  Mauvaise journée demain

Dorothy Parker (1893 -1967) est une poétesse et scénariste américaine, connue pour son humour caustique, ses mots d'esprit et le regard acéré qu'elle porte sur la société urbaine du XXe siècle
Pour Hollywood, elle a écrit , souvent en collaboration, les scénarii d’Une étoile est née (1937), de La Vipère de William Wyler (1941), Cinquième Colonne d'Alfred Hitchcock (1942), d’Une vie perdue(1947) et de L'Éventail de Lady Windermere d'Otto Preminger (adaptation de L'Éventail de Lady Windermere d'Oscar Wilde, 1949.
Dans les années 1950, elle fut une des victimes du maccarthisme et inscrite sur la liste noire du cinéma.
Elle mourut seule dans une chambre d'hôtel avec son chien et une bouteille d'alcool à l'âge de soixante-treize ans.
Elle légua ses biens au mouvement de Martin Luther King

La vie à deux - Dorothy Parker

A ne pas rater
Note :

   On ne présente plus Dorothy Parker, le joyau du Roundtable de l'hôtel Algonquin, ce cercle d'écrivains des Années Folles où se côtoyaient, entre autres, James Thurber (excellent, que je recommande), George Kaufman, etc.
   Son style éblouissant, et son sens de l'observation lui ont fait gagner ses lettres de noblesse, notamment avec cette "Vie à deux" où malgré cette peinture de la vie de couple l'amour est presque totalement absent. La rancœur, l'ennui, la solitude, les désillusions en revanche sont le lot de ces femmes et de ces hommes, coincés dans leur vies monotones et étriquées. Les femmes noient leurs chagrins et leurs désillusions dans l'alcool, sont le plus souvent sottes et bornées, les hommes sont veules, égoïstes et lâches. Et avouons-le, l'époque à laquelle se passent ces histoires est sans importance, ces personnages, nous les connaissons. Il y a un peu de nous, ce sont nos voisins, nos amis, c'est notre société actuelle car enfin, l'humanité change si peu...
   
   Parmi mes préférées : "Quel dommage!" où un couple modèle que l'ennui tue à petit feu finit par se séparer, "la grande blonde" qui raconte la déchéance d'une femme, personnage pathétique dont la fin n'est pas sans évoquer la propre fin de l'auteur, "M Durant", le portrait du salopard qui sommeille sous le vernis des bonnes manières, la plus pathétique certainement, avec "La jument" qui évoque la solitude dans ce qu'elle a plus terrifiant, "Arrangement en noir et blanc", oppose une assemblée de beaux esprits blancs venus saluer un pianiste virtuose noir, dégoulinants d'hypocrisie, où le racisme suinte à chaque pore de leur peau, et enfin, la plus poignante, "Vêtir ceux qui sont nus" où aucun gramme d'humour ne vient relever ce chef-d’œuvre de cruauté.
   
   Passer à côté de Dorothy Parker serait presque un crime, d'autant plus impardonnable que son œuvre, en tout cas traduite en français, tient en quatre ou cinq livres, notamment des recueils de nouvelles. Moi en tout cas, j'ai eu un véritable coup de foudre pour cet écrivain.
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critique par Folfaerie




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La vie pas si mondaine de Miss Parker
Note :

    Les nouvelles de Dorothy Parker sont d'une précision entomologique. Et ses personnages ne sont pas loin d'être des insectes s'agitant dans leur microcosmos souvent newyorkais comme en un bocal, mais un bocal upper class (quelques exceptions cependant). Seize nouvelles dans le recueil "La vie à deux", et autant de joyaux ironiques, facétieux même et pourtant graves sur le thème fameux de l'incommunicabilité des couples. Comme toujours pour les nouvelles je n'en évoquerai que quelques-unes, chacune ayant son charme, étonnant alors que l'idée semble presque identique.
   
    La dernière, "Les bonnes amies," met en scène une femme rendant visite à une de ses amies, malade ou dépressive. Poussant à l'extrême, Parker ne donne en fait la parole qu'à la visiteuse en un ahurissant monologue puisque, toute à sa prévenance et à sa "compréhension" elle ne laisse jamais à l'autre, "l'assistée" le temps de dire un mot. C'en est presque désopilant, tragi-comique... et très facilement transposable à... vous ou moi.
   
    "Sentimentalité" se passe dans un taxi où une femme pleure les heures enfuies, se remémorant les lieux de la ville témoins de son bonheur. Toute à son chagrin elle confond les rues... Le coup de téléphone, est un minidrame, une femme attend, attend, attend... Le téléphone, damné objet du quotidien (que dirait Dorothy Parker de ce que ce truc est devenu, parfois génial et plus souvent odieux), ne sonne pas. La femme attend, attend... Ces petits dialogues entre époux, ou ces absences de dialogues. Le calme avant la tempête, sinistres objets du quotidien
   
    Tristesse de vêtir ceux qui sont nus ou Le petit Curtis, un autre monde, prolétaire et parfois noir de peau. Je n'attendais pas Miss Parker sur ces rivages, très sobres et très prenants. Plus variées que je ne l'imaginais, les vignettes littéraires de "La vie à deux" sont une vraie réussite.

critique par Eeguab




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