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La mort en cinquième position de Edgar Box

Edgar Box
  La mort en cinquième position

Edgar Box est un des pseudonymes utilisés par Gore Vidal pour publier quelques romans policiers.

La mort en cinquième position - Edgar Box

Plaisante fadaise policière
Note :

   Edgar Box est un des pseudonymes utilisés par Gore Vidal pour publier quelques romans policiers.
   Soyons franc, malgré tout son talent, Gore Vidal n'a pas publié que des œuvres impérissables, auteur de théâtre radiophonique, il a également donné dans le roman policier en préférant discrètement utiliser un pseudonyme. C'est ainsi que nous vîmes naître Katherine Everard, Cameron Kay et Edgar Box.
   
   Sous ce dernier pseudonyme, il publia des romans policiers dont le personnage récurrent était Peter Sargeant - trois à ma connaissance. (Attention "La mort l'aime chaud" et "Feu d'enfer" sont un seul et même livre).
   
   Peter Sargeant est un sémillant jeune homme, très porté sur la jeune femme pas trop farouche et sensible aux charmes de la vie facile. En dehors de cela, et comme il faut bien vivre, il est agent de relations publiques auprès du show biz, à New York. Ce qui lui permet de nager dans le milieu qu'il aime... et d'aimer les membres du milieu où il nage puisqu'il va ici tomber amoureux de la danseuse du ballet qu'il est chargé de promouvoir.
   
   La danseuse étoile étant accidentellement décédée (la 5ème position du titre est celle des danseuses), la demoiselle de ses pensées se voit promue au rang de vedette, et accessoirement de suspect n°1 puisque le décès relève du meurtre et non de l'accident et moins encore du suicide. Mais comme de son côté, notre héros a malencontreusement touché et déplacé l'arme du crime... les mensonges s'enchainent, les véniels se mêlant aux mortels et tout se complique.
   
   C'est bien écrit. La connaissance que Vidal a du milieu fait merveille et on a une intrigue qui se tient correctement. On retrouve l'humour de G. Vidal "Ses yeux étaient gris et mobiles, comme ceux de tout honnête homme, à en croire les psychologues qui prétendent qu'il n'y a rien d'aussi déloyal qu'un regard franc et imperturbable."
   On retrouve ses remarques ironiques sur le fonctionnement américain de la démocratie "Pour protéger notre cher mode de vie et (s)es idéaux (...) le travail subversif d'artistes comme Wilbur doit être interdit.(...) Dans une vraie démocratie il n'y a pas de place pour une différence d'opinion sur de grands problèmes."
   Et on sourit au plaisir secret qu'il a pu prendre à écrire des choses à double sens comme (réflexion du héros hétéro de l'histoire) "et -qui sait?- peut-être n'y a-t-il pas tant de différence entre sauter un garçon et faire la même chose avec une fille ; tout cela est très déroutant et j'ai bien l'intention, le jour venu, d'y réfléchir posément."
   
   En conclusion, rien de transcendant, mais un moyen agréable de passer une après-midi pluvieuse, une soirée vide ou un trajet un peu long, si on aime les whodunit de facture classique. Et je crois que j'ai "La mort en tenue de soirée" quelque part dans la maison, je vous en parle si je le retrouve.
   
   
   Aventures de Peter Sargeant
   
   Death Before Bedtime - 1953 (La Mort en tenue de soirée)
   Death in the Fifth Position - 1954 (La mort en cinquième position)
   Death Likes It Hot – 1954 (La mort l'aime chaud)

critique par Sibylline




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