Lecture / Ecriture
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Le club Jane Austen de Karen Joy Fowler

Karen Joy Fowler
  Le club Jane Austen
  Nos années sauvages

Karen Joy Fowler est une écrivaine américaine de science-fiction et de fantasy née en 1950 dans l'Indiana.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le club Jane Austen - Karen Joy Fowler

Un régal !!
Note :

   Un livre très, très agréable à lire et dans lequel j’ai admiré l’érudition, apprécié tout ce qu’il m’avait appris sur l’œuvre de Jane Austen sans jamais être pontifiant, adoré la construction complexe et fine qui a présidé à sa rédaction, me suis intéressée aux personnages et à l’histoire et dont le style a gagné toute mon estime.
   Que dire de plus ?
   Pour les personnages principaux, ils sont six : cinq femmes et un homme qui se réunissent tous les mois pour discuter d’un livre de Jane Austen choisi par avance; mais qui se fréquentent également parfois en dehors de ces réunions. Ce genre de club de lecture semble assez courant aux USA, mais en France, pour ma part, je n’ai jamais rencontré l’équivalent. Ce qui ne veut pas dire que cela n’existe pas.
   Pour vous expliquer le genre de personnes que sont ces six là, je dirais bien qu’ils m’ont fait penser aux personnages de Desperate housewives. C’est à peu près ainsi que je les imagine. Jocelyn, la meneuse du groupe est éleveur de chiens (des rhodésian ridgeback, chiens peu courants en France, mais qu’il se trouve que je connais), et K.L Fowler a trahi à cette occasion de vraies connaissances du milieu canin, ce qui n’a pu que renforcer mon intérêt tout en m’étonnant un peu.
   Ces six membres du club se réunissent donc chaque mois chez l’un d’eux pour parler d’un des 6 romans principaux de Jane Austen, discussion qui sera menée par l’invitant (c’est lui qui a choisi le roman) et par Jocelyn, qui a créé ce groupe de lecture.
   Pour la construction, nous nous retrouvons donc avec des chapitres qui correspondent à un mois (celui de la réunion), à un personnage (l’invitant) et à un roman. Durant tout ce chapitre, le récit se trouve centré sur le personnage en question, dont l’on découvre ainsi la vie présente et passée et la psychologie. Sa vie justement, se trouve toujours reprendre un des éléments du roman d’Austen qu’il a déclaré préférer et pour lequel il a invité les autres. Loin de paraître artificiel, Fowler arrive au contraire à nous faire penser que ce sont ces parts de sa réalité qu’il a pu y retrouver qui ont causé l’attachement du personnage à ce roman.
   Ce livre m’a étonnée pour l’habileté de l’application du procédé, la finesse de l’étude psychologique, le naturel des situations. C'est un roman où il n'y a pas un personnage principal, mais six (sept en comptant Jane Austen) et où la question de savoir qui est la narrateur nous taraude.
   Ce sont tous ces éléments qui ont fait que j’ai vraiment pris grand plaisir à le lire et que je vous le conseille sans réserve, que vous connaissiez déjà ou non l’œuvre de Jane Austen.
   Pour tout arranger, le roman lui-même est suivi de documents amusants et peut-être pas évidents à trouver sur l’œuvre d’Austen –ce qui augmente leur intérêt-, à savoir les jugements de ses proches tout d’abord, puis des critiques littéraires de l’époque jusqu’à maintenant, émises sur ses romans. (Un de ses amis d’enfance n’hésitant pas à déclarer qu’il n’avait même pas lu le livre parce qu’ «On» lui avait dit qu’il était mauvais. Avec des amis comme ça…)
   Je n’hésite pas quant à moi à déclarer que ce roman de Karen Joy Fowler est bon et à vous conseiller de ne pas vous priver du plaisir de le savourer.
   
   PS! "Quand tout va mal. Rien ne vaut Jane Austen." (p.13)
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critique par Sibylline




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Des héroïnes dignes de Jane Austen
Note :

   Un club de lecture autour de Jane Austen, pourquoi pas ?
   
   Jocelyn, célibataire, chez qui a lieu la première rencontre est celle qui a eu l'idée de ce club.
   
   Elle a réuni cinq personnes autour d'elle et en tout premier lieu Sylvia, qu'elle connaît depuis 40 ans et qui est en train de se séparer de Daniel après 32 ans de mariage. C'est d'ailleurs probablement pour occuper Sylvia pendant cette période difficile qu'elle a eu l'idée de ce club. Allegra, la fille de Sylvia et Daniel, fait aussi partie de ces réunions ainsi que Prudie, professeur de lycée et authentique passionnée de Jane Austen. A 28 ans, elle est la plus jeune du groupe. Face à elle, Bernadette, 67 ans, est la plus âgée. Elle ne se regarde plus dans la glace et regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt ! Elle ne souhaitait que des femmes dans ce club, pourtant Grigg, la quarantaine, que personne ne connaissait hormis Jocelyn qui l'a rencontré à une convention de science fiction, va se joindre à elles. Toutes se demandent d'ailleurs à qui Grigg est destiné car elle connaissent suffisamment Jocelyn pour savoir qu'elle a une idée derrière la tête en intégrant un homme dans ce club.
   
   Mais bien sûr le récit de la vie du club n'est qu'un prétexte pour revenir sur la vie de ses six membres, leurs parcours, leurs déceptions, leurs amours passées, présentes et à venir...
   
   
   J'ai beaucoup aimé ce livre. D'abord la forme de rencontres littéraires m'a séduite. Prendre comme contexte la réunion d'un comité de lecture pour parler de ses membres est une façon originale de raconter une histoire. Ensuite se référer aux romans de Jane Austen est intéressant. Il n'est pourtant pas nécessaire d'en connaître l'oeuvre -un récapitulatif à la fin du livre peut aider-, cela donnerait plutôt envie de la lire ou de la relire même si ce livre n'est pas à proprement parler une "thèse" sur son oeuvre mais plutôt le fil conducteur qui permet de revenir sur des événements importants de la vie de chacun. Enfin bien que ce soit un récit lent et intimiste comme je les aime, le suspens n'est pas absent de cette histoire et on se demande comment cela va finir et ce qu'il va se passer dans la vie des protagonistes. Et effectivement certains événements auront lieu et la vie de certains membres sera transformée à la fin du livre.
    Un récit doux que je vous recommande. A lire au coin du feu…
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critique par Clochette




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Cette bonne vieille Jane
Note :

   Séduite par son titre et alléchée (telle le corbeau) par ce que j'ai pu en lire ici ou là, je me suis décidée à me lancer dans Le club Jane Austen de Karen Joy Fowler.
   
   De nos jours (ou presque), un club particulier s'ouvre en Californie. Il réunit cinq femmes unies par leur amour de Jane Austen et de son œuvre, et un homme, qui ne sait guère, le malheureux, où il a mis les pieds. Sur une année, nous allons suivre les péripéties quotidiennes, familiales, amoureuses, professionnelles de ces personnages. Jocelyn et ses chiens, Sylvia et son mari volage, Allegra et ses amours difficiles, Prudie et son français adoré... Toutes et tous cachent des blessures, des amours, un passé dont ils vont se faire l'écho l'un après l'autres. Six livres, six réunions vont scander ces récits de vie.
   
   Les personnages sont attachants. Il est agréable de les suivre, de découvrir ce qu'ils cachent sous la façade qu'ils présentent au monde, ce qu'ils pensent les uns des autres. Rien de bien particulier ne se passe. C'est vraiment une chronique de la vie quotidienne, rythmée par ces rencontres et ces échanges autour de Jane Austen. Parfois un peu longuette, mais jamais désagréable. On se prend d'amitié pour les uns et pour les autres.
   
   Il va sans dire que l'auteur apprécie cette vieille Jane. Mais finalement, elle n'est qu'un prétexte. J'ai d'ailleurs été un peu déstabilisée au départ. Je cherchais un rapport entre les œuvres qui scandent le passage du temps et les aventures des personnages, un rapport qui n'existe pas, ou alors que je n'ai pas trouvé. Reste des idées amusantes, des réflexions originales ou pas sur une œuvre que j'apprécie, à titre personnel, énormément. Rien que pour se retrouver entre amoureuses de cette œuvre, cette lecture valait la peine d’être faite. Et puis aussi des réflexions sur la lecture, sur le partage. On se retrouve un peu dans ces passionnées qui regardent d'un (assez) sale œil qui ose profaner l'Œuvre! Qui n'a pas eu ces marottes un peu exclusives!
   
   Bref, un roman agréable à lire, qui va tranquillement son petit bonhomme de chemin. Pas nécessaire en plus d'avoir lu Jane Austen pour comprendre, même si je pense qu'il faut connaître un minimum son œuvre pour réellement apprécier. Rien d'inoubliable, mais un bon moment de lecture.
   
   "En fait, c'est Austen qui écrit les livres vraiment dangereux, continua Allegra. Des livres auxquels les gens croient vraiment, même des siècles plus tard. Que le courage sera reconnu et récompensé. Que l'amour prévaudra. Que la vie est une belle histoire d'amour."
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critique par Chiffonnette




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Bienvenue au cub!
Note :

   C'est grâce à la blogosphère littéraire que je me suis lancée dans la lecture des romans de Jane Austen! Je n'avais vu que le film "Raison et sentiments" dont j'avais adoré l'atmosphère et le sujet traité. Remettant toujours à plus tard la découverte du roman éponyme, je suis tombée un jour sur des blogs de lectrices confirmées de Jane Austen, j'ai commencé avec "Lady Susan" et Austen a fait ma conquête! Aussi, lorsque j'ai lu un billet consacré à "Le club Jane Austen", j'ai acheté le roman de Karen Joy Fowler!
   
   Comme je ne suis pas encore une lectrice accomplie de l’œuvre austenienne, je nourrissais quelques craintes en ouvrant les pages du roman. En effet, je n'ai pas lu tous les romans d'Austen et ne connais pas encore à fond les titres phares "Emma" "Raison et sentiments", "Mansfield Park", "Northanger Abbey" et "Persuasion" (mais j'avais lu "Orgueil et préjugés"!). Je me disais que je ne parviendrais pas à surmonter ce handicap dû à mon inculture austenienne. Mais c'était sans compter sur le guide du lecteur concocté par l'auteur qui m'a permis de saisir l'atmosphère de chacun des romans abordé dans "Le club Jane Austen".
   "En ce début de XXIè siècle, un club singulier voit le jour en Californie. Comme d'autres jouent au bridge, cinq femmes et un homme se rencontrent régulièrement autour de l’œuvre de Jane Austen...."
   
   Le prologue est astucieux: il met en place les multiples perceptions de l'auteur selon le lecteur qu'est chaque personnage du roman (mais aussi chaque lecteur du roman). En effet, chaque lecteur d'Austen se fabrique sa Jane Austen. Le lecteur fait connaissance avec Jocelyne, Bernadette, Sylvia et sa fille Allegra, Prudie et Grigg.
   Le rythme du roman épouse celui des mois: à chaque mois son roman austenien et son personnage. Au fil des chapitres, le lecteur apprend les menus faits de la vie intime des personnages, petits échos des personnages austeniens. L'écriture est tout en finesse, en subtilité à l'image des romans de Jane Austen. On y retrouve l'atmosphère particulière d'une société feutrée où l'ironie sagace d'une Jane Austen n'aurait pas dépareillé. Le fin connaisseur de l'univers d'Austen retrouve, dans une agréable polyphonie, les voix de ses héroïnes mêlées aux thèmes chers de l'auteur. La vie personnelle des membres du club résonne au fil des rencontres, des échanges sur les lectures communes.
   
   Jocelyne est une cinquantenaire dynamique aimant s'occuper des autres et farouchement attachée à sa liberté, Sylvia, sa meilleure amie, est en pleine séparation et s'interroge sur son devenir de femme, Allegra porte son mal de vivre et ne souhaite qu'une chose, être aimée pour elle-même, Prudie, professeur de français, aux airs de précieuse parfois ridicule, semble timide et effacée, Bernadette, aux nombreux mariages, a jeté aux orties le miroir des apparences et promène sa personnalité fantasque sans complexe, aime être écoutée et aime s'entendre parler, Grigg, seul homme du club, apparaît comme un ovni lorsqu'il sort son exemplaire, neuf!, des œuvres complète de Jane Austen (est-il vraiment fiable? Connaît-il vraiment Austen et son écriture? A-t-il sa place dans le cercle?). En les côtoyant au fil des chapitres et des romans d'Austen, le lecteur se prend à penser que chaque personnage est en quête d'amour, est en quête d'une place de choix dans le cœur d'un autre: chacun serait-il à la recherche de son Darcy et le trouvera-t-il après bien des tours et détours dans méandres des soirées ou le contournement tant de l'orgueil que des préjugés?
   
   Karen Joy Fowler, autour des ressentis de lecture des romans de Jane Austen de chacun de ses personnages, explore leurs relations nouées ou dénouées: la rencontre, au lycée, de Sylvia et Jocelyne, leur "échange" de petit ami, le comment de la séparation de Sylvia et son mari, la vie maritale riche et diverse de Bernadette, les soucis de Prudie, l'enfance particulière de Grigg, seul et unique garçon dans une tribu de filles au caractère bien trempé (mais qui volent au secours de leur frère comme un seul homme!), et son amour pour la Science-Fiction, la rage et les impulsions d'Allegra au cœur de sa relation amoureuse avec Corinne.
   
   Et ce curieux mélange donne un roman dans lequel on plonge agréablement (l'atmosphère du roman est reposante et calme) et dont on sort en ayant une furieuse envie de se plonger, ou se replonger, dans les romans de Jane Austen qui accompagnent les personnage du "Club Jane Austen".
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critique par Chatperlipopette




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Pas passionnant...
Note :

   J'avais lu quelques billets enthousiastes ici et là, et le fait de mettre Jane Austen à l'honneur était la raison principale de mon envie de lire ce court roman.
   Verdict? Eh bien je dois malheureusement avouer que ce fut une semi-déception...
   
   Quelques amies californiennes (et un unique homme) se réunissent plus ou moins régulièrement chez les unes et les autres pour parler des œuvres de Jane Austen, leur auteur favorite. Il y a Bernadette, plusieurs fois mariée, Jocelyn une célibataire qui s'occupe d'un élevage de chiens, Sylvia que son mari vient de plaquer et sa fille Allegra, un peu rebelle, Prudie, la jeune prof de français flanquée du mari idéal, et enfin Grigg, le fan de SF.
   
   On peut lire Jane Austen comme l'auteur de jolies histoires d'amour ayant l'avantage de se passer à un autre siècle, ou comme celle qui a su dépeindre avec finesse et ironie, son milieu social. Karen Joy Fowler a tenté de concilier à la fois son admiration pour Austen et l'envie d'écrire une petite chronique sur ce petit noyau de femmes toutes plus ou moins issues du même milieu.
   
   Le hic c'est qu'en dehors des considérations et remarques sur l’œuvre de la romancière anglaise, je n'ai guère été intéressée par le reste, c'est à dire les tribulations sentimentales du petit groupe. Evidemment, Fowler a cherché à établir un parallèle entre les œuvres d'Austen et la vie de ses propres personnages, elle s'en explique dans le prologue et le résume en une phrase "Chacun de nous possède sa propre Jane Austen". Seulement, j'ai trouvé tout ceci fort plat et ennuyeux, je n'y ai vu aucune finesse, c'est banal, sujet mainte fois traité et avec plus de talent. Aucune fantaisie, peu d'humour. Un hommage quelque peu raté.
   
   Je me dois tout de même de signaler quelques points positifs : la couverture est jolie, détail d'une peinture de Timothy Easton, Karen Joy Fowler a eu la bonne idée de de placer en fin de volume un florilège d'avis sur l’œuvre de Jane Austen, que ce soit des membres de sa famille, des amis, d'autres écrivains, etc. La palme de la remarque la plus odieuse et la moins justifiée, on la doit à ce cher Mark Twain...
   
   Enfin, l'auteur me reste sympathique non seulement pour avoir fait de Jane Austen l'héroïne principale de son roman, mais aussi pour la petite proposition de Grigg, à la fin du roman, d'entamer d'autres discussions littéraires autour de... Patrick O'Brian!
   
   En résumé, un petit roman vite lu et vite oublié.
   
   A noter : un film de Robin Swicord a été adapté de ce roman, sorti en 2007 avec : Maria Bello, Amy Brenneman, Jimmy Smits, Kathy Baker, Emily Blunt et Hugh Dancy. Je ne l'ai pas vu, mais le regarderai par curiosité si jamais il passe, un jour prochain, dans la petite lucarne...

critique par Folfaerie




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