Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Journal du Missouri de J. J Audubon

J. J Audubon
  Journal du Missouri

John James Audubon (Jean-Jacques Audubon) était un ornithologue, naturaliste et peintre franco-américain né en 1785 et décédé en 1851. Il est en particulier connu pour son important ouvrage "Oiseaux d'Amérique" aux illustrations remarquables.

Journal du Missouri - J. J Audubon

Un quotidien platounet (mais massacrant)
Note :

    Ce "Journal du Missouri" peut se lire comme un document, un témoignage. En aucun cas comme un roman et encore moins comme une œuvre littéraire. J'ai déjà évoqué Audubon et ses célébrissimes planches ornithologiques, somptueuses et rêveuses. 1843, Audubon et ses collaborateurs remontent le Missouri sur un bateau de trappeur, s'enfonçant vers l'Ouest en territoire indien. Audubon rapporte des faits, des descriptions, des chiffres surtout. Et, honnêtement, l'on s'ennuie assez vite, tout en replaçant ce récit dans son contexte historique qui considérait les animaux comme de la viande et les Indiens à peine mieux. Après ses "Oiseaux d'Amérique" le naturaliste dessinateur veut créer un équivalent qui s'appellerait "Les quadrupèdes vivipares d'Amérique" et pour cela il faut, toujours plus avant, pénétrer le "Wilderness".
   
    Depuis toujours passionné par l'histoire de l'Ouest j'eusse aimé écrire un billet enthousiaste et ébloui mais, et Michel Le Bris l'indique dans sa préface, les hommes ne sont que ce qu'ils sont. Et Audubon et ses hommes ne sont pas particulièrement fréquentables du moins à l'aune de notre XXIème Siècle. Il décrit certes assez bien le fleuve, les bancs de sable, le périple jusqu'à la Yellowstone River en un voyage laborieux et chaotique. Une obsession, dessiner comme on dégaine, vite et beaucoup et comme on ne connaît pas la photo, dessiner c'est tuer. Je devrais dire c'est massacrer. A chaque page, je n'exagère pas, l'un ou l'autre tire et tue, et tout y passe. Du bison qu'ils disent pourtant déjà en voie de diminution au chien de prairie, du canard au bighorn, sorte de mouflon, de l'écureuil au wapiti. C'est lassant et l'intérêt s'émousse assez vite. N'étant pas un auteur Audubon est très répétitif et on se doute que l'écologie n'est guère la préoccupation de ces voyageurs. Les loups sont par exemple une quinzaine de fois appelés brigands, gredins, scélérats. Allègrement décimés pour leur peau que souvent d'ailleurs on laisse sur place quand l'animal est maigre. Bien connus ils n'ont pourtant nul besoin d'être croqués par un crayon quelconque. Des centaines de bisons abattus dont on ne prélève que les meilleurs morceaux, on n'a pas attendu Buffalo Bill.
   
   Il me faut bien convenir que les Red n'ont ici plus beaucoup de power. Concernant les Indiens un western classique sera encore un plaidoyer par rapport aux termes dont les affuble Audubon. Crasseux et mendigots sont les épithètes les plus courants pour les définir. Vous ne trouverez dans "Journal du Missouri" aucun chef charismatique, aucun guerrier de noble allure, aucun grand chasseur de surcroît. La plupart, tels des charognards, se contenteraient même des restes de gibier laissés sur place par les conquérants. Avouez que c'est un comble. Ce n'est malgré tout pas le plus grave car il faut toujours resituer. Non, le plus grave c'est que je n'ai senti ni souffle, ni lyre, ni poésie des grands espaces. Ce voyage ne fera pas partie de mes grands souvenirs d'aventures aux livres.
   
    Pour Audubon, si peu écrivain, revenons-en aux fondamentaux, ceux de l'impérial peintre des oiseaux.

critique par Eeguab




* * *