Lecture / Ecriture
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Le styliste de Alexandra Marinina

Alexandra Marinina
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Le styliste - Alexandra Marinina

Radioscopie des bouleversements économiques de la société russe
Note :

   Ancien officier de la police russe, Alexandra Marinina s'inscrit dans la famille, en pleine expansion, des auteurs de polars qui non contents de ficeler des intrigues mitonnées aux petits oignons, sont aussi désireux de prendre le pouls de la société dans laquelle ils vivent. Et si j'en juge d'après "Le styliste", elle compte bel et bien parmi les maîtres du genre.
   
   Anastasia Kamenskaïa, officier de la Brigade criminelle de Moscou et héroïne récurrente d'Alexandra Marinina, mène ici une double enquête. L'une, officielle, sur la piste d'un kidnappeur et meurtrier en série, qui prend pour cible de jeunes garçons. L'autre, officieuse, entamée presque par hasard, l'amenant à fouiller les zones d'ombre du passé d'un ancien amant, brillant orientaliste et traducteur pour une des innombrables maisons d'édition qui ont vu le jour après la chute du communisme.
    Les investigations d'Anastasia Kamenskaïa l'amènent donc à effectuer la radioscopie d'un marché du livre alors en pleine expansion, et des mutations de l'économie russe. L'écriture d'Alexandra Marinina, à la rigueur toute militaire, privilégie l'efficacité sans jamais donner l'impression d'être bâclée (bien au contraire, "Le styliste" nous offre un bel hommage à la poésie chinoise et japonaise). Et les descriptions d'une société russe en proie à de profonds bouleversements sont parfaitement intégrées à la progression de l'intrigue, si bien qu'on ne s'ennuie pas une minute. Cette première lecture d'un roman d'Alexandra Marinina m'a séduite. Et j'en redemande!
   
   Extrait:
   "(...) Essipov n'était pas encore devenu un véritable éditeur. Il n'avait toujours pas saisi que, si l'auteur n'écrit pas, il n'y a rien à publier. La richesse et le prestige importent peu: une maison d'édition ne saurait survivre sans le travail des auteurs. Si ces derniers ne lui apportent pas leurs ouvrages, elle finira par disparaître comme une bulle de savon. Voilà pourquoi il fallait avoir une bonne politique à l'égard des écrivains: les apprécier, les gâter et même leur lécher les bottes de temps en temps. C'est l'auteur qui nourrit l'éditeur et non l'inverse, et tant qu'Essipov n'aurait pas compris cela le succès de Shere Khan demeurerait fragile. Ils resteraient des gagne-petit." (p. 166)

critique par Fée Carabine




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