Lecture / Ecriture
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Envoyez la fumée! de Ed McBain

Ed McBain
  Cash cash
  La rousse
  Un poulet chez les spectres
  Vêpres rouges.
  La cité sans sommeil
  Isola Blues
  Le frumieux Bandagrippe
  87e District (Tome 3)
  Nocturne
  Coup de chaleur
  Envoyez la fumée!
  Mourir pour mourir
  87ème district (Tome 1)
  Dix plus un

AUTEUR DU MOIS D'AOUT 2005

Ed Mc Bain, de son vrai nom Salvatore Lombino est né en 1927. Il est mort en 2005 d'un cancer. Il a écrit de très nombreux polars qui se sont vendus à plus de 100 millions d'exemplaires dans le monde. Il a également participé à la rédaction de nombreux scénarios (« Les Oiseaux » pour Hitchcock ou pour la série Colombo, entre autres).


Il a surtout connu le succès avec son équipe du 87ème commissariat d'Isola, ville qu'il n'a pas hésité à inventer totalement pour les besoins de sa série commencée dans les années 50, et qui l'a accompagné ensuite toute sa vie.

Il a également publié d'autres romans policiers sous le nom d'Evan Hunter.

Envoyez la fumée! - Ed McBain

Dingues et macchabées
Note :

   Titre Original : Where There’s Smoke
   
   
   L’inspecteur Smoke (d’où le titre) est en retraite mais n’arrive pas vraiment à décrocher de son métier. Et parce qu’il a un jour résolu une affaire de bijoux volés, il se croit en droit de mener cette nouvelle enquête qui concerne une affaire de cadavres volés cette fois.
   
   Donc on vole un cadavre. Puis on le restitue. Puis on en vole un autre, un meurtre est commis lors de ce vol. Une fille croit dur comme fer qu’elle est Cléopâtre réincarnée et Benjamin Smoke se retrouve au milieu de tout ça. Cette affaire à l’apparence très embrouillée est simplissime et le lecteur, parvient, avec un minimum de gamberge, à la résoudre au milieu du roman dont l’intérêt se situe dans ses descriptions de quartiers de la grande ville – dont on ignore le nom – est-ce New York ou Washington? – certaines rues sont même estampillées avec des lettres : "avenue L" ; "Boulevard X" … Bref, on assiste à la narration d’un urbanisme déshumanisé (nous sommes au milieu des années 70, le roman datant de 1975) où les noirs s‘entassent des immeubles délabrés, les Porto -Ricains prennent la suite des appartements des Américains blancs.
   
   Cet "univers impitoyable" fragilise les bonnes volontés de ceux qui voudraient s’en sortir, notamment lorsque qu’ils ont un passé de délinquant et reste à l’image des frustrations policières de notre narrateur qui croit détenir l’affaire du siècle dont la banalité l’afflige bien vite. Il en voudrait presque aux protagonistes de leur manque d’imagination.
   
   Et on en veut un peu à Ed Mc Bain de nous livrer ce "petit polar" sans doute écrit dans la foulée d’une production devenue machinale. Son narrateur ne manque pas d’intérêt puisqu’il réussit à s’en moquer tant l’affaire est d’une rare évidence. Il s’y croit, un peu, le Benjamin Smoke! Et là où Ed Mc Bain est fort, c’est qu’il, évite le cliché du vieux expérimenté qui veut en remontrer au plus jeune.
   
    On notera en revanche une traduction visiblement sabotée. Rien que le titre appelait son proverbe : Il n’y a pas de fumée sans feu… ça collait bien avec la logique du roman en plus. Il est étonnant aussi que le même traducteur n’ait pas fait le rapprochement entre "parole officer" et "juge d’application des peines" allant jusqu’à mettre en note que le "parole officer" n’a pas son équivalent en France alors qu’il existe depuis 1958!

critique par Mouton Noir




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