Lecture / Ecriture
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Le meneur de loups de Alexandre Dumas

Alexandre Dumas
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  Georges

Alexandre Dumas, (dit aussi Alexandre Dumas père) est un écrivain français né en 1802 et mort en 1870.

Le meneur de loups - Alexandre Dumas

Lycanthropicardie
Note :

   "Le meneur de loups" nous entraîne dans les forêts d'enfance d'Alexandre Dumas. Du côté de Villers-Cotterets au XVIIIème Siècle, Thibault, un modeste sabotier un peu trop envieux va vivre pendant juste une année une malédiction, assez proche de celle de Faust. Un soir, un loup noir se présente à lui et lui propose un pacte : la possibilité de faire des vœux, à condition qu'à chaque vœu, un peu de sa chevelure change de couleur. Son pouvoir sera immense. Il pourra se venger des humiliations du lieutenant de louveterie, devenir riche, épouser la charmante Aignelette. Mais à pactiser avec le Diable on risque gros et Thibault sera conduit à la surenchère, voyant ses souhaits exaucés mais aussi dévoyés. Ses amours, ses rêves de puissance et de conquête vont lui échapper de bien lupine façon.
   
   La forêt de Retz, Dumas l'a arpentée en ses tendres années, puisqu'il est né en à Villers-Cotterets en 1802. Ecrit en 1857, "Le meneur de loups" est une incursion dumasienne dans le conte fantastique, assez rare dans sa prolifique bibliographie. L'auteur narre cette histoire à travers le garde-chasse Mocquet qui l'aurait-lui même dite au jeune Dumas de quinze ans. On comprend très vite que le défaut majeur de Thibault, cette envie maladive, deviendra une véritable haine du genre humain et finira par le briser dans ses lubies d'ascension sociale. Mais le récit est bien mené, comme la meute, non sans drôlerie. Comme je l'ai vu sur plusieurs notes il serait intéressant de lire "Le meneur de loups" en pleine forêt de Retz, Dumas ayant soigné la toponymie, très fidèle à la belle Picardie du Sud, verte, ombrageuse et propice à chasser à courre... le cerf, le loup et le sabotier.
   
   En 2002, bicentenaire oblige, on a déplacé le tombeau d'Alexandre au Panthéon. Je l'aimais mieux dans son pays d'Ourcq. Mais les Amis d'Alex l'ont plébiscité. Pourquoi ne pas réunir tous les grands écrivains en un seul lieu? Et ainsi " jacobiniser" davantage notre pays en une sorte de Père Lachaise Litterary Land.
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critique par Eeguab




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Le Diable s'habille en peau de loup
Note :

   Une fois par an, le diable se réincarne sur terre sous la forme d'un loup noir. Durant ce jour fatidique, son enveloppe mortelle le rend vulnérable. C'est pourquoi, en cette année 1780, lorsque le diable se trouve pourchassé par la meute du seigneur Jean, dans les environs d'Haramont, il va chercher refuge dans la cabane d'un pauvre sabotier nommé Thibault.
   
   La première surprise passée, Thibault décide d'accepter un pacte avec le diable. A chaque fois qu'il souhaitera du mal à quelqu'un, son vœu sera exaucé et le diable s'appropriera un cheveu de Thibault. Ce n'est pas que le sabotier soit un mauvais homme. Mais il est pauvre, le seigneur n'a guère d'égards pour lui, et il est de plus de nature envieuse. C'est ce mauvais penchant qui entraînera Thibault à répandre le mal autour de lui. Semant l'effroi, craint par les hommes, Thibault n'a plus d'autre compagnie que celle des loups avec qui il parcourt la forêt... On le devine, sa fin sera tragique.
   
   Ce roman, qui fait partie des quelques récits fantastiques de Dumas, se rapproche également de ses œuvres les plus personnelles. L'action se déroule en effet dans la région où Dumas est né, et le récit est tiré de ses souvenirs d'enfance, et plus précisément de ceux de Mocquet, l'ancien garde-chasse de son père. Sous couvert de fantastique donc, Dumas laisser percer son affection pour ces lieux qui lui sont familiers, et sa nostalgie pour cette époque heureuse.
   
   "Le meneur de loups" est également intéressant du fait de sa date de création. En effet, à cette époque le genre fantastique était en train de tomber en désuétude, ce qui n'a pas empêché l'auteur de s'y consacrer, un peu comme s'il avait voulu aller à contre-courant. D'ailleurs, qu'il s'agisse de l'atmosphère, du déroulement de l'intrigue ou des situations dramatiques, le roman est parfaitement réussi. A ce titre, il se rapproche beaucoup plus des récits allemands que des romans fantastiques anglais souvent un peu mièvres, écueil que Dumas a su éviter. On peut également y voir une réflexion, modeste il est vrai, sur la religion et la foi, la fin du roman en est d'ailleurs une parfaite illustration.
   
   Un regret personnel, toutefois : je trouve dommage que Dumas, comme tant d'autres écrivains hélas, ait choisi le loup, éternelle victime, pour terrifier le lecteur, en l'associant à toutes ces diableries.

critique par Folfaerie




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