Lecture / Ecriture
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Un jeune homme est passé-2 de Alain Rémond

Alain Rémond
  Je marche au bras du temps-4
  Les images
  Chaque jour est un adieu-1
  Un jeune homme est passé-2
  Comme une chanson dans la nuit-3
  Les romans n’intéressent pas les voleurs

Alain Rémond est né en 1946 dans le département de La Manche. Après des études de philosophie, il a été professeur d’audiovisuel puis critique de cinéma. Il a collaboré à plusieurs journaux et fut même Rédacteur en chef à Télérama (où il tenait la célèbre rubrique « Mon œil»). Il a également travaillé à la télévision participant durant plusieurs années à l’émission «Arrêt sur images» de la 5. Il travaille encore actuellement pour «Marianne» et «La Croix»

Vous trouverez une interview de cet auteur à la rubrique "Rencontres". Ainsi que des Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Un jeune homme est passé-2 - Alain Rémond

Les mots sont restés ...
Note :

   A partir d’un lot de lettres retrouvé, que son père écrivit à sa mère lorsqu’il était au service militaire, Alain Rémond (Chroniqueur et rédacteur en chef de Télérama, qui s'est fait malproprement virer de ce magazine) relate son parcours de jeune homme, depuis sa vocation et son entrée au séminaire jusqu’à ses débuts littéraires.
   
    On assiste alors à l’évolution de sa foi issue d’une famille bretonne catholique jusqu’à l’installation du doute puis sa considération de la religion catholique ( et surtout de ses rites) comme teintée de superstition.
   
   Il publie aussi un livre sur Bob Dylan qu’il vénère entre tous ; passant d’une chambre à l’autre, de rencontres en rencontres, de pays en pays (Canada, Italie…). Il y a, parallèlement, la montée de Vatican II (nom du groupe qu’il crée avec des amis sous Saint-Sulpice) et bien sûr de mai 68 jusqu’à la résignation de De Gaulle en 1969 et l’installation du régime pompidolien (qu’il exècre).
   
   Parcours de jeune homme, recherche, quête, Alain Rémond a su rendre son récit enjoué, avec une distanciation pleine d’humour, car il se prend rarement au sérieux. Très agréable à lire.
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critique par Mouton Noir




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Deuxième épisode
Note :

   Deuxième épisode de l’autobiographie d’Alain Rémond, entamée avec «Chaque jour est un adieu». Le précédent traitait de la prime enfance d’Alain rémond avec des apartés émouvants sur la relation filiale, l’amour maternel et celui, plus difficile à percevoir, avec le père.
   
   «Ils ont tous tellement de choses à me dire, à me raconter. Depuis le temps … Tu as été sévère avec ton père, me disent ceux qui l’ont bien connu, qui l’ont aimé. Si tu savais … Oui, si je savais. Ils me regardent. Me répètent : tu lui ressembles. Je les écoute, j’essaie de prendre le temps de tous les écouter, les uns après les autres, et les mots ont du mal à sortir de ma gorge. J’ai manqué mon père. Je ne l’ai pas connu comme eux l’ont connu. Et voici que je me dis, soudain, qu’il devait m’aimer. Oui, mon père a dû m’aimer. Et cette pensée, au milieu d’eux tous, m’emplit d’une grande paix.»
   
   «Un jeune homme est passé» commence avec la fin de l’enfance, de l’adolescence même, d’Alain Rémond. Et ça commence avec du séminaire puisqu’au débouché du bac, c’est vers la prêtrise qu’il se dirige. L’occasion de connaître le Québec, une première année d’études théologiques et philosophiques, une belle aventure pour un jeune breton qui n’avait pas dépassé les marches de sa province. Puis Rome où il enchaîne la suite de ses études. Rome où les choses commencent à bouger à l’Université Grégorienne, l’occasion de fréquenter des étudiants de tous horizons.
   Foi, incertitude de la foi, … Alain Rémond balance et se trouve soulagé d’avoir à accomplir son Service National pour deux années de Coopération en Algérie, dans un esprit de rachat de ce qui s’y est déroulé quelques années auparavant.
   
   Le retour à Paris est difficile, le retour à l’esprit étroit de Sainte Croix. La foi s’effrite, les certitudes aussi. Le PSU, le militantisme, et c’est un grave accident de voiture qui fera basculer son destin, lui forçant la main en quelque sorte.
   
   Alain Rémond continue sa «mise à nu» dans un bel esprit humaniste, et missionnaire aussi. Mais missionnaire pour convertir au … Dylanisme ! Où l’on apprend en effet qu’Alain Rémond est fou de Bob Dylan …
   
   Il ne s’agit clairement d’exhibitionnisme. Alain Rémond a eu une trajectoire originale. Il s’est tenu à une éthique et nous en fait profiter.

critique par Tistou




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