Lecture / Ecriture
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Une partie de chasse de Agnès Desarthe

Agnès Desarthe
  Mangez-moi
  Le principe de Frédelle.
  Le remplaçant
  Dès 09 ans: Dur de dur
  Un secret sans importance
  Dès 06 ans: Les frères chats
  Cinq photos de ma femme
  Dans la nuit brune
  Une partie de chasse
  Ce qui est arrivé aux Kempinski
  Ce cœur changeant
  V.W. (Le mélange des genres)

Agnès Desarthe est une auteure française de livres pour adultes et pour enfants, née à Paris en 1966 à Paris.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Une partie de chasse - Agnès Desarthe

Conte philosophique
Note :

   Rentrée littéraire 2012
   
   "J’aimerais mourir de mort naturelle. Je voudrais vieillir. Personne ne vieillit chez nous. Nous partons dans la fleur de l’âge"
   Cet incipit n’est pas celui d’un récit de science fiction mais celui du dernier roman -on ne peut plus réaliste- d’Agnès Desarthe.
   
   Tristan, qui n’est encore qu’un jeune homme, y part à la chasse avec trois autres villageois bien plus âgés que lui. Ce n’est pas que cela lui plaise particulièrement, mais sa femme lui a dit que la chasse est un bon moyen de s’insérer et de se faire des amis. "Tu n’auras pas besoin de tuer. Tu les accompagnes, c’est tout. Tu les imites, tu parles comme eux. Tu ris à leurs blagues. Tu les félicites. Tu leur demandes des conseils. Ils te prendront sous leur aile."
   
   Le coup part tout seul et il touche un lapin, qu’il glisse dans la gibecière que Dumestre, un des membres du quatuor, lui a prêtée. Mais Tristan ne se sent pas à l’aise dans le groupe… Pourtant, quand Dumestre fait une chute au fond d’un trou, c’est à lui qu’on demande de rester, pendant que les autres vont chercher du secours… Alors que Dumestre est immobilisé au fond du trou, les deux hommes instaurent un long dialogue, pendant que l’orage menace…
   
   Une bonne surprise que ce petit roman qui a obtenu le prix "Trente millions d’amis 2012", surnommé "Goncourt des animaux", sans doute en raison du lapin à qui il donne la parole, mais aussi d’un petit texte de 150 pages qui est un pur délice et va bien au-delà des traditionnelles charges contre la chasse. Pourquoi aide-t-on son prochain? interroge étonné le lapin à qui la parole est donnée... "Non, ce n’est pas mon petit, mais nous appartenons à la même espèce. C’est mon frère, si tu préfères. Mon frère humain." Quelques interrogations bien senties sur fond de tragédie et d’humour noir, cette fable philosophique en dit long sur les faux semblants et les apparences trompeuses.
   
   Un récit initiatique en forme de huis clos qui est aussi l’histoire familiale tragique de Tristan.
    ↓

critique par Éléonore W.




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De l’introduction du citadin en milieu rural
Note :

   Emma a envoyé Tristan à la chasse. Ils ont emménagé dans un petit village et Tristan doit s’intégrer. Le voilà donc parti avec trois acolytes pour complaire à Emma, qui le veut chasseur et viril, sinon rien. Tristan a du mal à jouer le jeu avec les trois types plus âgés que lui, dont il ne comprend pas les manières brutales, et n’aime pas le langage grossier. Le rituel de la chasse lui semble complexe. Il a tiré un lapin et l’a vite fourré dans sa gibecière. Le lapin vit encore et même s’exprime, poursuit une conversation secrète avec Tristan ; ils discutent des différences entre animaux et humains. Avec ses compagnons, en revanche c’est de plus en plus difficile… Voilà que Dumestre, le plus agressif tombe dans un trou. Les autres partent chercher du secours, et Tristan reste près de l’orifice. Il tente de communiquer avec le blessé…
   
   On peut dire de ce texte, à l’allure de fable plus ou moins philosophique, qu’il est bien écrit, et pourtant le style m’agace. Le parti pris est celui du monologue intérieur à la troisième personne, qui va avec souplesse et fluidité de Tristan au lapin, et à un troisième individu, Farnèse. Des phrases courtes et quelques bonheurs d’expression. L’intrigue est plutôt relâchée, le vécu de certains personnages (la maman de Tristan, le nommé Farnèse, Emma…) est peu crédible parce que trop outré. Mais c’est une fable et l’on ne peut pas demander à une fable d’être réaliste. Sauf que je suis en peine de trouver la moralité, ni ce qu’a voulu dire l’auteur.
   
   Extrait :
   "Me pendre, oui, très simplement, pour arrêter ce que je n’ai pas le moyen d’arrêter autrement. Me pendre pour me punir (à ces mots, un afflux de sang au ventre, à la tête, la transe du soulagement, la danse de la culpabilité vaincue), hum, comme ce serait bon d’être bonne. Mais cela ne dure pas. La punition ne saurait laver l’injure, ni faire disparaître la souillure".

critique par Jehanne




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