Lecture / Ecriture
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L'Homme de Lewis de Peter May

Peter May
  L'île des chasseurs d’oiseaux
  Meurtres à Pékin – 1
  Série chinoise – 2-3-4-5-6
  L'Homme de Lewis
  Jeux mortels à Pékin - 5
  Le braconnier du lac perdu
  L'île du serment
  Les Fugueurs de Glasgow
  Terreur sur les vignes

Peter May est un scénariste de télévision et romancier écossais né en 1951.

L'Homme de Lewis - Peter May

Dans les îles Hébrides
Note :

   Je lis très peu de polars depuis des années, hormis quelques romans dont l'action se situe au XIXe (ce qui là change ma perception des choses, bizarrement...).
   
   Je ressors pourtant de "L'Homme de Lewis" de Peter May vraiment ravie de cette découverte.
   
   Alors que le coût de l'énergie augmente, de nombreux habitants de l'île de Lewis retrouvent les habitudes de leurs ancêtres et utilisent désormais la tourbe pour se chauffer. Le roman s'ouvre avec la découverte d'un corps momifié dans la tourbe. Rapidement, un lien est établi entre le défunt et le vieux Tormod MacDonald, le père de l'ancienne petite amie de Fin Macleod, ex-détective de retour sur son île natale à la suite d'une tragédie familiale. Avant que n'arrive un inspecteur étranger aux îles, Fin commence à mener l'enquête afin de protéger les MacDonald et d'innocenter Tormod, suspect numéro 1. En parallèle de l'enquête, alors qu'il est atteint de sénilité, Tormod se souvient de son enfance et de son adolescence malheureuse : orphelin, il a été envoyé avec son frère Peter dans les îles Hébrides en tant que "homer", au service d'une famille locale.
   
   Je ne sais pas encore si je me laisserai tenter par les autres romans de Peter May et notamment, par le premier opus de cette trilogie, car j'ai surtout apprécié la dimension historique avec le destin de ces orphelins devenus des homers et bien plus que l'intrigue policière en elle-même, c'est le récit de la vie de Tormod qui m'a fait dévorer de nombreux passages. A l'inverse, je me suis moins intéressée aux personnages plus jeunes.
   
   Je me suis régalée à la lecture de nombreux chapitres, dont la fin, et j'ai été sous le charme des descriptions. Peter May sait faire vivre les îles écossaises sous nos yeux, retraduire la force brute des éléments et la beauté sauvage d'un littoral battu par les vents... sur ce point, cette lecture a été un vrai régal!
   
   
   Trilogie avec Fin MacLeod
   
   1 - L'île des chasseurs d'oiseaux
   2 - L'homme de Lewis

   3 - Le Braconnier du Lac Perdu
   ↓

critique par Lou




* * *



Comme toujours, le passé remonte
Note :

   "Quand tu ne côtoies plus que le pire côté de la nature humaine, tu commences à découvrir ta part d'ombre. Et ça fout la trouille".
   

   Retrouvailles avec Fin MacLeod pour le deuxième volume de la trilogie. Fin, toujours pas remis de la mort de son fils a démissionné de la police et est en cours de divorce avec Mona. Il a décidé de revenir sur l'île de Lewis, sans trop savoir ce qu'il va y faire après les douloureuses révélations du premier opus (l'île des chasseurs d'oiseaux).
   
   La police locale, en la personne de Gun, va lui demander un coup de main quand on découvre un cadavre vieux de 50 ans dans les tourbières. Une analyse ADN révèle qu'il est apparenté à Tormod MacDonald, le père de Marsaili, premier amour de Fin. Seulement Tormod n'a pas de famille, en tout cas pas à la connaissance de sa femme et de sa fille, et le vieil homme est atteint d'Alzheimer. Sa mémoire sombre, mais pas encore totalement et c'est en s'appuyant sur des bribes de souvenirs que Fin fera progresser la vérité.
   
   Si l'enquête m'a paru un peu plus faible que dans le premier, j'ai à nouveau grandement apprécié l'ambiance de l'île, la dureté du climat, la rudesse des habitants et leur côté taiseux. Le fond de l'affaire porte cette fois sur le sort indigne qui était réservé aux orphelins que l'Eglise catholique envoyait sur les îles en les plaçant sans contrôle et quasiment sans identité. Certains étaient réduits à la condition d'esclaves à vie.
   
   Parallèlement, Fin essaie de démêler ses sentiments et ses espoirs d'un nouveau départ sur l'île, face à Marsaili et à son fils Fionnlagh. Rien n'est figé, mais tout est fragile, complexe et le poids du passé ne peut pas être nié.
   
   Si l'histoire progresse lentement, un final explosif et violent mettra à jour le secret dissimulé dans la tourbe depuis si longtemps et touchant de près les proches de Fin.
   
   Fin va rejoindre la galerie de mes hommes de papier préférés, et je peux vous dire d'emblée que le troisième volume ne m'a pas déçue (billet à venir).
   
   Prix des lecteurs du Télégramme 2012
   Prix des lecteurs "Les Ancres Noires" 2012

   ↓

critique par Aifelle




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Ambiance insulaire
Note :

   C'est à Barcelonnette dans la vallée de l'Ubaye, bien loin des rigueurs climatiques des îles Hébrides écossaises que j'ai découvert ce roman et cet auteur. Un vrai bon roman, franchement je me suis régalé. "L'homme de Lewis", je m'en suis rendu compte après le choix dans l'excellente librairie "Imaginez" est le 2ème tome d'une trilogie écossaise, mais il n'est pas obligatoire de lire le premier opus pour le savourer.
   
    Elément omniprésent, incontournable parmi ceux décrits par Peter May dans cette nature sauvage, la tourbe, cette matière qui se décompose et que l'homme utilise pour se chauffer, va être le lieu de découverte d'un cadavre. Ça pourrait être un départ d'intrigue tout à fait banal mais là, il se trouve que le corps du jeune homme retrouvé est dans la tourbe depuis au moins 55 ans...et qu'il est en parfait état. Enfin, presque, suffisamment pour qu'on y trouve quelques renseignements: l'homme a été étranglé, on lui a aussi tranché la gorge, sur l'avant-bras droit, il possède un tatouage d'Elvis Presley avec la mention Heartbreak Hotel (titre de 1956) et sur la peau de son dos, la couverture a déteint et a laissé la trame d'un tartan. Et puis L'ADN révèlera la parenté du corps avec un vieux monsieur appelé Tormod qui n'a plus toute sa tête...
   
    Parallèlement à ce crime, Fin MacLeod, ancien flic démissionnaire, retourne sur l'île de son enfance à la suite du décès de son fils à Glasgow. Et c'est à lui que le flic de service sur l'ïle va s'adresser pour dénouer cette énigme et fouiller le passé qui entoure le vieux Tormod.
   
    Je ne veux pas en raconter plus car l'intrigue est vraiment originale et savamment dosée entre l'histoire familiale de l'enquêteur (la perte d'un enfant, ça plombe une vie...!), le poids du passé (Fin, en revenant sur l'île...a eu une autre vie), les traditions insulaires et le contexte politico-religieux (l'antagonisme entre catholicisme et protestantisme). C'est une vraie réussite d'écriture car l'auteur alterne les chapitres du récit de l'enquête avec ceux racontés par Tormod qui va fouiller au fond de son cerveau pour nous faire revivre son enfance sur l'île de Lewis. Se souvenir, certes, mais tout est très confus chez Tormod, frappé par cette maladie gérontologique qui rend la mémoire très approximative voire faillible.
   
    Et puis, Peter May est un maître pour décrire la lande et le vent. Ce roman est un beau voyage dans les terres septentrionales d'Ecosse, là où les hommes d'une nature forte et rustique s’accommodent d'un environnement rugueux qui leur ressemble . "Le chuchotement de la mer emplissait la nuit. Elle semblait souffler, comme soulagée de ne pas avoir, pour un temps, à remplir son rôle d'élément sans cesse en colère. Une lune presque pleine était perchée dans le ciel et illuminait le sable et l'eau d'une lumière qui accentuait sur leurs visages à demi éclairés les zones d'ombres et les vérités enfouies. [...] Une poésie nocturne, portée tout au long de la plage par des vagues lentes, bouillonnantes comme la source d'Hippocrène." (source des Muses dans la mythologie ndlr).
   

    Un policier donc avec une intrigue qui nous tient en haleine jusqu'aux dernières pages mais pas seulement; j'ai aussi beaucoup aimé l'écriture sobre de Peter May... J'y reviendrai assurément.

critique par Laugo2




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