Lecture / Ecriture
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Chaque jour est un adieu-1 de Alain Rémond

Alain Rémond
  Je marche au bras du temps-4
  Les images
  Chaque jour est un adieu-1
  Un jeune homme est passé-2
  Comme une chanson dans la nuit-3
  Les romans n’intéressent pas les voleurs

Alain Rémond est né en 1946 dans le département de La Manche. Après des études de philosophie, il a été professeur d’audiovisuel puis critique de cinéma. Il a collaboré à plusieurs journaux et fut même Rédacteur en chef à Télérama (où il tenait la célèbre rubrique « Mon œil»). Il a également travaillé à la télévision participant durant plusieurs années à l’émission «Arrêt sur images» de la 5. Il travaille encore actuellement pour «Marianne» et «La Croix»

Vous trouverez une interview de cet auteur à la rubrique "Rencontres". Ainsi que des Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Chaque jour est un adieu-1 - Alain Rémond

Récit d'une enfance sensible
Note :

   ... où Alain Rémond raconte son enfance bretonne, catholique et pauvre. Le début du récit est idyllique- ascension sociale du père, jeux des enfants, travaux dans la nouvelle maison, quotidien illuminé par la grande famille complice…- les images renvoient aux photos de Doisneau, aux poèmes de Prévert, bref, aux années cinquante souriantes, chaque geste est lumineux.
   
   Puis tout bascule : le père boit, les parents se disputent, les enfants s’isolent de plus en plus dans l’imaginaire et forment une sorte de tribu contre le malheur. Les enfants grandissent, Alain apprend le monde mais reste révolté contre la mort. Mort de son père d’abord, jeune encore, avec lequel (et auquel) il (se) reproche de n’avoir pas su communiquer (tiens, tiens!). A cet égard, l’agonie du père est un passage émouvant dans lequel il dit à ses enfants ce qu’il préfère chez chacun d’eux. Mort de sa mère ensuite, plus tard alors qu’il est devenu adulte, qui entraînera la vente de la maison comme un adieu total à son enfance. La maison, autour de laquelle tout se joue en devient un personnage. Il y a aussi le village et l’éternel débat gauche/droite, école libre et laïque, cocos et cathos … Il y a cette France artisanale (boucher, maréchal-ferrant…) au sortir de la guerre et les années soixante avec le « Yé-yé », qu’Alain et ses frères et sœurs considèrent comme une vaste escroquerie envers les jeunes (déjà !), leur faisant oublier la guerre d’Algérie, le Tiers-monde, la naissance des banlieues concentrationnaires.
   
   Bien sûr, cela ne va pas sans quelques clichés : « Pourquoi faut-il dire adieu à l’enfance ? Pourquoi les choses se défont-elles, pourquoi tout s’en va-t-il? »(=on est bien peu de chose !) ni quelques maladresses (je trouve) : « En plus, le lapin, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais c’est drôlement bon .»
   
   Reste un récit plein de vie et de chaleur au style alerte, qui se lit d’une traite.
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critique par Mouton Noir




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Vieillir, c’est mourir un peu?
Note :

   On connait le Alain Rémond chroniqueur, de Télérama par le passé, de Marianne actuellement, à la plume trempée dans l’herbe qui fait rire. Un air de ne pas y toucher et à l’ironie aussi corrosive que l’acide (fort).
   
   Ici, c’est à un Alain Rémond qui a décidé de nous dire son enfance, pour se purger de certains souvenirs sûrement, que nous avons affaire. Ca reste poignant (des petites larmes à essuyer à la fin, si, si !) et délicieusement nostalgique.
   
   Il ne nous cache pas grand chose de cette partie enchantée de notre être qu’est l’enfance. La sienne le fût, enchantée, même s’il n’y avait qu’une maison à trois pièces pour ses 9 frères et soeurs, même s’il n’y avait pas l’eau courante, même … Tout cela n’est pas grave pour l’enfant du moment qu’il est environné d’amour. Et ce fût le cas.
   
   Et tout a une fin. Et l’enfance, et l’amour parfois. Ses parents ne s’aiment plus. Ils se déchirent, c’est l’enfer. Et on grandit. Et on grandit tant qu’un jour on est grand. On est grand et le père meurt. Encore plus grand et la mère meurt.
   
   Alain Rémond est très courageux de nous faire partager tout ceci. Les petits bonheurs comme les malheurs béants. Mais il a dû le voir comme une thérapie ?
   «Hier soir, Yves m’a dit qu’il était passé devant la maison, à Trans. Il m’a demandé si je savais qui y habitait, maintenant. Je n’en ai pas la moindre idée. Je ne sais même plus quand est-ce qu’elle a été vendue, la maison. Peu de temps après la mort de ma mère, sans doute. Je n’avais pas voulu m’en occuper. Je m’étais bouché les yeux et les oreilles … »
   
   Beaucoup de tendresse. Une écriture simple et qui touche au coeur. A l’image du chroniqueur.

critique par Tistou




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