Lecture / Ecriture
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Le tour de la bouée de Andrea Camilleri

Andrea Camilleri
  La Démission de Montalbano
  La Voix du violon
  La Concession du téléphone
  Le tour de la bouée
  La forme de l'eau
  Le voleur de goûter
  La peur de Montalbano
  La patience de l'araignée
  Chien de faïence
  L'excursion à Tindari
  Privé de titre
  La couleur du soleil
  Un été ardent
  Petits récits au jour le jour
  Les Ailes du Sphinx
  La Pension Eva
  Pirandello, biographie de l’enfant échangé
  Le coup du cavalier
  Intermittence
  La lune de papier
  Le garde-barrière
  Le neveu du Négus

Andrea Camilleri est un écrivain et metteur en scène italien, né en Sicile en 1925.

Le tour de la bouée - Andrea Camilleri

Immigration sauvage
Note :

   Un Camilleri crépusculaire. Le commissaire Montalbano n'a jamais autant parlé de démissionner. Son corps commence à le lâcher, enfin son coeur donne des signes de faiblesse?
   
   Démoralisé par le comportement de la police durant le sommet de Gênes en 2001, Montalbano est confronté à une plaie récente qui touche les côtes italiennes ; le racket de l'immigration clandestine et les trafics humains qui l'accompagnent.
   
   Très moderne ce Camilleri, sur des sujets on ne peut plus actuels, mais toujours évidemment avec cette particularité de langage, sicilien (Camilleri est sicilien), que Serge Quadruppani, le traducteur attitré de Camilleri, prend la peine d'exposer dans un avertissement au lecteur en tête. Bel exemple de conscience professionnelle du traducteur. S. Quadruppani:
   «Pour rendre le niveau de l'italien sicilianisé, j'ai donc placé en certains endroits, comme des bornes rappelant à quels niveaux on se trouve, des termes de français du Midi. D'abord parce que le français occitanisé s'est assez répandu, par diverses voies culturelles, pour que jusqu'à Calais, on comprenne ce qu'est un "minot". Ensuite, ces régionalismes apportent en français un parfum de Sud. J'ai par ailleurs choisi le parti de la littéralité, quand il s'est agi de rendre perceptibles certaines particularités de la construction des phrases (inversion sujet verbe: "Montalbano sono" : "Montalbano, je suis")ou ce curieux emploi du passé simple (ché fu? "qu'est-ce qu'il fût?", pour "qu'est-ce qu'il se passe?") par où passe l'emphase sicilienne?»
   
   Comme en outre, Camilleri mène bien ses histoires, avec beaucoup d'humanité, à l'instar d'un Pierre Magnan en France, le résultat est réellement réjouissant. Et de même que Magnan était allé au bout de sa démarche en faisant mourir Laviolette dans un ultime épisode, il ne serait pas étonnant qu'il arrive des choses définitives à Montalbano dans le prochain ouvrage.
   
   Moins «folklorique» que d'autres épisodes de Montalbano, ce «Tour de la bouée» traduit un agacement certain de Camilleri vis à vis de la politique de son pays.
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critique par Tistou




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Brasse coulée
Note :

    Andrea Camilleri est assez populaire en France, avec son commissaire sicilien au langage fleuri d'Agrigente, fort joliment traduit de façon chatoyante par Serge Quadruppani. Liberté grammaticale sympa donc avec Montalbano, flic humaniste, mais vous avez remarqué qu'ils le sont presque tous dans les polars de maintenant, qu'ils viennent de Suède, de Venise, d'Islande, d'Afrique du Sud, du bush australien, etc... C'est même un peu le problème, une certaine banalisation de ces braves mecs un peu fatigués, un peu divorcés, un peu enrobés, un peu imbibés, un peu bien-pensants. Au fait Montalbano, comme Winter ou Wallander veut démissionner. Comme tout le monde. D’ailleurs moi aussi j'ai un peu lâché là-dessus.
   
    En fait je ne conserverai pas un grand souvenir de ce "Tour de la bouée" où le commissaire se trouve à nager en tandem avec un cadavre. Très au sud de notre Europe on trouve bien sûr des salauds qui exploitent les clandestins, ceux du moins qui ne sont pas passés par dessus bord avant Lampedusa ou les côtes siciliennes ou Bari (spécialité albanaise).Heureusement Salvio Montalbano et ses auxiliaires veillent au grain et c'est sans véritable suspense ni interrogation qu'on se dirige "pépèrement" vers un épilogue presque bâclé que Maurice Leblanc et Arsène Lupin imaginèrent en d'autres mers.
   
   Voila donc une lecture, empruntée, ce qui est d'ailleurs sa principale qualité pour moi, qui n'aura guère stimulé mes neurones ni mes indignations.

critique par Eeguab




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