Lecture / Ecriture
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Une paix séparée de John Knowles

John Knowles
  Une paix séparée

John Knowles est un écrivain américain né en 1926 à Fairmont et mort en 2001.

Une paix séparée - John Knowles

Roman de formation
Note :

   Présentation de l'éditeur (traduite mot-à-mot par moi... je rempire et je fais de moins en moins d'efforts)
   
   "Se déroulant dans un collège privé de la Nouvelle Angleterre pendant la deuxième guerre mondiale, "A separate Peace" est une parabole déchirante et lumineuse du côté sombre de l'adolescence. Gene est un intellectuel introverti. Phineas est un daredevil et un athlète. Ce qui arriva pendant un été entre ces deux amis, comme la guerre elle-même, bannit l'adolescence de la vie de ces adolescents et de leur monde".

   
   
   Commentaire

   
   Ok, c'est un coup de cœur.
   
   Vous savez comme j'aime les romans qui se passent dans se monde clos qu'est l'école, surtout ces boarding schools, avec ces amitiés intenses qui marquent? Vous savez aussi comme j'aime les romans sur le passage à l'âge adulte? Alors voilà, c'est tout à fait ça. J'ai littéralement adoré.
   
   Je ne sais trop comment en parler, sauf pour vous dire que c'est un roman très court, un peu plus de 200 pages, mais que j'ai réellement eu l'impression de plonger dans ce monde et d'y rester une éternité. J'y étais bien installée, je me suis attachée aux personnages, aimé leurs bons et leurs moins bons côtés, j'ai vécu les sentiments contradictoires de Gene, le narrateur, j'ai senti la menace de la guerre, la tentative presque désespérée de Finny de modeler le monde tel qu'il voudrait qu'il soit, l'exaltation, la peur, la culpabilité. J'ai marché en ces lieux, grimpé à cet arbre. Bref, une immersion totale. Et j'avoue, je l'ai relu sur le champ après l'avoir refermé. Typical me, n'est-ce pas.
   
   Une histoire de passage à l'âge adulte, certes. Un événement qui va tout changer, qui va tout faire basculer. J'ai adoré cette écriture, qui réussit à décrire parfaitement ce collège, cette atmosphère, cette paix séparée, mais où pointe toujours une touche de noirceur, Gene étant ce qu'il est. Très adolescent, il ne sait plus ce qu'il pense réellement des gens ni de rien en fait. Il nous décrit son amitié avec Phineas, adolescent extraordinaire, blagueur, qui aime tout le monde, qui réussit toujours à se sortir d'absolument tout avec une pirouette. Certaines scènes sont particulièrement vives dans ma tête, je les vois, ces ados qui jouent dans la neige et qui tentent d'oublier que dès qu'ils sortent de là, c'est la guerre qui les attend. Même s'ils veulent vraiment servir leur pays. Même s'ils la veulent, leur grande aventure. Et plus le récit avance, plus on assiste impuissant à cette histoire limite banale, mais qui m'a terriblement touchée. Je l'ai finie les yeux pleins de larmes. Mais comme je suis une braillarde, vous direz que je ne suis pas une référence, n'est-ce pas.
   
   On comprend Gene quand dans le prologue, il revoit ces lieux "qui font peur" quand il visite à nouveau cette école. Et il exprime très bien ce que je ressens par rapport à certains lieux qui ont été témoins de moments particulièrement intenses de ma vie. Comme si ces lieux avaient pris vie, s'étaient éclairés pour nous... pour ensuite s'éteindre et nous attendre. Et ça fait un choc de voir que ce n'est pas le cas.
   
   Un coup de cœur, donc.
   
   Définitivement. C'était un roman pour moi.
    ↓

critique par Karine




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L'arbre sur la rivière
Note :

   Une paix séparée c'est un été 1942, un internat dans le New Hampshire. Ils ont tous l’énergie, l’insouciance et les pulsions de leurs seize ans, et un héros, Phineas, plein de grâce et de fantaisie, indiscipliné, casse-cou, irrésistible. Alors que la guerre se précise pour l'Amérique, Gene subit l'influence de Phineas.
   
    Rien à voir avec par exemple Musil et "Les désarrois de l'élève Toerless". On n'est pas avec "Une paix séparée" dans l'humiliation ou une sorte de sado-masochisme assez attendu dans ce type de roman un peu initiatique. C'est finement analysé et le culte du sport et de la confrérie, très américain, ne mène pas obligatoirement au conformisme.
   
   Le souvenir que j'aurai de ce roman, intéressant et si méconnu en France, tournera plutôt autour de l'arbre sur la rivière, lieu d'un accident détonateur pour les deux jeunes gens, et de la guerre, lointaine et grondante, dont les élèves de Devon School sentent les prémices, chacun à sa manière, sachant que leur adolescence se meurt dans le tumulte des exercices de préparation militaire.
   
   Un film en fut tiré dans les années 70, à ma connaissance jamais sorti en France.

critique par Eeguab




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