Lecture / Ecriture
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Peurs totales suivi de Cassius dans l'émigration de Bohumil Hrabal

Bohumil Hrabal
  Les noces dans la maison
  Tendre barbare
  Lettres à Doubenka
  Peurs totales suivi de Cassius dans l'émigration
  Les palabreurs
  Les souffrances du vieux Werther
  Les millions d’Arlequin
  Vends maison où je ne veux plus vivre
  Rencontres et visites
  La petite ville où le temps s’arrêta
  Trains étroitement surveillés
  Jarmilka - La machine atomique Perkeo - Entretien sur le Barrage de l’éternité
  La chevelure sacrifiée
  Une trop bruyante solitude
  Moi qui ai servi le roi d’Angleterre
  Cours de danse pour adultes et élèves avancés

AUTEUR DES MOIS D'OCTOBRE & NOVEMBRE 2012

Bohumil Hrabal est un écrivain tchèque né le 28 mars 1914 à Brno, en Moravie et décédé le 3 février 1997 à Prague.

Après une scolarité peu brillante puis des études de droit perturbées par la guerre, il obtient un diplôme mais n'exercera jamais dans ce domaine. Il exercera par contre beaucoup d'autres métiers plus... manuels (clerc de notaire, magasinier, télégraphiste, cheminot, ouvrier dans une aciérie à Kladno, employé d’un magasin de jouets, commis voyageur, figurant de théâtre, récupération de vieux papiers etc.) qui enrichiront l'univers de ses divers romans et nouvelles.

Il fréquente l'avant garde artistique pragoise et est très lié au poète Egon Bondy évoqué dans "La machine atomique Perkeo" et au sculpteur et artiste Vladimir Boudnik auquel il consacrera "Tendre barbare".

Il commence à publier en 1963 avec un assez bon succès mais après l'invasion soviétique il connaît des problèmes avec la censure (pour "grossièreté et pornographie", les dictatures quelles qu'elles soient se souciant toujours beaucoup de moralité), certains de ses ouvrages sont pilonnés, et c'est une période de samizdats.

La situation va s'aggravant au point qu'il ne parvient bientôt plus à se faire éditer (années 70). C'est pourtant une période pendant laquelle il écrit beaucoup. Les choses s'améliorent ensuite pour voir Hrabal à nouveau interdit de publication de 1982 à 1985. Malgré ces fluctuations et difficultés, Hrabal n'a jamais envisagé de quitter son pays.

Bohumil Hrabal meurt à Prague le 3 février 1997 en sautant ou en tombant de la fenêtre de l'hôpital de Bulovka où il est soigné. Certains disent qu'il s'est suicidé, d'autres qu'il est tombé en se penchant trop pour s'occuper de pigeons... faute de témoins ou de lettre d'adieu, nul ne peut trancher.

Peurs totales suivi de Cassius dans l'émigration - Bohumil Hrabal

Prague, brasseries et samizdats
Note :

   Titre original : Večerníčky pro Cassia ("Causeries du soir pour Cassius")
   
   
   1989 : en ce temps-là on cassait le Mur de Berlin et les régimes communistes s'écroulaient comme des dominos. À Prague, la "révolution de velours" portait au pouvoir le roi des dissidents, le dramaturge Vačlav Havel. Un autre dissident retrouvait le droit de publier : Bohumil Hrabal qui s'empressa de rédiger ces "Peurs totales".
   
   Il y évoque rapidement les tourments que lui ont fait subir les fonctionnaires robotisés du régime policier, qui l'épiaient dans les brasseries où il rencontrait ses amis, qui le suivaient en voiture quand il partait à vélo, qui le surprenaient à son chalet de Kersko quand il profitait de l'été. Et qui le convoquaient "demain matin!" pour savoir qui donc avait distribué "Terrains vagues" en samizdat, ou qui avait repeint le plafond de sa salle de bains. Au café, avait-il vraiment entendu son voisin dire "Je ne m'assieds pas avec ces ballots de communistes"? N'était-ce pas plutôt "Je ne m'assieds pas avec ces salauds de communistes"? Il confirmait sa version, sachant que s'il prétendait n'avoir rien entendu, il risquerait de perdre son permis "car les sourds n'ont pas le droit de conduire…"
   
   Riche d'anecdotes, ce court texte écrit un an après la chute de la dictature m'a permis d'aborder le monde de Hrabal par le petit bout de la lorgnette et par l'autodérision. En revanche j'ai été gêné par la mention de nombreux personnages inconnus de moi, probablement plus familiers des Pragois.
   
   Le chalet de Hrabal abrite de nombreux chats. "Cassius dans l'émigration" c'est l'histoire du chouchou ; les autres se liguent pour le mettre à la porte parce qu'il a seul le droit de fréquenter la chambre de l'auteur. Une lecture au second degré n'est pas interdite...

critique par Mapero




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