Lecture / Ecriture
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La huitième fille - Annales du Disque Monde T 3 de Terry Pratchett

Terry Pratchett
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Sir Terence David John "Terry" Pratchett, OBE, est un auteur anglais de fantasy humoristique né en 1948 et surtout connu pour les 40 volumes des Annales du Disque-Monde. Il est décédé en 2015.

La huitième fille - Annales du Disque Monde T 3 - Terry Pratchett

De l'ordre, svp !
Note :

   Eh bien, pour répondre aux questions, oui. Il est nécessaire de lire les nombreux volumes des Annales du Disque Monde dans l’ordre, faute de quoi on a toutes les chances de se perdre assez rapidement dans cet univers complexe et structuré. Alors, mon conseil : Munissez vous dès le départ d’une liste ordonnée des titres et progressez en suivant ce chemin. Il vous conduira loin.
   
   Je reprends :
   Lefèvre, forgeron à Trou-d’Ucques, modeste village des Montagnes du Bélier, est un huitième fils qui, par une étrange coïncidence, a procréé sept fils . Débarque un jour à sa forge le mage Tambour Billette qui, armé de son bourdon magique, lui annonce que, sentant venir la Mort, il a décidé de passer son pouvoir au huitième fils que Mme Lefèvre est en train de mettre au monde au moment même à l’étage.
   
   Sur le Disque-Monde en effet, le huitième fils d’un huitième fils devient automatiquement un mage qui, parvenu à l’âge adulte, s’en va étudier à la prestigieuse Université de l’Invisible d’Ankh-Morpock.
   
   Respectueux de la Tradition, le forgeron s’incline et à peine les deux hommes ont-ils perçu le premier vagissement du nouveau-né qu’ils le réclament. Entre alors en scène pour la première fois un personnage que nous retrouverons en maintes occasions dans la Saga du Disque-Monde, Mémé Ciredutemps, sorcière de son état et sage-femme émérite à l’occasion.
   
   Sans écouter les protestations de Mémé Ciredutemps, le Mage procède à la passation des pouvoirs … et décède sur le champ, laissant un Lefèvre tout d’abord béat puis bien ennuyé et une Mémé Ciredutemps nettement plus sarcastique seuls avec ce phénomène que constitue pour le Disque-Monde …
   
   … son premier mage de sexe féminin.
   Car le bébé est une fille qui sera prénommée Eskaterina et que tout le monde prendra l’habitude d’appeler par son diminutif : « Esk. » En héritage, Tambour Billette lui a laissé son bourdon, symbole et arme de tout mage qui se respecte. Or, comme Mémé et Lefèvre ne tardent pas à s’en apercevoir, ce bourdon décoré de motifs difficilement identifiables – et que, toutes réflexions faites, il vaut peut-être mieux demeurer dans l’impossibilité d’identifier – dispose d’une capacité de magie formidable ... et d'un caractère de cochon.
   
   Le reste, je ne vous le raconterai pas. Achetez le livre : vous ferez une sacrée bonne affaire. Sachez seulement que, de folle péripétie en voyage agité et de voyage agité en folle péripétie, Esk et Mémé Ciredutemps, qui sera devenue entretemps le mentor de la fillette, finiront par se faire ouvrir les portes de l’Université de l’Invisible et par restaurer l’intégrité du Disque-Monde, que des créatures plus ou moins inspirées par les Grands Anciens de Lovecraft - notre Maître à tous, que Io l'Aveugle et Offler, le Dieu-Crocodile, l'aient en Leur Sainte Garde - menaçaient d'envahir et d'absorber.
   
   C’est dans "La Huitième Fille", troisième volume de sa série du Disque-Monde, que Pratchett assied définitivement son style si caractéristique, mélange d’humour loufoque, d’insanités complètement déjantées et, à y regarder d’un peu plus près, de profonde sagesse. Dès le volume suivant, «Mortimer», où la Mort (qui est toujours du masculin, ne l’oubliez pas !) apparaît comme l’un des principaux protagonistes du livre, le lecteur un tant soit peu observateur comprend que l’auteur se pose en fait toute une foule de questions qui sont aussi les siennes. Mais il les pose avec humour - et cela nous permet d'avaler une pilule que beaucoup d'autres nous auraient rendue bien plus amère.
   
   Pratchett se veut athée. Mais il a ceci de particulier qu'il est sans doute le seul écrivain athée à avoir envisagé - dans "Le Dernier Continent" - l'idée d'un dieu qui le serait autant, sinon plus que lui. Après pareille idée et en dépit des inégalités qui, fatalement, parsèment sa vaste saga, on peut tout lui pardonner - vous ne croyez pas ?
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critique par Masques de Venise




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Comme par magie !
Note :

   Titre original: Equal rites
   
   
   Présentation de l'éditeur:
   
   "La dernière chose qu'a faite Drum Billet avant que la Mort ne le fauche a été de passer son sceptre de pouvoir au huitième fils d'un huitième fils. Malheureusement pour ses collègues dans le monde très chauvin (pour ne pas dire misogyne) de la magie, il a omis de vérifier le sexe du nouveau né..."
   

   
   Commentaire:

   
   Lire Pratchett, c'est toujours un moment particulier. Essayer de faire comprendre pourquoi Pratchett est drôle en lisant des extraits, oubliez ça, ça ne fonctionne pas. Ou alors je lis très mal. Parce que je n'ai récolté que des drôles de regards de la part de mes interlocuteurs. Le genre qui veut dire "elle est encore un peu plus bizarre que je ne l'imaginais".
   
   Ce troisième tome du Disque-Monde, c'est celui des sorcières et des magiciens. Nous rencontrons pour la première fois Granny Weatherwax, sorcière qui sait tout, spécialiste des herbes et de la têtologie (aucune idée de comment ils ont pu traduire "Headology"...) qui entreprend d'éduquer Esk, une fillette à qui un puissant magicien a légué son pouvoir. Ce qui ne va pas, bien entendu, toujours se passer comme prévu.
   
   Il est ici question d'égalité entre les sexes mais surtout des stéréotypes dans la fantasy. La sorcière avec son chapeau pointu et son balai (je pense que c'est l'un des passages qui me fait le plus rire, le balai-qui-ne-veut-pas-aller-vite), traditionnellement une fille, calés en botanique, près de la nature. Le magicien savant qui a une bibliothèque d'enfer et qui est obligé de rester célibataire. Et la rivalité entre les deux. Ajoutez à tout ça un habile détournement des dits stéréotypes (parce que bon, souvent ça tourne vite en grand n'importe quoi. Du bon grand n'importe quoi), un humour omniprésent et des références à la tonne (j'ai sauté dans mon siège lors d'une référence à Tolkien et éclaté de rire à la mention de l'université "bigger inside than outside") et pas expliquées (le genre que j'aime parce que je me sens un peu dans un club secret quand je les comprends. Genre que je maîtrise la secret handshake).
   
   J'aime énormément le personnage de la sorcière, avec sa logique bien personnelle, ses quintuples épaisseurs de vêtements et ses erreurs d'interprétation du monde en ville. Ça promet pour les prochains tomes. Au point de vue de l'histoire en tant que tel, bon, ce n'est pas nécessairement mon préféré mais je crois qu'on lit Pratchett pour son humour sorti de nulle part, son monde complètement fou et ses notes de bas de page. Du moins, moi, c'est pour ça que le lis. Et le quatrième tome, celui avec la mort, personnage que j'adore, est dans ma pile. Il a dû apparaître là, je crois. Comme par magie!

critique par Karine




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