Lecture / Ecriture
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Une place à prendre de Joanna-K. Rowling

Joanna-K. Rowling
  Dès 10 ans: Harry Potter à l'école des sorciers (tome 1)
  Dès 10 ans: Harry Potter et le Prince de sang mêlé (tome 6)
  Ados: Harry Potter et les reliques de la mort (Tome 7)
  Dès 11 ans: Les Contes de Beedle le Barde
  Une place à prendre

Joanne K. Rowling (le K est un hommage à sa grand-mère de sa grand-mère Kathleen), est une romancière anglaise née en 1965.

Elle a publié également sous le pseudonyme de Robert Galbraith

Une place à prendre - Joanna-K. Rowling

On n'est plus dans la cour des petits
Note :

    Présentation de l’éditeur :
   
   "Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante: ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… Et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable. Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie."

   
   
   On le voit partout en ce moment, ce livre, avec sa couverture rouge et jaune, pas belle du tout mais accrocheuse! Difficile de le rater. Juste le titre et le nom de l’auteur - un auteur à succès, déjà mythique.
   
    Annoncé avant l’été pour la traduction française, lu pour la rentrée littéraire par les journalistes des principaux magazines, le roman n’a pas fait l’unanimité parmi les premiers chroniqueurs. Presque tous ont fait la fine bouche.
   
   On lui reproche son manque d'audace, sa vision sombre et désenchantée du monde, son côté "Clochemerle saignant", ses personnages stéréotypés, son intrigue trop prévisible, sans la chaleur et le charme de Harry Potter, son style cru, violent, bref on le trouve trop terne et d'une déprimante banalité. On le présente aussi comme un ouvrage sur une Angleterre post-olympique "sinistre et sinistrée ... ayant renoncé à ses"grandes espérances" et qui ne fait plus rêver. (Thierry Grandillot, du journal "Les Échos")
   
   On est beaucoup plus enthousiaste sur les blogs littéraires! La majorité a aimé. Parfois, comme moi, on note une certaine difficulté à se sentir concerné par l'intrigue, en raison des très nombreux personnages dont on suit les histoires mais dans mon cas, je me suis dispersée en intercalant quelques autres lectures plus rapides, ce qui n'a pas favorisé mon implication mais vers le milieu de l'intrigue, je me suis prise au jeu et profitant des vacances, j'ai passé une nuit blanche pour le terminer. Ce sont de ces moments suffisamment rares dans une année pour que je m'en souvienne toujours ensuite avec grand plaisir.
   
   J'ai suivi l'histoire de chaque personnage, tour à tour avec rage, enthousiasme, dégoût, peine, horreur, pitié etc. Aucun ne m'a laissée indifférente. Mes préférences allaient à Krystal et à son petit frère, à Andrew et à Sukhvinder, un peu moins à Gaïa, bref aux adolescents, plus excessifs sans doute que les adultes - et encore! - mais surtout plus sincères et idéalistes, malmenés sans avoir encore pu faire leurs preuves.
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critique par Mango




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Jubilatoire!
Note :

   Miles attend 6h30 mais finit par décrocher son téléphone malgré l’heure matinale "craignant d’être devancé par quelqu’un d’autre" pour annoncer ce qui est LA nouvelle du jour ou plutôt de la nuit : Fairbrother est décédé, tombé "raide mort" sur le parking du club de golf, alors que Miles était en train de diner au restaurant avec sa femme. Ils se sont donc retrouvés aux premières loges, montant dans l’ambulance et accompagnant Marie, sa femme et bientôt veuve, à l’hôpital. Barry Fairbrother, âgé d’à peine 40 ans, était pourtant en pleine santé.
   
   La nouvelle fait vite le tour de la petite bourgade. En effet, le décès d’un notable dans cette petite cité qu’est Pagford et il n’en faut pas plus pour que les langues de vipères se réjouissent et les langues tout court se délient. C’est que cet homme dirigeait le conseil paroissial et il va donc y avoir "Une place à prendre" qui va donner lieu à d’âpres luttes politiques…
   
   Je vous préviens tout de suite. Les premières pages sont très drôles et j’ai été très agréablement surprise par ce roman pourtant pas ménagé par la critique. Un très beau portrait de l’hypocrisie sociale, des galeries de personnages hilarants et un constat plutôt triste de la société actuelle avec ses cancans, sa misère qui côtoie la middle class et des familles parfois bancales, sans parler de certains couples qu’on n’envie pas vraiment! Des portraits d’ado extra comme celui de cette jeune fille sublimée par un camarade de classe, avant qu’on ait un tout autre point de vue quand on la voit dans son cercle familial. Tout comme l’amitié de ces deux horribles jeunes que sont Fats et Andrew, des adolescents si détestables qu’on prie le ciel pour ne jamais avoir des enfants pareils! Une analyse par ailleurs très juste de cette période de la vie et des liens qui se tissent entre les jeunes.
   
   J’ai retrouvé ainsi la patte de la maman de Harry Potter dans ce roman, avec la description du monde scolaire, enseignants comme élèves ne sont pas toujours épargnés, ainsi que la lutte du bien contre le mal à travers la cité des champs, que certains voudraient voir reléguer dans la bourgade voisine. Tout cela porté par une écriture vive et alerte qui fait que l’on s’amuse tout de même à la lecture de ce livre, qui met pourtant l’accent sur des aspects plutôt sordides de la vie. J’ai aimé aussi la conscience sociale de J.F.K. qui n’oublie pas les mal lotis. Cette écrivaine a peiné avant l’écriture de Harry Potter et cela se sent!
   
   Un roman plutôt noir donc mais tout est décrit avec tant d’humour que ce n’est jamais désespérant. J’ai pris un plaisir jubilatoire à lire ce livre et je vais m’atteler à le défendre ardemment.
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critique par Éléonore W.




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Querelles villageoises très réalistes
Note :

   Pour une raison inconnue même de moi-même (en fait, semi-connue... et ça avait quelque chose à voir avec le prix si je me souviens bien...), j'avais décidé que je ne lirais pas ce roman de J. K. Rowling. Puis, plusieurs mauvaises critiques ayant fait leur apparition, je me suis dit que je ne lirais CERTAINEMENT PAS ce roman de JK Rowling! Puis, finalement, une copine - qui n'a pas dépassé la page 150 - me l'a prêté en me disant que c'était le roman le plus plat de la terre. Et ça, ça m'a décidée à le lire. N'essayez pas de comprendre.
   
   Résultat?
   
   J'ai adoré.
   
   Totalement, complètement adoré.
   
   Je ne saurais dire si c'est une tragédie comique. Ou une comédie de mœurs remplie d'humour noir. Mais ce roman nous transporte dans la vie d'un microcosme très particulier et, en même temps, ça pourrait se passer partout. Dans n'importe quel petit village qui se croit un peu le centre de l'univers. À Pagford, joli petit village - so very cute, on est dans le paraître - Barry Fairbrother vient de mourir. Rupture d'anévrisme, début quarantaine. Barry était aimé de - presque - tous. Coach pour l'équipe d'aviron, ardent défenseur d'une cité, celle des Champs et d'un centre de désintox, conseiller paroissial. Et dans ce petit village coquet où tout le monde connaît tout le monde et où on regarde la ville voisine avec de gros yeux, c'est un événement. Il faut remplacer Barry au conseil. La voilà, la place à prendre.
   
   C'est donc un roman de mœurs. L'auteur jette un regard à la fois lucide, acéré mais aussi parfois indulgent sur cette petite micro-société, avec ses guerres, ses jalousies, ses querelles qui datent de l'âge de pierre, ses statuts sociaux et ses vanités triviales. Aucun personnage n'est épargné. Un genre d'atmosphère Dickensienne, en moins type et en teintes de gris. Que ce soit le "premier citoyen" qui tient à tout prix à gagner son point et à rester le maître à penser du village, la femme en pleine remise en question de la quarantaine, les adolescents enragés contre leurs parents, l'homme violent et magouilleur ou encore l'assistante sociale qui veut aider mais qui n'y peut pas grand chose, tous sont réalistes, pas toujours aimables (rarement, en fait) mais toutefois profondément touchants dans leur médiocrité. En tout cas moi, ils m'ont touchée, justement parce qu'ils étaient loin de la perfection.
   
   Et, juste comme ça, avez-vous déjà fait partie d'un conseil d'administration? N'importe lequel, là. De celui, important, d'une ville, le conseil d'une école ou au CA d'un organisme dont tout le monde se fout éperdument des décisions et des méandres internes. Avez-vous déjà assisté à une bataille épique pour un poste ou pour une question qui devient soudainement hors-proportion pour l'organisme? Ben voilà, c'est exactement ça. La politique de village, de petites organisations, les magouilles, l'impression que tout tourne autour de ça... J.K. Rowling décrit parfaitement comment ça se passe, comment les couteaux peuvent voler bas. Et ça, c'est jubilatoire à lire.
   
   Alors d'un côté, il y a les élections et de l'autre, la famille Weedon. Krystal, pour être plus précis. L'adolescente, fille d'une mère junkie, badgirl et badmouth par excellence de l'école, qui cache beaucoup de choses à ses petits camarades du fond de sa cité des Champs. Son petit frère, dont elle tente de s'occuper, tout en restant une ado écorchée par la vie et difficile à atteindre. On a de la peine à la voir se débattre dans tout ça, vraiment. Et de l'autre côté, dans les hautes sphères, dans une indifférence totale, on parle de leur enlever le peu qu'ils ont...
   
   Pas d'action de folie. Juste les chroniques de cette petite ville, de tout plein de points de vue différents. La fin est selon moi très réaliste, avec les personnages qui évoluent mais qui restent eux-mêmes. Des portes sont ouvertes mais on ne sait pas trop encore où elles vont mener, tout n'est pas joliment bouclé et empaqueté. La vie, quoi.
   
   Un style résolument différent de celui d'Harry, des thèmes plus adultes, un regard acéré porté sur la société anglaise. Je découvre ici que Rowling peut réussir à faire vivre, réellement vivre, des personnages autres que ceux du petit monde d'Harry Potter, traiter de thèmes adultes et réussir un roman abouti et qui se lit tout seul. Pour moi.
   
   Les avis sont contrastés. On a détesté ou adoré. On a vibré ou on s'est ennuyé. Mais ce fut une rencontre totalement réussie pour moi, en raison de mélange de noirceur et d'espoir. Je l'ai refermé et il me hante toujours.
   
   Ah oui! j'ai le roman en traduction et j'ai trouvé que ça passait très bien. À part pour les surnoms. Là, par contre, je n'ai pas compris. Beine-à-Jouir? C'est supposé vouloir dire quoi? En anglais, c'est Bends-your-ear*, qui a un sens, au moins!
   
   
   * Celui qui vous rebat les oreilles

critique par Karine




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