Lecture / Ecriture
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J'aime être gourmande de . Colette

. Colette
  Chambre d'hôtel
  Claudine à l'école
  Les vrilles de la vigne
  Sido
  La retraite sentimentale
  L'ingénue libertine
  Chéri
  La chatte
  Claudine à Paris
  Le blé en herbe
  La naissance du jour
  J'aime être gourmande

Elle s’appelait Sidonie Gabrielle Colette, mais on disait Colette. Elle était née en 1873 d’un papa militaire. Et dans un monde bien misogyne, elle sut préserver la plupart du temps la liberté de sa vie. Croit-on que ce 19ème siècle put être aussi moderne! Colette fit tant de choses. Elle aima des hommes, elle aima des femmes. Elle écrivit, bien sûr, romans, commentaires et articles, mais elle présenta également des numéros de music-hall plutôt suggestifs. On peut s’en étonner, mais cela ne l’empêcha pas d’être élue membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique puis plus tard, membre de l'académie Goncourt
Lorsqu’elle mourut, en 1954, l’Eglise lui refusa les obsèques religieuses, pour sa «mauvaise vie», mais la France elle, lui offrit des funérailles nationales. Elle repose au Père Lachaise.

J'aime être gourmande - . Colette

Les appétits de la vie
Note :

   "Arrière les épices coup de cymbales, l'alcool grosse caisse , la sauce jazz! Arrière la goinfrerie, la gloutonnerie et autre intempérances! Cachez-vous de même régimes!"
   
   Quel plaisir de retrouver la langue drue, charnelle, roborative de Colette!
   
   D'entrée de jeu Guy Martin nous fait saliver en imaginant le menu qu'il aurait élaboré pour cette "gourmande de la vie." Gérard Bonal et Frédéric Maget nous précisent ensuite que les 13 textes ici rassemblés ont été sélectionnés parmi les articles que l'auteure des Claudine avait rédigés pour le magazine Marie-Claire, des textes où elle s'adresse en toute camaraderie aux lectrices et ce dans une période troublée (les textes vont du 27 janvier 1939 au 24 mai 1940).
   
   Très éclectique, Colette nous livre la recette du café au lait de concierge, se régale (et nous avec elle) à énumérer les plats dont elle fait son ordinaire, parle "du haut de [ses] soixante ans" de l'amour et de sa durée, promettant , la coquine, "certaines surprises dont nous ne devons rien laisser savoir, sinon qu'elles mettent parfois sur un visage et dans des regards de femme mûre, l'éclat triomphant qui illumine les jeunes épouses..."
   
   Les chats sont bien sûr au rendez-vous- un texte tout en délicatesse et émotion- mais Colette célèbre tout autant les quartiers de Paris qui sont autant de provinces, le courage des femmes qui ont remplacé un peu partout les hommes partis au front ou la nécessité de conserver un décor agréable, un peu de frivolité dans ces temps difficiles. Elle se penche également sur les enfants, célébrant leurs capacités remarquables, ce qui ne manque pas d'étonner quand on connaît la relation perturbée qu'elle entretint avec sa propre fille... C'est parfois inégal, le premier article qui donne sont titre au recueil est une pure merveille et donne aussitôt envie de se replonger, pour prolonger la dégustation, dans le Colette gourmande de de Marie-Christine Clément (une très jolie idée de cadeau)!
   
    96 pages. 9.50 euros, un peu chérot quand même...

critique par Cathulu




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