Lecture / Ecriture
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Mon pire ennemi est sous mon chapeau de Laurent Bénégui

Laurent Bénégui
  Mon pire ennemi est sous mon chapeau
  Naissance d'un père

Mon pire ennemi est sous mon chapeau - Laurent Bénégui

Genre humoristico-policier
Note :

   Rentrée littéraire 2012
   
   Laurent Minkowski est généticien. Chercheur dans un laboratoire privé. Mais il vient de se faire licencier. En plus, il souffre d'une forte hypertension artérielle. Mais de tout cela, Juliette, sa compagne de vingt ans sa cadette -âgée donc d'un peu plus de vingt ans- n'en sait rien. Laurent lui cache tout de peur de la perdre. Et puis, un jour, une camionnette de livraison ouverte en bas de chez lui offre l'opportunité "d'emprunter" un téléviseur dernier cri. Puis c'est au tour d'un vélib de se retrouver dans ses mains, puis dans celles d'un receleur. Voilà, Laurent est entré dans le banditisme, ce qui ne va pas lui faciliter sa vie déjà un petit peu compliquée.
   
   Fiez-vous au titre : à la fois drôle et un rien intrigant. Eh bien, le livre c'est ça! Drôle, léger par moments, mais aussi moins à d'autres instants. On rit beaucoup aux aventures de Laurent, à ses mésaventures devrais-je même écrire. Rocambolesque, jubilatoire. Ça part dans tous les sens pour le plus grand plaisir du lecteur, enfin le mien au moins, mais je ne doute pas que vos zygomatiques travailleront dur à cette lecture. Laurent Bénégui met son héros dans des situations désopilantes et périlleuses pour lesquelles on ne voit pas d'issue heureuse, mais... (Oh, Yv ce suspense! Insoutenable!)
   En outre, il se plaît à placer quelques formules délicieuses :
   "Je venais de vaporiser une grande partie de ses illusions. Du moins celles entretenues à mon égard. Pour les autres, je ne m'inquiétais pas. Sa confiance en la vie était telle qu'elle aurait planté un rosier grimpant au pied de la tour Eiffel." (p.55)

   
   Il m'est difficile d'en parler beaucoup plus parce que je ne veux pas dévoiler l'intrigue de peur que vous manquiez les surprises et que vous ratiez quelques secondes de plaisir. Sachez qu'il y est question d'un bébé qui pourrait faire basculer la vie de tout ce petit monde, de relations difficiles entre tous les protagonistes et d'une véritable intrigue policière qui tient le lecteur jusqu'aux ultimes pages. Alors certes, ce n'est pas un polar proprement dit, mais l'auteur a le talent pour nous mener de bout en bout sans nous ennuyer, bien au contraire.
   
   Je ne connaissais pas Laurent Bénégui -eh oui, j'ai honte, et j'étale là mon inculture! Bon, en fait je connaissais son nom et le titre de certains de ses romans précédents (Au petit Marguery, Le jour où j'ai voté pour Chirac, entre autres). Ce que j'ai pu lire ici où là me laisse accroire qu'il excelle dans le genre humoristico-romanesque. Preuve en est de ce dernier roman -qui sort pour cette rentrée littéraire- et de cet extrait d'un dialogue :
   "- Pardon, je ne savais pas que vous teniez un journal intime...
   - Moi non plus, s'amusa Juliette.
   Oui, j'ai commencé vendredi, j'ai arrêté samedi. Je trouve ça assommant. Je ne sais pas comment Chateaubriand a tenu cinquante ans..." (p.197)

   
   J'espère vous avoir convaincu de plonger dans ce roman. Sinon, pour les dubitatifs -non, non ce n'est pas une grossièreté-, je peux rajouter que Juliette est une superbe rousse aux formes parfaites et que Laurent Bénégui n'est point avare de faire profiter de ses prouesses conjugales, en tout bien tout honneur, il va sans dire. Sexy, juste ce qu'il faut! Ah, là, je vois que j'ai recruté du lectorat masculin! (Eh, en plus, les mecs, Laurent Bénégui, il est aussi réalisateur : avec un peu de chance, il va en faire un film de son roman, très visuel)
   
   Et pour finir sur une note plus culturelle, plus intellectuelle, je vous livre là les quatre dernières phrases du bouquin qui disent aussi que ce livre n'est pas que drôle :
   "Car c'est ce à quoi servent les mots. A transmettre à chacun le récit de ses origines. Les mots qui vont et viennent, que l'on perd et que l'on retrouve. Et qui forment l'héritage de l'homme." (p.312)

critique par Yv




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