Lecture / Ecriture
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La reine Margot de Alexandre Dumas

Alexandre Dumas
  La Dame Pâle
  La reine Margot
  Les Cenci
  Pauline
  Le Comte de Monte-Cristo
  La Dame aux camélias
  La guerre des femmes
  Le capitaine Pamphile
  Les trois mousquetaires
  Le meneur de loups
  La Comtesse de Saint-Géran
  La route de Varennes
  Le Chevalier d'Harmental
  La Volga
  Georges

Alexandre Dumas, (dit aussi Alexandre Dumas père) est un écrivain français né en 1802 et mort en 1870.

La reine Margot - Alexandre Dumas

Limite gore
Note :

   Extrait :
   
   "Sous des rideaux de velours fleurdelisé d'or, dans un lit de chêne sculpté, une femme à moitié nue, appuyée sur son bras, ouvrait des yeux fixes d'épouvante.
   La Mole se précipita vers elle.
   "Madame! s'écria-t-il, on tue, on égorge mes frères; on veut me tuer, on veut m'égorger aussi. Ah! vous êtes la reine... sauvez-moi." Et il se précipita à ses pieds, laissant sur le tapis une large trace de sang. »

   
   
   Après un tout petit mini séjour de 3 ans dans ma pile, j'ai soudainement eu une envie folle de Dumas. Il ne faut pas se poser de question, ça me prend parfois, comme ça. C'est donc sur ce roman que s'est porté mon choix. Choix heureux d'ailleurs.
   
   Ce roman est le premier d'une série de trois qui porte sur les Valois et les guerres de religion. L'histoire se déroule sur deux ans à compter du mariage de Henri de Navarre avec Marguerite, sœur du roi Charles IX, pour des raisons purement politiques. La guerre entre les huguenots et les catholiques fait rage et le roman s'ouvre sur le massacre de la St-Barthélémy, avec la violence qu'on lui connaît. Bref, un roman d'intrigues politiques, de manigances de cour, de complots et de trahisons. Oui, il y a des capes et des épées -même un célèbre manteau rouge cerise - mais on se passionne surtout pour les stratégies, les plans fous et la façon de les éviter. Et bon, si j'ai mis un moment à bien démêler qui est qui, je me suis ensuite passionnée pour ces intrigues, j'ai tremblé avec Henri de Navarre, pour La Mole, pour la reine Marguerite et pour Coconnas.
   
   La Reine Margot, bien que très présente dans le roman, n'est pas l'instigatrice de tous les événements. La tête pensante, c'est plutôt Catherine de Médicis qui, effrayée par une prophétie qui disait que ses trois fils seraient rois et qu'Henri de Navarre mettrait finalement fin au règne des Valois, tente par tous les moyens de parvenir à ses fins, précipitant plutôt le destin. L'atmosphère de cour est malsaine, personne ne peut avoir confiance en personne, tout le monde est prêt à tout pour avoir du pouvoir. Bref, il faut être sur ses gardes. Et parallèlement à tout ça, nous rencontrons deux gentilshommes de clans rivaux, la Mole et Coconnas, qui deviendront inséparables, amoureux et dont l'amitié deviendra légendaire.
   
   Encore une fois, on retrouve dans ce roman ce souffle si particulier qui fait qu'un Dumas est un Dumas envers et contre tous. Ce n'est pas le plus spectaculaire mais il rend les personnages réels, vivants et très humains, avec leurs forces et surtout leurs faiblesses. Le roi Charles IX est dépeint comme un être sans trop de scrupules, tant qu'il n'est pas trop dérangé dans ses habitudes. Quant à la reine mère, elle est terrible. Certaines scènes sont particulièrement vivantes, certaines sont presque effrayantes (toutes les scènes chez René le parfumeur, entre autres) et ce Louvre où l'intimité n'existe pas avec ses passages secrets, ses murs percés est presque un personnage. D'autres scènes sont très sanglantes, voire même un peu gore, sans tout de même pousser la note.
   
   Bien entendu, comme toujours, Dumas a pris des libertés avec l'histoire. J'ai adoré démêler le vrai du faux et faire le lien entre les événements réels et ceux du roman. Les romans de Dumas rendent réellement les grands (et moins grands) de l'Histoire vivants et inoubliables! Ma préférence va toujours aux trois mousquetaires et au comte de Monte-Cristo mais ce fut tout de même un mémorable moment de lecture!
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critique par Karine




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Tragédie nationale et personnelle
Note :

   Avec "La Reine Margot", publié en 1845, Alexandre Dumas se plonge dans l'histoire tourmentée et sanglante du XVIème siècle entre 1572 et 1574, en pleine guerre de religion.
   "La Reine Margot" est le premier volume d'une trilogie sur les guerres de religion : le second sera "La dame de Monsoreau" et le troisième : "Les quarante-cinq".
   
   La Reine Margot, héroïne éponyme du roman, est Marguerite de Valois, fille de Catherine de Médicis et de Henri II, sœur de trois rois de France : François II, Charles IX et Henri III. Sa mère la contraint à épouser son cousin Henri de Navarre, protestant, dans le but de réconcilier les factions religieuses qui se déchirent le royaume. Le mariage a lieu à Paris le 18 août 1572 où sont réunis pour l'occasion tous les chefs huguenots du royaume. Cette union est mal acceptée par le parti catholique dont la famille de Guise et le pape. L'amiral Coligny, l'un des chefs de la réforme protestante, subit alors une tentative d'assassinat qui met le feu aux poudres.
   
    Catherine de Médicis et son fils Charles IX ordonnent le massacre des protestants : c'est la Saint Barthélémy dans la nuit du 23 au 24 août 1572. L'amiral Coligny, défenestré, y est assassiné. La Saint Bathélemy se poursuit pendant plusieurs jours dans Paris malgré les tentatives du roi pour l'arrêter. Le peuple fanatisé par le clergé poursuit le massacre qui s'étend à plus d'une vingtaine de villes de Province.
   
   Le livre de Dumas est un histoire de violence et de sang, terrible, tumultueuse, où complots, trahisons, assassinats, se succèdent mais Alexandre Dumas n'est certainement pas en dessus de la vérité. L'époque est fanatique, les grandes familles catholiques ou protestantes comme les Guise ou les Coligny, au-delà des croyances religieuses, poursuivent des buts politiques, se disputent le pouvoir et peuvent tout se permettre. La très catholique et redoutable Catherine de Médicis exerce une influence pernicieuse sur ses fils. Les personnages sont animés par la haine, le fanatisme, l'ambition, le jeu du pouvoir y est sans retenue, le sang coule à flots.
   
    Dans le roman de Dumas, Marguerite de Valois et Henri de Navarre ne s'aiment pas mais concluent un pacte politique. Marguerite de Valois sauve la vie à son époux. Parallèlement à l'intrigue politique Dumas concocte une histoire d'amour qui finit tragiquement entre Marguerite et le jeune comte de la Mole, protestant, accusé de complot qui finira décapité.
   
   Si Dumas a pris des libertés avec l'histoire, c'est paraît-il avec Marguerite de Valois dont il a, nous dit-on, contribué à l'image de femme dépravée qu'elle est à nos yeux. Sous le joug absolu de sa mère (son père Henri II est mort quand elle avait 6 ans) elle est surtout une victime, un pion politique entre les mains de sa mère et de ses frères. Elle a eu des amants - tout comme son mari Henri IV- mais ce qui était admis chez un homme ne l'étais pas chez un femme, d'où sa réputation. C'était surtout une femme lettrée, connue pour sa grande culture : elle a tenu une cours littéraire, écrit de la poésie et est l'auteur de Mémoires, et d'une belle correspondance.
   
   Le roman d'Alexandre Dumas plein d 'aventures, de rebondissements, est agréable à lire. Comme d'habitude, Alexandre Dumas sait ménager le suspense, relancer l'intérêt mais l'ouvrage est plus sombre, plus grave que certains de ses autres romans comme "Les Trois mousquetaires", par exemple. La période historique est trop trouble et les personnages historiques trop marqués par un destin impitoyable. Le film de Patrice Chéreau met en scène d'une manière somptueuse ces événements tragiques qu'Alexandre Dumas, en son temps a porté lui-même sur scène, au théâtre.

critique par Claudialucia




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