Lecture / Ecriture
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La sœur de Sándor Márai

Sándor Márai
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Sándor Márai est un écrivain et journaliste hongrois né en 1900 à Kassa alors partie de l'Empire austro-hongrois (aujourd'hui Košice, en Slovaquie) et mort (suicide) en 1989 à San Diego aux États-Unis.
(Source Wikipedia)


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

La sœur - Sándor Márai

Douleur
Note :

   Ecrivain hongrois (1900-1989) Sandor Marai a écrit de nombreux romans, aux accents crépusculaires et mélancoliques.
   
   Dans un petit hôtel de Transylvanie, le narrateur, un écrivain, venu passer Noël en pleine guerre mondiale reconnaît parmi les quelques hôtes, un célèbre pianiste et compositeur, Z., qu’il a fréquenté autrefois et qui a disparu de la scène internationale depuis de nombreuses années. Solitaire, hautain, fuyant la petite société, il passe ses journées à errer dans la forêt environnante. Mais le soir de Noël, un drame secoue la petite communauté, un couple vient de se suicider par amour. C’est Z. qui, à travers la cloison, entend, grâce à son oreille absolue, une plainte si ténue qu’elle en est inaudible. Le lendemain, plongé dans ses pensées, dans un paysage enneigé propice à la méditation, le narrateur croise au détour d’un chemin Z. qui, dans un instant de relâchement, lui confie ce qui lui est arrivé. Huit mois après ce Noël tragique, le narrateur apprend la mort du pianiste et reçoit le manuscrit dans lequel Z. relate les événements qui l’ont conduit à fuir la musique et le monde.
   
   C’est ce manuscrit qui fait la matière de la deuxième partie du roman. Fuyant la femme qu’il aime sans espoir, il part à Florence pour échapper à sa douleur. Subitement atteint d’un mal indéfini, il est hospitalisé après son concert. Paralysé, souffrant atrocement, Z., aux portes de la mort, entend une voix lui dire : "Je ne veux pas que tu meures". Persuadé qu’il s’agit d’une des quatre sœurs qui s’occupent de lui, il sonde leurs faits et gestes à travers le peu de conscience qui lui reste.
   
   Un roman crépusculaire sur l’amour, la maladie, la souffrance.
    ↓

critique par Michelle




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Raté !
Note :

    « En 1939, un pianiste hongrois en pleine gloire est brusquement hospitalisé à l'issue d'un concert à Florence, victime d'un mal mystérieux. Il va passer trois mois en proie à de grandes souffrances, dans un état quasi-hallucinatoire parfois, tandis que quatre infirmières, des religieuses à la fois bienveillantes et un peu inquiétantes, lui dispensent l'oubli à coups de morphine. Ce sont ses "rendez-vous chimiques" qu'il attend avec l'impatience d'un amant. Tandis qu'au-dehors la guerre se déchaîne, Z mène à huis clos un combat contre un mal intérieur dont il cherche les causes. Il revisite la relation passionnelle qu'il entretient depuis plusieurs années avec une femme mariée, belle et frigide. Un bonheur qui se nourrissait du manque et du déni. Mais la dépossession de soi qu'engendre la maladie est peut-être le premier pas vers une renaissance. » (4ème de couverture)
   
   Autant j'avais aimé "Les Braises" de Sandor Marai, autant là, je ne réussis pas à m'intéresser à cette histoire, écrite peu après pourtant, dans les années 1940. L'introduction de près de 80 pages est longue et la mise en route ardue. Et puis, après cette entrée en matière décevante pour moi, j'ai eu du mal à passer outre mes premières impressions. Il peut en être ainsi parfois des rencontres avec de grands écrivains, néanmoins, je garde ce bouquin tout près et tout prêt au cas où, un jour de meilleure disposition, je voudrais m'y remettre.
    ↓

critique par Yv




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Le perfectionniste
Note :

   Parti passer une semaine à la neige, le narrateur est déçu, il pleut sans arrêt et la neige fond. Il ne lui reste plus qu'à observer le microcosme des hôtes de l’hôtel (simple refuge de montagne) où il est coincé et c'est ainsi qu'il se trouvera connaître l'histoire de ce musicien célèbre qui fait le corps de ce roman.
   
   Et la vie de ce musicien, est l'expérience compliquée d'un amour raté et des conséquences non maîtrisables du refoulement et du déni.
   
    Parce que les circonstances sociales et, selon lui, la frigidité de l'objet de sa flamme rendent impossible la réalisation de son amour, le musicien accepte d'y renoncer et de s'éloigner. Il pense tourner la page et poursuivre sa très brillante carrière comme si rien ne s'était passé, mais ce qui advient, c'est qu'il tombe brusquement très gravement malade, d'une maladie très douloureuse qu'on ne peut cerner mais qui le contraint à de longs mois d'hôpital et met même sa vie en danger.
   "J'avais compris quelque chose, non pas avec mon cerveau mais avec mon corps, et ce quelque chose venait de commencer."

   
   Alors qu'il est un virtuose mondialement célébré, il commence par douter lui-même de son travail et craint de ne pas avoir en fait interprété la musique comme il aurait dû. Perdre l'espoir en amour l'amène de façon imprévue à perdre aussi la confiance en son talent. "Ce qui est le contenu divin de la musique, je l'avais perdu" pour "s'égarer dans les chemins de la perfection."
   Sa destruction sape même ce qui est le moteur de sa vie : la musique.
   
   "Oui, c'était elle (la femme aimée) qui se trouvait derrière tout cela ; derrière la maladie mais aussi derrière la guérison.

   
   Hospitalisé d'urgence, c'est là que, réduit à l'impuissance et en danger de périr sans même comprendre pourquoi, il ne lui reste plus qu'à s'abandonner totalement puis, cette étape franchie, à observer autour de lui. Et autour de lui, ce sont les membres du corps médical (toute visite lui étant interdite) et en particulier des religieuses qui servent d'infirmières et d'aides soignantes. (Voilà la "Sœur" du titre).
   
   On ne peut qu'admirer l'intelligence et la finesse du travail de Sandor Marai qui met en lumière les différents recoins de l'évolution du mal, sans jamais user d'un trop fort projecteur qui écraserait tout, sans expliquer, faisant à son lecteur l'honneur de lui croire l'intelligence de comprendre, au moins en partie, ce qu'on lui montre. Ce livre demande par ailleurs un lecteur qui ait le goût de l'introspection, car elle y est très largement développée, occupant la majorité du livre, portant sur la maladie, les relations entre le corps et l'esprit, l'amour, la mort. Même les religieuses n'échappent pas à la problématique.

critique par Sibylline




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