Lecture / Ecriture
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Les chemins de l’évasion de Graham Greene

Graham Greene
  Orient express
  Les naufragés
  Tueur à gages
  Le rocher de Brighton
  L'agent secret
  La puissance et la gloire
  Le troisième homme
  La fin d’une liaison
  Un Américain bien tranquille
  Notre agent à La Havane
  La saison des pluies
  Les comédiens
  Voyages avec ma tante
  Une sorte de vie
  Le facteur humain
  Les chemins de l’évasion
  Docteur Fisher de Genève
  Monsignor Quichotte
  Le dixième homme
  Le capitaine et l'ennemi
  La chaise vide et autres récits inédits
  Le ministère de la peur

AUTEUR DES MOIS D'AOUT & SEPTEMBRE 2012

Graham Greene est un écrivain britannique né en 1904 et décédé en 1991.

Son père était instituteur. Il poursuivit ses études en internat, période qu'il détesta tout particulièrement, et finit son éducation supérieure à l’Université d’Oxford. Pendant cette période il s’adonna à toutes les excentricités ce qui, en soit, était plutôt classique.

Penchant à gauche, il rallie pendant un certain temps le Parti Communiste. Plus tard il se convertira au catholicisme, d'abord pour partager la foi de son épouse épouse Vivien Dayrell-Browning.

Il publie son premier ouvrage en 1925, c'est un recueil de poèmes. Il devient chroniqueur pour différents journaux et voyage beaucoup dans le monde entier. Il collabore au MI 6 à partir de la guerre 39/45. Documenté par cette existence, il publie de nombreux romans vite couronnés de succès dès "Orient express" en 1934. A partir de là, il divisera sa production en livres "sérieux" (ambitieux, succès moindre, peu rentables mais porteurs de grandes idées) et "divertissements" (succès commercial, valeur littéraire moindre, mais pourvoyeurs de fonds). La postérité ne lui donnera pas forcément raison.

A partir de 1966, il aura sa résidence en France, à Antibes. Il mourra en Suisse à 87 ans laissant une œuvre importante tant par le volume que par la qualité.


Sa compagne, Yvonne Cloetta, a rédigé leurs mémoires "Ma vie avec Graham Greene".

Les chemins de l’évasion - Graham Greene

Suite de “Une sorte de vie”
Note :

   Titre original : Ways of escape (1980)
   
   "Une sorte de vie" s’arrêtait vers les 27 ans de l’auteur. En 1980 Graham Greene publiait "Les chemins de l’évasion", la suite, jusque justement la fin des années 70.
   Il y met en parallèle l’écriture de ses romans avec les moments et les lieux déclencheurs de ses romans. On touche maintenant, au contraire de "Une sorte de vie", au Greene célébré, reconnu.
   On se rend compte que sa vie fut passablement aventureuse avec quelques moments… chauds. Mais d’abord, des considérations relatives à l’écriture :
   
   "L’écriture d’un roman ne devient pas plus aisée avec la pratique. La lente découverte de sa propre méthode peut être excitante pour un romancier, mais vient un moment, vers le milieu de sa vie, où il éprouve le sentiment de ne plus contrôler cette méthode ; il en est devenu le prisonnier. Alors commence pour l’écrivain une longue période d’ennui : il lui semble que toutes ses trouvailles ne sont que des redites."
   "L’écriture est une forme de thérapie ; je me demande parfois comment tous ceux qui n’écrivent pas, ne composent ni ne peignent, parviennent à échapper à la folie, à la mélancolie et à la peur panique qui sont inhérentes à la condition humaine."

   
   Diên Bien Phu fut l’un de ces points chauds. Et Graham Greene qui y fut, du temps de l’Indochine encore - et qui lui inspira "Un américain bien tranquille" - en dit ceci. De Diên Bien Phu et de ce qui s’y passât :
   
   "Diên Bien Phu, en revanche, ne fut pas simplement une défaite de l’armée française, mais marqua virtuellement la fin de tout espoir de domination en Orient que pouvaient nourrir les puissances occidentales. Les Français acceptèrent le verdict avec une logique toute cartésienne. Les Anglais, dans une moindre mesure, firent de même : que les Malais soient prêts ou non à le reconnaître, l’indépendance de la Malaisie fut conquise pour leur compte lorsque les forces communistes du général Giap, ex-professeur de géographie de l’université de Hanoï, l’emportèrent à Diên Bien Phu sur les troupes du général Navarre, ex-officier de cavalerie et ex-chef du 2ème Bureau. (Le fait que de jeunes Américains fussent encore appelés à mourir au Vietnam ne sert qu’à prouver qu’il faut du temps pour que les échos d’une défaite, même totale, fassent le tour du globe.)"

   
   Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces échos ne sont toujours pas, en 2012, parvenus jusqu’à Washington. Les dirigeants américains devraient davantage lire Graham Greene!
   La Malaisie, le Mexique, les Mau-Mau, la Sierra Leone, … furent d’autres de ces points chauds où ce n’était pas un hasard, en fait, de croiser Graham Greene.
   Vous voulez savoir comment un évènement de la vie d’un homme peut faire naître un roman dans l’intellect d’un homme? Lisez "Les chemins de l’évasion".

critique par Tistou




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