Lecture / Ecriture
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Le dit de Murasaki de Liza Dalby

Liza Dalby
  Le dit de Murasaki

Le dit de Murasaki - Liza Dalby

Naissance du roman japonais
Note :

   Japon, XIe siècle, Fuji Shibuku, jeune femme issue d'une famille noble, n'est guère commune avec son amour, sa connaissance de la littérature chinoise et son talent incontestable pour l'écriture. Loin de se contenter de composer de la poésie, elle invente Genji, prince radieux dont les aventures vont lui valoir la célébrité et lui ouvrir les portes de la cour impériale. Nul ne le sait encore, mais elle écrit alors ce qui deviendra le premier roman de la littérature japonaise.
   
   Si "Le dit de Genji" est un des textes majeurs de la littérature japonaise, il ne reste guère de traces de son auteur, si ce n'est un journal fragmentaire et des poèmes, quelques dates marquantes et son statut de dame d'honneur de l'impératrice Shôshi. Peu, mais suffisant pour Liza Dalby, anthropologue spécialiste du Japon, qui a fait le choix de compléter ce journal et démontre non seulement l'étendue de ses connaissances, mais aussi son incontestable talent littéraire. Non seulement elle fait vivre sous sa plume un très beau personnage féminin, aux pas duquel on s'attache avec plaisir et parfois tristesse, mais elle offre aussi, et surtout, une merveilleuse reconstruction de l'ère Heian. Elle fait revivre pour son lecteur un monde mort depuis longtemps dans sa complexité, son raffinement, son aveuglement et parvient à merveille à évoquer l'atmosphère des maisons et des palais, le raffinement qui masque à peine la violence des relations humaines.
   
    Parsemé de poèmes waka de l'époque Heian, la plupart de la plume même de Murasaki, "Le dit de Murakasi" est un petit bijou.
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critique par Chiffonnette




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La première romancière japonaise nous fait encore rêver
Note :

   Ce roman qui m’a été offert m’a ouvert tout un monde : celui du Japon et de ses traditions. J’avoue que j’en connais très peu sur ce pays. J’ai même dû aller lire un peu après quelques pages parce que j’avais peur de manquer des références. Mais bon, assez de racontage de vie et passons au roman!
   
   Murasaki Shikibu est l’auteure du premier "roman" japonais, "Le dit du Genji" (roman que je veux lire maintenant, d’ailleurs). Elle a vécu aux alentours de l’an 1000 et était la fille d’un lettré japonais. C’est son histoire que Liza Dalby a reconstituée ici à partir du fameux roman et d’extraits de ses lettres et journaux. Bien entendu, c’est romancé. On s’entend qu’elle ne l’a pas interviewée hein! Mais Dalby est anthropologue spécialiste du Japon, ce qui me pousse à dire qu’elle ne nous raconte quand même pas n’importe quoi.
   
   C’est donc la vie de cette femme qui, enfant, a imaginé avec sa cousine un prince parfait, un prince Radieux, séducteur, magnétique : le prince Genji. Nous la verrons évoluer d’enfant sans mère à jeune fille un peu hors-norme, puis en mère et en femme. Nous la verrons à Miyako, en province et à la cour de l’impératrice Shoshi, à l’époque du régent Michinaga, l’homme derrière l’empereur. Nous rencontrerons une femme passionnée mais aussi contemplative, ayant des hauts et des bas et une vision de la vie souvent triste, désabusée. Mais c’est surtout tout un monde que nous voyons naître devant nos yeux. Un monde d’antan mais un monde qui devient terriblement vivant sous la plume de Liza Dalby.
   
   Ça a été un réel plaisir pour moi d’évoluer dans cet univers d’écrans de papier, de dents laquées et de robes magnifiques, multiples et soigneusement assorties. Cet univers où l’on se parle par poèmes, où tout est raffiné et où on se fait la cour derrière des éventails. Tout au long du roman, on retrouve les poèmes de Murasaki, remplis d’images et de double-sens.
   
   Un roman et un monde à découvrir et dont je me suis délectée.
   
   Sauf que maintenant, j’ai une envie folle d’aller au Japon. De l’an 1000.

critique par Karine




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