Lecture / Ecriture
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Méridien de sang de Cormac McCarthy

Cormac McCarthy
  Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme
  La route
  Un enfant de Dieu
  L'obscurité du dehors
  Méridien de sang
  Le gardien du verger

Cormac McCarthy est un écrivain américain né en 1933 à Providence (Rhode Island).

Méridien de sang - Cormac McCarthy

Le rougeoiement du soir dans l'Ouest
Note :

   J'ai gardé comme titre le sous-titre du livre en question. Je fais rarement ça mais il est si beau qu'il pourrait être élégiaque, bucolique, poétique. Fausse "Route", tiens, un autre livre pessimiste de Cormac McCarthy. Mais attention, c'est du brutal. J’ai mis assez longtemps relativement pour lire "Méridien de sang" car c'est épuisant. Une horde hétéroclite de types sans foi ni loi, d'une cruauté impensable et totalement fantasmagorique hante le Sud et le Mexique dans les années 1850. Peu importe l'époque, de toute façon on est complètement hors norme, la trace la plus marquante de ce bouquin très riche étant quand même le massacre. Mais alors le massacre élevé au rang d'un art majeur. En quatrième de couv. on cite "La horde sauvage", le film de de Sam Peckinpah et on n'a pas tort. La violence, le baroque, l 'horreur éclatent à chaque chapitre comme les cerveaux et les viscères et ce vieux Sam, pas un enfant de chœur toutefois, est ainsi relégué au jardin d'enfants.
   
   Quelques individus dominants surnagent dans cette sinistre compagnie: Glanton, chef "militaire", le Juge, nommé Holden comme l'acteur principal de "La horde sauvage", caution "morale", un colosse qui se pique de philosophie et de dons pour le dessin, mais c'est à l'abattage en série d'Indiens, Mexicains et tous êtres vivants, qu'il excelle vraiment, le Gamin, seul à posséder une éventuelle ébauche de début d'once d’humanité. Cormac McCarthy est un torrentiel aux longues phrases et aux rares virgules. Cruauté à chaque page, scalps et mutilations, colliers d'oreilles diverses, "Méridien de sang ou Le rougeoiement du soir dans l'Ouest" est un opéra baroque, un peu à la sud-américaine, zébré d'éclairs de sang où la boue succède à la poussière, où les femmes sont putains, vieilles ou mortes ou les trois, où l'armurerie est poésie et où l'on danse beaucoup, une danse obscène de violence, où l'homme dégradé a manifestement perdu la confiance de l'immense romancier McCarthy. Immense et fatigant. Ce sillage de la mort dans le Sud et l'Ouest est somptueux, grotesque et fascinant, du Jérôme Bosch du Nouveau Monde. Mais, Dieu, ou Diable, que c'est éprouvant, tous ces crânes fracassés!
   
   Deux mots encore. McCarthy voue un culte à Melville et c'est vrai qu'il y a du "Moby Dick" dans la quête effrénée et sans limite des assassins de "Blood meridian". Et il semble que Ridley Scott ait renoncé à l'adaptation du bouquin, envisagée il y a quelques années et absolument impossible de toute façon, malgré le sens du visionnaire du cinéaste de "Blade Runner" et "Alien".

critique par Eeguab




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