Lecture / Ecriture
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Éloge du mouton de Pierre Aubé

Pierre Aubé
  Éloge du mouton
  Les empires normands d'Orient

Éloge du mouton - Pierre Aubé

Omniprésence ovine
Note :

   Ainsi que le rappelle l'auteur dans la première phrase de cet opuscule tout entier dédié au mouton :
   
    Le mouton jouit d'une réputation au-dessous du médiocre.
   
   Pourtant le mouton traverse l'histoire, sacrifié par tous les peuples, symbole religieux de l'innocence massacrée mais aussi source de vêtements (laine et peau, cuir ...) et de richesse d'une Australie victorienne par exemple :
   
   L'Australie victorienne naît de la voracité des filatures du Yorkshire. (43)
   Le mouton, de part son utilisation sous forme de parchemin, aide à l'expansion de la culture, fait partie de ses trésors ( le Livre de Kells, Des psautiers précieux, Le très Riches Heures du Duc de Berry, le Roman de Renart, les œuvres de Chaucer ou de Chrétien de Troyes ...). Sa peau sert aussi à la reliure (jusqu'à la Pléiade), au tambour des percussions (qui permettent de danser la gigue - venant du gigot) jusqu'à Dolly ce 25 février 1997 :
   
    Qu'on ait usé d'une brebis pour franchir ce pas décisif dicté par l' "atroce désir de savoir" n'est guère surprenant, eu égard à sa longue soumission. Lesquelles, dorénavant pourront-elles encore reconnaître leur mère?" (67)
   
   Le mouton symbolise le don aux hommes comme aux dieux (holocauste), finit par désigner Dieu lui-même, réincarné dans le Christ :
   
    Adam et Eve, les anges musiciens, les ermites, les chevaliers et le peuple de Dieu marchent vers l'agneau en majesté, sous la lumière du Père et de l'esprit qui illumine cette vision du jardin d'Eden.(92)
   
   L'auteur use souvent de ce style mystique et lyrique pour parler du mouton, le rendre majestueux et plein d'esprit. Peu de peintres, souligne-t-il, se sont intéressés aux moutons hormis Francis Bacon, touché par les images relatives aux abattoirs dans Trois études pour une Crucifixion, 1962).
   
   Enfin le mouton a une vocation expiatoire et les récentes épidémies (tremblante, fièvre aphteuse) ne sont que l'expression que :
   
    Des vérités enfouies refont surface, qui touchent à l'excellence de l'herbe pour nourrir les herbivores
   et à l'inutilité de "produire de la viande pour la détruire". (107)

   
   L'auteur conclut sur la présence du mouton tout au long de notre vie en citant ceux de la crèche.
   
   Bel éloge à cet animal doux et discret qui m'a ému.

critique par Mouton Noir




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