Lecture / Ecriture
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Le Bûcher de Georges Bordonove

Georges Bordonove
  Le Bûcher

Le Bûcher - Georges Bordonove

Minerve : le drame Cathare comme si vous y étiez !
Note :

   Je suis depuis longtemps un lecteur enchanté des essais historiques de Bordonove. L’excellente facture de ceux-ci alliée à l’immense talent de conteur de l’auteur, font de ces ouvrages d’Histoire un moment de plaisir didactique jubilatoire, à vous rendre accroc à l’Histoire de France. Mais jusqu’alors je ne connaissais pas son œuvre romanesque.
   Il y a quelques temps déjà, j’ai lu «Vercingétorix» de Georges Bordonove, un essai sur notre illustre ancêtre gaulois, et dans ce livre, l’auteur nous fait part du manque d’information manuscrite qu’il y a sur cette époque (car les Gaulois n’écrivaient pas, la transmission était orale), et s’excuse, en début d’ouvrage, des quelques libertés qu’il prendra avec l’Histoire de manière à combler ces manques avec des interprétations toutes personnelles et rendre ainsi son récit plus vivant pour le lecteur.
   Ces libertés donnent lieu à quelques envolées romanesques qui ne dénotent pas du tout dans l’exposé, et qui sont tellement à-propos que l’on a du mal à croire que la réalité pourrait en être autrement. Et ma fois, le résultat est tellement agréable, que cela m’a donné envie de découvrir les romans de l’auteur.
   
   Ayant lu il y a quelques temps, et fortement apprécié, l’essai «La Tragédie Cathare» de Bordonove, j’ai décidé de commencer son œuvre romanesque par «Le Bûcher», chronique se situant à la même époque et traitant du même sujet ; histoire de rester en terrain connu. Bien m’en a pris de commencer par celui-ci !
   
   C’est un roman tout bonnement extraordinaire ! Comme on peut s’y attendre, la reconstitution historique est parfaite. Mais là n’est pas le plus important. La métamorphose de l’historien en romancier est subjuguante, époustouflante : romantisme, poésie, émotions fortes sont au rendez-vous ; les personnages, vils ou attachants, sont travaillés en profondeur et donnent à l’histoire ( ou Histoire ) une dimension surprenante ; les vêtures, des humbles, des marchands, des nobles, des hommes de culte, des soldats et des chevaliers sont mises en scène avec précision et participent pleinement à l’atmosphère médiévale ; les batailles sont d’un réaliste stupéfiant ; le peuple dans ses actes quotidiens de la vie, l’esprit et les mentalités de l’époque sont rendus avec une grande justesse ; la retranscription des jeux et enjeux politiques est brillamment mêlée à cette tragédie humaine ; et le final, non moins tragique, est digne des plus grands noms du romantisme.
   
   Le style aussi revêt une grande importance dans l’élaboration des couleurs de cette fresque moyenâgeuse. L’emploi de tournure de phrase et de vocabulaire ancien – sans pour autant en abuser – donne une saveur authentique au récit, voire pittoresque en certaines occasions mais sans jamais céder au saugrenu. C’est un délice que d’enchaîner les pages les unes après les autres tant la plume de l’auteur est enchanteresse. Si ce n’est pour mettre un terme au drame Minervois, j’aurais souhaité que cela dure beaucoup plus longtemps.
   
   C’est un roman avant d’être un roman historique. Il me semble qu’il n’est point besoin d’attacher beaucoup d’intérêt à l’Histoire pour pleinement apprécier ce livre. Nonobstant, tout en vous divertissant, ce roman vous en apprendra beaucoup sur cet épisode déterminant de la Tragédie Cathare.

critique par Hervé M




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