Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Ciel cruel de Herbjørg Wassmo

Herbjørg Wassmo
  Voyages
  Le livre de Dina
  La fugitive
  Un long chemin
  Mon péché n'appartient qu'à moi (Karna, t.1)
  La Véranda aveugle
  Cent ans
  La chambre silencieuse
  Ciel cruel
  Thesaurus (tome 2)

Herbjørg Wassmo est l’auteur d’une œuvre considérable, des livres pour enfants à l’écriture théâtrale en passant par la poésie. Œuvre inscrite aux programmes scolaires et universitaires, et qui, traduite en de nombreuses langues, connaît un succès populaire exceptionnel. Elle est, en Scandinavie, l’écrivain mondial le plus lu, et Dina a pris place aux côtés des grandes héroïnes de la littérature.(source l’éditeur)

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Ciel cruel - Herbjørg Wassmo

Jusqu’au bout du drame
Note :

   ATTENTION CE COMMENTAIRE RÉVÈLE L'HISTOIRE
   (Peut-être préférerez-vous le ire après avoir lu le livre)
   
   
   Finalement, je n’ai pas pu attendre plus longtemps pour connaître la suite de l’histoire de Tora… Je suis donc passée illico presto au troisième volet, «Ciel cruel» (après «La véranda aveugle» et «La chambre silencieuse»).
   
   On y retrouve Tora juste après avoir accouché de son "oisillon", son bébé mort qu’elle a enterré sous un tas de pierres. Elle va de plus en plus mal. Elle perd le contact avec la réalité, s’isole, ne parle plus à personne, mises à part les «mamans-oiseau» qui doivent venir chercher leur oisillon… C’est grâce à sa tante Rakel qu’elle reprend pied dans la vie réelle ; Rakel, qui restera la seule à qui Tora confie ce qu’elle a vécu et qui l’aide, la protège, devient le rempart qui se dresse entre Tora et son violeur de beau-père, Henrik. Mais Rakel meurt. Souffrant d’un cancer et sentant la fin approcher, elle s’arrange pour se noyer. Elle laisse derrière elle son mari Simon, inconsolable, et Tora qui replonge dans ses délires, se prenant pour Rakel et voulant séduire Simon…
   
   J’avais espéré que Tora s’en sortirait (c’est mon côté guimauve… je dors tellement mieux après un happy-end!), qu’elle reprendrait le dessus… mais non! Elle disjoncte complètement, incapable d’avoir une relation normale avec quiconque. Elle entend toutes sortes de voix qui l’empêchent de penser et voit des bonhommes de pain d’épice qui menacent de la dévorer… A la fin du livre, nous la quittons seule dans la neige, assise près du tas de pierres où elle a dissimulé son enfant, attendant un bateau imaginaire qui l’emmènerait avec Rakel voir la famille de son père allemand à Berlin…
   
   Eh oui, ce n’est pas vraiment ce qu’on appelle une lecture réjouissante! Mais en même temps, c’est exempt de toute trace de mélo, de sentimentalisme larmoyant. C’est ce que j’ai apprécié. Bien sûr que nous suivons Tora avec empathie, mais l’auteure sait nous garder à l’écart. Le lecteur prend en quelque sorte la place du psychanalyste que Tora mériterait de consulter!
   
   Un «bel» exemple des dégâts mentaux irréparables causés par une enfance martyre…
   
   J’ai rarement lu quelque chose d’aussi fort!
   
   
   Trilogie de Tora
   
   1. La Véranda aveugle
   2. La Chambre silencieuse
   3. Ciel cruel

    ↓

critique par Alianna




* * *



Fin en pente douce
Note :

   1ere parution 1986.
   
   C’est le troisième et dernier livre de l’histoire de Tora. Nous sommes en 1958. La jeune fille ne se remet pas de son accouchement d’un bébé mort, fruit du viol de son beau-père. Le lecteur la plaint tout en l’admirant. Physiquement elle est malade, fiévreuse et saignant trop. Moralement, elle est désespérée et délirante. On a remarqué dès le premier tome qu’elle était sujette aux visions, ses récentes épreuves ont aggravé la situation. Une poésie sombre se dégage de ses divagations. Et pourtant, elle parvient à dissimuler ce qui lui arrive, à sa logeuse, ses professeurs et ses camarades de classe. Elle parvient même à travailler correctement au cours complémentaire et à obtenir de très bons résultats.
   
   Tora finit par se confier à sa tante Rakel, venue lui rendre visite à Breiland. Rakel l’entoure d’affection, la sort de son isolement, lui répète qu’elle n’est responsable de rien, et que son épreuve la rendra plus forte. On ne peut rien dévoiler par égard pour Ingrid ; Henrik restera impuni, mais Rakel réussit à l’effrayer : les conséquences seront positives non seulement pour Tora qu’il n’approche plus, mais pour Ingrid. Son époux devient sobre et se met à travailler!!
   
   Hélas, Rakel n’a plus longtemps à vivre. Elle confie à Tora de singulières pensées : que les êtres humains ne font qu’un et que la conscience d’être une individualité séparée n’est qu’une illusion, de même que la perception du temps. On comprend que Rakel aie voulu s’armer contre l’épreuve ultime avec cette pensée mystique.
   
   D’ailleurs, une atmosphère mystique, de communion avec les éléments naturels, et de communication entre les êtres sans se parler, imprègne l’intégralité du "livre de Tora".
   
   Mais ici la jeune fille s’enfonce dans les hallucinations, et s’imagine entrer dans la peau des gens qu’elle connaît. Vivre dans la tête de Tora délirante désespère le lecteur et finit même par l’ennuyer… les autres personnages, eux, continuent d’évoluer et de nous intéresser. Dans l’ensemble ce récit est plutôt moins bon que les deux précédents, mais reste de grande qualité.

critique par Jehanne




* * *