Lecture / Ecriture
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Le Sang des pierres de Johan Theorin

Johan Theorin
  L'Heure trouble
  L'écho des morts
  Le Sang des pierres
  Froid mortel
  Fin d’été

Johan Theorin est un écrivain et journaliste suédois né en 1963.

Le Sang des pierres - Johan Theorin

Sans grandes surprises
Note :

   Peter vient d’hériter d’une maison sur l’île d’Öland. Il la connaissait bien, et compte s’y installer au printemps et en été. Divorcé, il y emmène ses deux enfants adolescents, Nilla et Jessup pour les vacances de Pâques. Mais Nilla tombe malade, et Peter reçoit des appels angoissés de son vieux père, Jerry.
   Jerry, qui a beaucoup gagné et perdu dans l’industrie du porno, voit son studio incendié avec dedans deux victimes inidentifiables. Il est en danger, et depuis son accident cérébral ne peut plus bien s’exprimer. Peter, que les activités et l’absence de morale de son père dégoûtent, a toutefois promis à sa mère, à présent décédée, de s’occuper de lui. Il enquête sur les ennemis possibles de Jerry.
   En attendant, sa voisine Vendela, réunit tous ses voisins chez elle, pour faire connaissance. Il y a Max, l’époux de Vendela, investi dans les livres de «développement personnel»( que sa femme écrit pour lui), autoritaire, un personnage antipathique que l’on soupçonne de bien des choses…
   Fuyant la maison de retraite trop lugubre, le vieux Gerlof est revenu chez lui pour y finir ses jours au printemps de ses 83 ans. Comme on le comprend!
   Mais le soir de la fête, les invités ne s’entendent pas si bien, et le vieux Jerry va faire un scandale…
   
   Bon début. Les deux personnages de Peter et Vendela de retour sur l’île d’Öland qu’ils ont chacun des raisons d’apprécier, plaisent. Les elfes et les trolls auxquels croit Vendela nous font sourire, mais cette femme, à la fois puérile et d’une intelligence aiguë, reste un personnage de bonne envergure. On s’intéresse à son passé malheureux sur l’île, aux sentiments intenses qu’elle lui porte. L’intrigue est bien menée.
   
   La fin est un peu décevante, il me semble. Trop attendue. Autres défauts, certaines caractéristiques de l’intrigue sont tirées par les cheveux et Peter a suffisamment de malheurs avec les affaires de son père, sans qu’on en rajoute.
   
   L’ensemble reste agréable, j’ai préféré cependant les deux précédents romans.
    ↓

critique par Jehanne




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Encore une belle saison
Note :

    C'est la troisième fois que l'on visite l'île d'Öland sous la houlette de Johan Theorin qui a choisi d'y consacrer un cycle suivant le rythme des saisons : on y a déjà passé un automne et un hiver, "Le sang des pierres" se déroule au printemps, une saison au cours de laquelle les résidences secondaires de l'île reprennent vie. Parmi les arrivants, Peter Mörner, fils d'un ancien magnat du porno suédois qui va être victime d'un étrange règlement de comptes.
   
   Comme dans le volume précédent, "L'écho des morts", Johan Theorin incorpore à son histoire des éléments surnaturels et ce n'est pas un mince exploit que de parvenir à introduire des elfes et des trolls dans une histoire policière sans sombrer dans le ridicule le plus complet. Avec Theorin, cela fonctionne parfaitement et l'auteur parvient une fois de plus à subjuguer le lecteur par son savoir-faire. La mise en place est certes un peu lente mais une fois la machine en route, les chapitres courts et nerveux s'enchaînent de façon imparable. C'est incontestablement de la belle ouvrage.
    ↓

critique par P.Didion




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Retour des beaux jours
Note :

   "Un voile semblait le séparer du reste du monde. Au loin, il entendit des sirènes étouffées. Qu'avait-il vu, au juste, de ses yeux larmoyants ? Un corps dans un lit, quelqu'un qui prenait la fuite dans la forêt ? Plus il essayait de se souvenir, plus les images devenaient floues".
   

   Après "L'écho des morts" et "L'heure trouble", voici ma troisième lecture de Johan Theorin et le retour à l'île d'Öland, cette fois-ci à la sortie de l'hiver, lorsque l'île commence à se réveiller et voit ses habitants revenir.
   
   L'introduction montre l'un des personnages, Peter Mörner en bien mauvaise posture. Tabassé, arrosé d'essence, une silhouette au-dessus de lui tenant une allumette... il faudra lire tout le roman pour connaître le dénouement de cette scène.
   
   Peter Mörner a hérité d'une maison sur l'île et décide d'y emménager après son divorce. Il a deux enfants, des jumeaux de quinze ans. Une fille gravement malade et hospitalisée, et un fils scotché à son écran de game boy.
   
   Un autre personnage nous est familier, Gerlof, rencontré dans les deux précédents épisodes. Il a maintenant quatre vingt cinq ans et ne veut plus rester en maison de retraite, il préfère mourir chez lui. Son corps le trahit souvent, mais l'esprit est toujours vif et observateur.
   
   Ajoutons Vandela qui vient d'emménager elle aussi dans la maison d'à côté et qui a un lourd passé sur l'île. Son mari est un auteur célèbre dans son domaine, le développement personnel. Disons qu'il est moins brillant dans la vie que dans ses écrits ! Vandela est passionnée par les elfes et les trolls et dans le contexte de l'île ça ne paraît même pas bizarre.
   
   Comme d'habitude avec l'auteur, nous sommes plutôt dans un polar d'atmosphère, qui prend son temps, où le relationnel est plus important que les scènes sanglantes. Les trois personnages évoqués vont se côtoyer sans pour autant mêler leurs histoires. Il est question des relations parents-enfants, des conflits entre conjoints, du poids du passé, de secrets inavouables. L'ambiance particulière de l'île rend les perceptions plus aiguës et j'ai aimé ce troisième roman autant que les précédents.

critique par Aifelle




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