Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Les voies perdues de Pascal Dessaint

Pascal Dessaint
  De quoi tenir dix jours
  Les paupières de Lou
  Cruelles natures
  L'appel de l’huître
  Les derniers jours d'un homme
  Les pis rennais
  Les voies perdues
  Quelques pas de solitude
  Le chemin s’arrêtera là

Pascal Dessaint est un écrivain français né en 1964 à Dunkerque.

Les voies perdues - Pascal Dessaint

« C'est au nord de nulle part. »
Note :

   Photographies de Philippe Matsas
   
   
   Présentation de l'éditeur
   
   "Les voies perdues nous invitent à suivre les traces d'un monde industriel et ferroviaire aujourd'hui disparu, ou en train de disparaître... Les voies perdues, ce sont ces chemins singuliers qui relient les gens du Nord à leur passé, parfois douloureux, dont on se souvient pourtant avec plaisir et mélancolie. Les voies perdues, c'est l'histoire d'une rencontre entre deux hommes, un écrivain et un photographe, qui se sont retrouvés portés par une même idée, un même désir, convaincus que tous les voyages sont possibles, et nécessaires. "

   
   
   
   On le connaît pour ses polars noirs, voire très noirs, son amour de la nature, mais ce qui pointait parfois au détour d'une phrase, se montre ici plus en lumière: la poésie. Cette manière de prêter attention aux détails, aux matières, aux textures, à l'ombre, à la lumière, à l'indicible, qui se laisse parfois capturer.
   
   Cette poésie que l'on trouve aussi dans les photos de Philippe Matsas, en noir et blanc pour signifier le deuil d'une région parcourue par des voies ferrées désaffectées, qui disent les trains d'autrefois, et les actuelles "friches humaines, industrielles ou ferroviaires" qui provoquent "le souvenir ou la mélancolie."
   
   Des hommes, il en sera peu question, et dans les textes et dans les photos, seules demeurent des silhouettes en contre jour, un homme comme démantibulé, une femme et ses enfants regardant au loin ou des traces maladroites d'un amour tagué.
   
   Les lignes géométriques structurent un espace où le ciel a la part belle, un ciel torturé et changeant, le ciel du Nord, quoi! Mais ce sont plus particulièrement les photographies rasant le sol, capturant la grêle de plantes sèches comme des flèches qui semble s'être abattue sur les rails pour mieux les brouiller, les effacer, qui ont retenu toute mon attention. Ce sol qui, sur un autre page "ressemble à une vieille peau tannée, comme celle d'une peau d'hippopotame."Nous retrouvons ici comme un écho de l'univers décrit dans "Les derniers jours d'un homme", une manière de mettre en scène un monde où l'homme est réduit à la portion congrue car le travail a disparu. Restent les cicatrices, les ferrures rouillées, les rails déglingués, les bouleaux qui les enjambent sans vergogne, tout un paysage mélancolique où le voyage n'est plus qu'un souvenir, une trace qui s'efface déjà.
   
   Les voies perdues, Pascal Dessaint, Philippe Matsas, Editions Après La lune 2011, à laisser traîner mine de rien sur la table du salon pour le feuilleter et se laisser captiver.

critique par Cathulu




* * *