Lecture / Ecriture
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Malarrosa de Hernan Rivera Letelier

Hernan Rivera Letelier
  Malarrosa
  Le soulier rouge de Rosita Quintana
  L'art de la résurrection

Hernán Rivera Letelier est né à Talca, au Chili, en 1950, il a toujours vécu dans les déserts des mines de nitrate d'Atacama. Il y a longtemps travaillé comme ouvrier et a entrepris des études secondaires à l'âge de vingt-cinq ans.
(Source éditeur)

Malarrosa - Hernan Rivera Letelier

Pas vraiment passionnant
Note :

    "Elle devait s'appeler Malvarrosa. [...] Cependant, à la suite d'une erreur de l'officier de l'état civil ou parce que son écervelé de père était tellement bourré en allant l'inscrire qu'il pouvait à peine bredouiller un mot, elle finit par s'appeler Malarrosa." (p.11)
   
   « Cette petite fille vit entre son père, "Saladino, père irresponsable et joueur poursuivi par la guigne"
, Oliverio Trébol dit Tristesburnes, le gros bras au cœur tendre, sans oublier Isolina del Carmen Orozco Valverde, l'institutrice d'âge canonique qui ne désespère pas de ramener tout ce beau monde dans le droit. » (4ème de couverture).
   
   
   Hernan Rivera Letelier situe son histoire dans le Chili de la fin des années vingt et du début des années trente. Les mines de salpêtre ferment les unes après les autres. Les villages créés autour se vident, les anciens mineurs partant pour les villes chercher du travail. Yungay, le village de Malarrosa, à ses heures de gloire comptait "trois hôtels, les pensions de famille, la pharmacie, les boutiques de vêtements, les dépôts de vin, les billards, les bistrots, les tavernes, dix-sept lupanars" (p.16) Mais à la suite de l'exode de ses habitants "sur les dix-sept bordels il n'en restait plus que deux : le Poncho Désiré et le Perroquet Vert"(p.16).
    A travers l'histoire de Malarrosa, l'auteur raconte la naissance, la vie et la disparition de ces petits villages du désert, poussés artificiellement grâce aux mines. Yungay partiellement déserté ressemble un peu aux villages désertiques qu'on voit dans les albums de Lucky Luke, on y rencontre même le croque-mort qui se promène avec son mètre à la main, ici, don Uldorico. Les bagarres, les beuveries, les jeux de cartes, les visites au lupanar et les combats de boxe à mains nues distraient les habitants. La vie s'écoule lentement, paisiblement. Celle de Malarrosa, comme celles des autres habitants est une suite d'anecdotes plus ou moins drôles, plus ou moins tristes, parfois anodines, parfois importantes.
   
    Ma lecture a subi les mêmes hauts et bas, parfois lente et pas vraiment passionnante, sans jamais pour autant être désagréable. Et puis, sur la fin, le récit s'agite un peu, les personnages aussi, ils sortent un peu de leur léthargie... et moi aussi.
   
   Me voilà encore une fois partagé sur un livre : d'un côté des personnages attachants mais qui subissent et qui ne réussissent pas à captiver -bien qu'on les aime beaucoup et qu'on ait envie qu'ils s'en sortent- et qui, fort heureusement pour eux et pour nous ont un sursaut final bienvenu et de l'autre côté une écriture plaisante, propre et assez lisse (j'ai toujours du mal à parler de l'écriture d'un écrivain traduit : quelle est la part du traducteur -ici, une traductrice, Bertille Hausberg- dans la qualité du travail?). Un rien de détachement de l'auteur pour ses personnages, là est peut-être l'explication de ma réserve.
   
   Pour conclure, ce n'est pas une mauvaise lecture, bien au contraire, mais elle n'a pas emporté mon enthousiasme. Cependant, je pense que cette petite Malarrosa pourrait plaire à beaucoup de lecteurs. Et puis, quelle belle couverture!

critique par Yv




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