Lecture / Ecriture
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Un œil bleu pâle de Louis Bayard

Louis Bayard
  L'héritage Dickens
  Un œil bleu pâle

Louis Bayard est un auteur américain, journaliste au Washington Post et au New York Times, né à Albuquerque en 1963.

Un œil bleu pâle - Louis Bayard

West Point, 1830
Note :

   Malgré un nom bien français, c’est à un auteur américain que nous avons affaire. "Un œil bleu pâle" a été son premier roman traduit en français et il est maintenant publié en Pocket. Le succès ayant été au rendez-vous de ce premier livre, un autre a déjà rejoint la francophonie : "L'héritage Dickens". Il y en aura sans doute encore car M. Bayard a d'autres titres à son actif.
   
   De mon côté, j’avais déjà lu il y a environ 2 ans un roman policier dans lequel Edgar Poe avait un rôle… mais c’était un rôle posthume puisqu’il s’agissait ni plus ni moins que de retrouver le Chevalier Maupin et d’utiliser ses services pour élucider la mystérieuse mort de son créateur. Entreprise ambitieuse s’il en est et dont le récit nous avait été fait par Matthew Pearl dans "L'ombre d’Edgar Poe".
   Vous l’aurez compris, j’aime bien que l’on réutilise des personnages réels anciens, pour les mêler à des personnages non moins anciens, mais imaginaires, et leur faire vivre d’étranges aventures. Quelque chose me dit que je ne suis pas la seule et que nous avons là un créneau bien porteur que nos éditeurs et auteurs sauront exploiter au mieux. Quand c’est bien fait, c'est-à-dire par quelqu’un qui écrit bien et qui connait parfaitement l’époque et le contexte, je trouve cela très plaisant et j'apprécie généralement les heures agréablement récréatives que l'on passe avec ces bouquins sans ambition.
   Tout ceci explique que je n’aie pas résisté à l’appel du Poe de Louis Bayard.
   
   Le narrateur est un vieux policier à la retraite et même presque finissant. Il s’est retiré dans une bicoque au milieu des bois depuis qu’après la mort de sa femme, sa fille soit partie et qu’il se soit retrouvé absolument seul. Il boit un peu trop, mais sans s’en rendre malade, et semble avoir pu trouver une sorte d’équilibre d’ermite en communion avec la nature, lorsqu’un jour un militaire vient le chercher et requiert ses services à la nouvellement créée école militaire de West Point qui se trouve non loin de là. Plus, semble-t-il parce qu’il n’a pas mieux à faire que par intérêt réel, notre Augustus Landor, accepte d’apporter ses lumières. C’est que sous des dehors ursiens, Landor a une réputation de limier hors pair. Et c’est bien ce dont l’état major a besoin car il s’avère que non seulement un de leurs élèves officiers a été tué, mais également qu’on lui a arraché le cœur… Landor, pourtant guère militariste, accepte le défi, ce qui n’empêchera pas d’autres élèves de mourir et d’autres organes d’être arrachés…
   
   Et Poe? me direz-vous. J’y arrive. Parmi les jeunes élèves de l’Académie militaire, Gus Landor en remarque un aussi sympathique que suspect. Il décide donc de l’embaucher comme aide dans son enquête, histoire de ne jamais le perdre trop de vue… et cet élève officier, c’est Edgar Allan Poe qui se trouve vraiment en plein cœur de l’action et du mystère. C’est d’ailleurs un des inconvénients du genre. En donnant ce rôle à Poe, Louis Bayard s’est privé d’un suspect d’une grande qualité et qui aurait bien animé le suspens (parce que je sais pas vous, mais moi –et une bonne quantité de lecteurs- je n'ai jamais envisagé que le tueur puisse être notre écrivain en herbe). D’un autre côté, sans Edgar au générique, il faut avouer que je n’aurais sans doute pas ouvert ce livre. Alors…
   
   Au final, ça a un petit côté gothique et c'est assez âpre quand même. Et on se retrouve avec une enquête un peu longuette il est vrai et qui aurait gagné à être élaguée de quelques pages et à voir son rythme s’accélérer un peu. Mais bon… je ne suis pas pressée, et comme en échange l’auteur a su me surprendre et même me prendre de court alors que je pensais avoir déjà tout compris à 100 pages de la fin, c’est pardonné. (Lisez bien jusqu’au bout!) L. Bayard nous fera sans doute quelque chose d’un peu plus vif la prochaine fois car je pense que je ne vais pas être la seule à le dire.

critique par Sibylline




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